En irradiant une zone précise, on ne peut pas éviter totalement d’irradier et donc d’altérer des cellules saines situées à proximité. C’est ce qui explique l’apparition des effets secondaires.

L’action très localisée de la curiethérapie limite considérablement ces effets secondaires ; l’action de la radiothérapie externe, même si elle reste ciblée, touche une région plus étendue.

Les effets secondaires varient selon la zone traitée (glande mammaire, paroi du thorax, ganglions), la dose de rayons délivrée, la technique utilisée, l’effet des autres traitements, la propre sensibilité de la patiente et son état général. Le traitement doit être soigneusement planifié et administré de façon à les réduire le plus possible. 

On distingue :

– Les effets secondaires dits immédiats, aigus ou précoces qui se produisent pendant le traitement et les quelques semaines qui suivent ; ils sont souvent temporaires ;

– Les effets secondaires dits tardifs (complications), qui peuvent apparaître plusieurs mois après la fin du traitement, voire plus tard ; ils peuvent être durables (séquelles).

1. Effets secondaires immédiats :

1) Rougeur de la peau :

Semblable à un coup de soleil, appelée érythème cutané, elle constitue la réaction la plus fréquente.

Elle survient habituellement à partir de la 3ème semaine de traitement.

La rougeur disparaît lentement et laisse progressivement place à une coloration brunâtre pendant quelques semaines avant le retour à un aspect normal.

Parfois, elle est accompagnée d’une desquamation de la peau au niveau de la zone située sous le sein (sillon sous mammaire).

 

>>> Conseils pratiques pour limiter les rougeurs de la peau :

● A faire :

– utiliser un savon surgras,

– se sécher sans frotter,

– porter des vêtements en coton et éviter le frottement au niveau de la zone irradiée,

– appliquer une crème hydratante entre les séances (mais jamais juste avant la séance de radiothérapie).

● A éviter :

– douches et les bains trop chauds,

– savonner directement la zone irradiée,

– frictionner la zone irradiée avec de l’eau de toilette, de l’alcool, du déodorant, du talc, de la crème…,

– expositions au soleil, au moins durant la première année qui suit la fin du traitement.

2) Gêne :

Rare, elle peut apparaître notamment lorsque les ganglions lymphatiques situés près de la clavicule sont traités.

3) Fatigue :

L’appréhension des examens et des traitements, les déplacements fréquents, l’attente lors des rendez-vous et la radiothérapie elle-même peuvent provoquer une fatigue physique ou morale. La fatigue dépend de votre tolérance à ce traitement et des autres effets secondaires. Elle ne doit pas être banalisée. 

4) Œdème du sein :

Il peut apparaître notamment lorsque la radiothérapie est administrée après une chirurgie. Ce phénomène est exceptionnel.

2. Effets secondaires tardifs :

Les progrès des techniques d’irradiation ont rendu les effets secondaires tardifs moins fréquents. Il peut néanmoins apparaître les troubles suivants :

1) Troubles cutanés :

– Irritation de la peau du sein qui peut être sèche,

– rougeurs (télangiectasie), qui sont la conséquence d’un surdosage au niveau de l’épiderme et du derme ; le terrain peut également favoriser leur survenue (fragilité capillaire, formation de néovaisseaux) ; un traitement local par laser entraîne une amélioration si les télangiectasies ne sont pas trop nombreuses,

– changement de couleur de la peau qui devient plus foncée ou plus pâle.

2) Douleur et inconfort intermittent ressentis dans le sein.

3) Lymphœdème du bras : Cf chapitre spécial

4) Modification de l’apparence du sein 

Changement de la taille, de forme ou de fermeté du sein.

5) Troubles pulmonaires, peu fréquents : 

Ils sont caractérisés par une fièvre, une toux sèche persistante, un essoufflement et parfois des douleurs thoraciques (“poumon radique”).

Cet effet peut se produire quelques semaines à plusieurs mois après la radiothérapie.

6) Troubles cardiaques :

Ils peuvent survenir si la dose reçue par une partie du cœur (en particulier lors du traitement du sein gauche) dépasse un certain seuil. Cet effet est toutefois très rare dans la mesure où le plan de traitement fait en sorte que la dose reçue soit inférieure à ce seuil.

7) Raideur de l’épaule (périarthrite) :

Elle est exceptionnelle si on cache l’articulation scapulo-humérale ; elle peut être prise en charge par des séances de kinésithérapie ou de physiothérapie.

8) Atteinte du plexus brachial :

Elle est extrêmement rare ; il faut pour cela ne pas dépasser 50 Gy dans le creux sus-claviculaire ; l’atteinte peut être plus ou moins parlante et invalidante (de quelques troubles sensitifs du membre supérieur à une paralysie complète et douloureuse). La prévention est ici la seule possibilité thérapeutique.

9) Risque (exceptionnel) de second cancer :

Ce risque est induit par la radiothérapie, en particulier chez les femmes ayant été traitées pour un cancer du sein avant 40 ans.

L’arrêt du tabac est très important notamment pour limiter le risque de complications pendant et après les traitements. 

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