Il s’agit d’une infection virale très répandue due au virus herpès simplex, 20 % des patientes en seraient porteuses.

L’agent causal est le virus HSV-2 transmissible sexuellement, mais parfois aussi HSV-1 (20 % des cas).

Les femmes enceintes et les sujets immunodéprimés sont particulièrement atteints.

1. Diagnostic clinique :

1) Primo-infection herpétique :

Ce premier épisode touche avec prédilection un adulte jeune.

Homme et femme sont touchés.

L’incubation varie de 2 à 60 jours avec une moyenne de 6 jours.

a) Chez la femme :

– Signes fonctionnels : ils sont intenses :

. vulvite aiguë hyperalgique : sur un fond érythémateux œdémateux et inflammatoire se développent de multiples vésicules, qui vont se rompre laissant place à des érosions ; elles siègent sur les grandes lèvres et la face interne des petites lèvres,

. elle s’accompagne d’une dysurie, surtout après la miction, avec parfois rétention d’urine,

. ainsi qu’une température à 38,5 °C.

– A l’examen : on note :

. une vulve œdématiée, rouge, parsemée de vésicules groupées en bouquet, qui débordent sur le périnée. Parfois ces vésicules s’érodent et se présentent comme des ulcérations recouvertes d’un enduit purulent,

. des adénopathies inguinales, bilatérales, sensibles,

. l’examen au spéculum est souvent impossible.

3) Evolution : disparition des lésions en 3 à 4 semaines.

b) Chez l’homme :

Le tableau clinique est celui d’une balanite aigüe vésiculeuse puis érosive, moins douloureux et moins sensible que chez la femme. La cicatrisation est plus rapidement obtenue.

2) Herpès génital récurrent (récidives) :

Après la primo-infection, le virus migre jusqu’au ganglion correspondant, il y reste latent mais il est susceptible de se réactiver.

Ces récidives sont fréquentes (50 à 80 % des cas) ; presque la moitié des sujets contaminés a quatre poussées par an déclenchées par un choc, une contrariété, des menstruations, un rapport.

La femme se plaint de sensation de brûlures, de cuisson, de prurit.

Puis apparaît une éruption faite d’un érythème rapidement recouvert de plusieurs vésicules regroupées en bouquets ; ces vésicules vont se rompre laissant place à des érosions qui s’assèchent et disparaissent sans laisser de cicatrices.

Il y a des adénopathies inguinales sensibles.

Au spéculum, on retrouve une ou des ulcérations sur les parois vaginales ou le col.

Comme il s’agit d’une IST : il faut rechercher d’autres IST (syphilis, gonococcie…), ainsi qu’un herpès génital chez le partenaire.

2. Diagnostic paraclinique :

Il est nécessaire dans les formes atypiques ou compliquées, chez la femme enceinte, le nouveau-né et l’immunodéprimé.

Le diagnostic sera affirmé par :

– la culture du virus sur milieu spécial (méthode de référence),

– la PCR (HSV1, HSV2),

– le prélèvement cytologique qui retrouvent des cellules géantes multinucléées à noyaux énormes (cellules de Unna),

– l’immunofluorescence : l’utilisation d’anticorps monoclonaux permet le diagnostic et le typage du virus.

3. Traitement :

1) Traitement symptomatique +++ :

– Eviter la surinfection, assécher les lésions :

Il faut nettoyer les lésions avec de l’eau savonneuse ou un antiseptique doux (en solution aqueuse), puis les rincer abondamment et les sécher en les tapotant avec des mouchoirs jetables. Se laver les mains après cette toilette.

Nb : on n’applique jamais de produits alcoolisés sur les muqueuses et les érosions, ni de pommade car elle macère et jamais de dermocorticoïde +++.

– Antalgiques per os en cas de douleurs.

2) Traitement antiviral :

Les traitements médicamenteux sont des antiviraux destinés à diminuer l’intensité et la durée des symptômes, notamment dans les formes graves. Ils ne font pas disparaître le virus de l’organisme. 

La durée du traitement antiviral varie : 10 jours lors de primo-infection, 5 jours pour les crises.

Si la fréquence des crises est telle qu’elle nuit à la qualité de vie du patient, un traitement de plusieurs mois peut être prescrit.

Les antiviraux utilisés dans le traitement de l’herpès génital sont l’aciclovir, le valaciclovir et le famciclovir.

Ils agissent en bloquant une enzyme du virus nécessaire à sa multiplication.

Ces antiviraux sont le plus souvent administrés per os, mais des traitements intraveineux sont parfois mis en place dans les cas les plus sévères.

Il est préférable qu’une personne souffrant d’herpès génital dispose de traitement antiviral d’avance à son domicile ou sur son lieu de travail. En effet, le fait de commencer le traitement antiviral dès les premiers symptômes (sensation de brûlure, picotements au lieu habituel de la lésion) semble plus efficace pour réduire la durée de la poussée d’herpès génital.

Les effets indésirables les plus fréquents sont des maux de tête, des nausées, de la fatigue, ou une sensation d’ébriété. Des troubles nerveux tels que confusion, agitation, tremblements, convulsions, hallucinations, somnolence ont été rarement observés, le plus souvent chez des insuffisants rénaux ayant reçu des doses importantes d’aciclovir ou de valaciclovir.

Nb : D’après la Haute Autorité de santé (HAS), les traitements antiviraux locaux n’ont pas d’efficacité démontrée dans le traitement de la primo-infection d’herpès génital et de ses récurrences. Ils ne sont pas recommandés.

Mise en route du traitement par l’aciclovir (Zovirax 200 ®) : 

Il agit sur la phase de multiplication du virus ; prescrit le plus tôt possible, il diminue la sévérité des signes généraux ainsi que la durée d’évolution des lésions génitales, mais il n’éradique pas le virus latent.

Après la première poussée, il peut être pris pendant plusieurs mois en cas de récidives fréquentes, dont il diminue le nombre et la durée.

> Traitement d’une poussée d’herpès (PI) : 1 cp 5 fois par jour, pendant 10 jours.

> En cas de nouvelle poussée d’herpès génital : 1 cp 5 fois par jour pendant 5 jours ; le traitement doit être débuté dans les 2 premiers jours qui suivent l’apparition des symptômes.

> Traitement préventif chez les personnes souffrant de récidives fréquentes : 2 cp, 2 fois par jour, en traitement continu pendant plusieurs mois.

Il n’y a pas actuellement de vaccin efficace.

Une surveillance des frottis vaginaux de dépistage est importante étant donné le lien fréquent de cette infection avec l’HPV, agent causal du cancer du col.

Chez la femme enceinte, il faut prévoir une césarienne, s’il existe des signes cliniques d’herpès 8 jours avant l’accouchement pour éviter la contamination de l’enfant.

L’usage du préservatif n’a pas fait la preuve de son efficacité face à cet agent infectieux très contagieux.

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