La communication interauriculaire (CIA) est une malformation cardiaque congénitale caractérisée par l’absence d’une portion de tissu au niveau du septum interauriculaire.
Attention à ne pas la confondre avec le Foramen Ovale Perméable (FOP).
Le foramen ovale est un orifice physiologique, recouvert d’une petite valve, qui doit être ouvert chez le fœtus.
Une CIA, en revanche, est un véritable « trou » (un manque de tissu) dans la cloison.
La forme la plus fréquente est la CIA ostium secundum (au centre de la cloison), mais il existe aussi des CIA ostium primum (à la base de la cloison).
1. Diagnostic à l’échographie fœtale : la difficulté majeure
Contrairement à la CIV, le diagnostic anténatal de la CIA de type ostium secundum (la plus classique) est virtuellement impossible in utero.
En effet, chez le fœtus, l’oreillette droite et l’oreillette gauche communiquent naturellement et obligatoirement via le foramen ovale pour court-circuiter les poumons (qui ne respirent pas encore).
Il est donc normal de voir un trou et un flux (shunt droite-gauche) à ce niveau en échographie.
Cependant, l’échographie fœtale (coupe des 4 cavités) permet de repérer d’autres anomalies :
– La CIA ostium primum : on observe un défaut à la croix du cœur (partie très basse du septum interauriculaire, près des valves) ; elle s’intègre souvent dans un canal atrio-ventriculaire partiel.
– Un foramen ovale trop large (anévrysmal) : il peut parfois faire suspecter une future CIA, mais le diagnostic définitif ne sera posé qu’après la naissance.
2. Physiopathologie après la naissance :
À la naissance, les poumons se déploient, la pression dans le cœur droit chute et celle du cœur gauche augmente.
Physiologiquement, cette inversion de pression plaque la petite valve du foramen ovale contre la cloison, le fermant hermétiquement.
En cas de CIA : le trou persiste (absence de tissu) : du sang oxygéné va passer de l’oreillette gauche (où la pression est un peu plus élevée) vers l’oreillette droite : c’est un shunt gauche-droite.
Contrairement à la CIV, la différence de pression entre les deux oreillettes est faible. Le shunt est donc moins « violent », mais il entraîne tout de même des conséquences à long terme :
– Une surcharge de volume du cœur droit : le sang repasse en boucle de l’oreillette gauche vers l’oreillette droite, puis le ventricule droit et les poumons. Le cœur droit se dilate pour accueillir ce surplus de sang.
– Un hyperdébit pulmonaire : les poumons reçoivent trop de sang, ce qui peut, à l’âge adulte, endommager les vaisseaux pulmonaires (HTAP).
3. Gravité et prise en charge :
La CIA est une pathologie très souvent asymptomatique chez l’enfant, ce qui explique qu’elle soit parfois découverte de façon fortuite à l’âge adulte.
– Les petites CIA : elles sont très bien tolérées, l’enfant grandit tout à fait normalement. Certaines petites CIA ostium secundum peuvent se refermer spontanément au cours des premières années de vie.
Une simple surveillance échographique est proposée.
– Les CIA moyennes à larges : chez l’enfant, elles causent peu de symptômes (parfois des infections respiratoires un peu plus fréquentes ou un léger essoufflement à l’effort). Cependant, sans traitement, elles entraînent à l’âge adulte des complications (troubles du rythme cardiaque, insuffisance cardiaque droite, risque d’AVC).
4. Traitement :
Le traitement (uniquement pour les CIA avec retentissement) n’est proposé que pour les CIA moyennes à larges qui provoquent une dilatation du cœur droit.
L’intervention est généralement réalisée de manière préventive pendant l’enfance (souvent entre 3 et 5 ans), avant que le cœur ne souffre.
1) Fermeture percutanée (cathétérisme) :
C’est aujourd’hui le traitement de choix pour les CIA ostium secundum.
Le cardiologue passe par la veine fémorale (pli de l’aine) pour aller déployer une petite prothèse (en forme de double parapluie, souvent appelée « ombrelle ») qui va boucher le trou.
2) Fermeture chirurgicale :
Elle reste nécessaire si la CIA est trop grande, mal placée (pas de rebords suffisants pour accrocher l’ombrelle) ou s’il s’agit d’une CIA ostium primum.
L’opération se fait à cœur ouvert pour suturer ou placer une rustine (patch) sur le défaut.