Pour comprendre la pertinence d’un frottis cervico-utérin (FCV), la connaissance de la dynamique histologique du col est indispensable : le prélèvement doit impérativement intéresser la zone de jonction.
L’épithélium du col évolue selon le statut hormonal tout au long de la vie :
• Période pré-pubertaire (imprégnation estrogénique faible) :
– L’exocol est recouvert d’un épithélium pavimenteux stratifié non kératinisé (malpighien).
– L’endocol (canal endocervical) est tapissé d’un épithélium prismatique (cylindrique) simple, constitué de cellules hautes muco-sécrétantes.
– La transition entre les deux est abrupte : c’est la jonction pavimento-cylindrique (JPC), située précisément au niveau de l’orifice cervical externe (OCE).
• Période d’activité génitale (imprégnation estrogénique forte) :
– Sous l’effet des œstrogènes, l’épithélium cylindrique s’éverse vers l’extérieur : c’est l’ectropion (physiologique, rouge, autrefois appelé à tort « érosion »). La JPC se retrouve sur l’exocol (Fig. 1 b).
– Au contact de l’acidité vaginale, l’ectropion se transforme : c’est la métaplasie malpighienne.
– On individualise alors deux jonctions délimitant la zone de transformation (Fig. 1 c et 2) :
. Jonction proximale : entre épithélium cylindrique et métaplasique.
. Jonction distale : entre épithélium métaplasique et pavimenteux d’origine.
– Point clé oncologique : Cette zone de transformation est le site électif de fixation du papillomavirus (HPV) et de genèse des dysplasies et néoplasies cervicales. À maturité, le tissu métaplasique devient un épithélium pavimenteux stratifié stable.
• Ménopause (carence estrogénique) :
– Avec l’involution hormonale, la jonction migre en amont à l’intérieur du canal endocervical.
– Il n’y a plus qu’une seule JPC, non visible à l’examen direct de l’exocol (Fig. 1 d). Le prélèvement pour le dépistage doit donc aller chercher les cellules plus haut dans le canal à l’aide d’une brosse endocervicale.
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Frottis cervico-vaginal (FCV)Frottis cervico-vaginal (FCV)