L’ovaire sécrète trois types d’hormones stéroïdiennes : des estrogènes, de la progestérone et des androgènes.

1. Fonction estrogénique :

Elle fait appel au dosage radio-immunologique du 17 ß-estradiol plasmatique (E2) qui est le principal estrogène produit par l’ovaire (cellules folliculaires).

– En phase folliculaire : son taux est d’≈ 50 pg/ml.

– En phase pré-ovulatoire (1 à 2 jours) : on observe un pic d’≈ 300 pg/ml.

– Après l’ovulation : le taux est d’≈ 100 pg/ml.

L’estradiol influence la sécrétion de la glaire cervicale, l’ouverture du col utérin et la croissance de l’endomètre.

Les estrogènes peuvent être étudiés par dosage plasmatique ou par dosage urinaire (enzymatique).

Les dosages plasmatiques radio-immunologiques restent la méthode de référence.

Le prélèvement s’effectue vers le 12ème jour d’un cycle menstruel normal.

En fait, les indications de ce dosage sont rares en pratique car l’appréciation de l’imprégnation estrogénique de l’organisme peut bien souvent se faire avantageusement par la clinique : la survenue de bouffées de chaleur nocturnes, l’absence de glaire cervicale, la sécheresse vaginale avec aspect atrophique du FCV évoquent sans équivoque une insuffisance estrogénique installée. 

En cas de doute, le test aux progestatifs peut être utile : Cf chapitre spécial

* Indications du dosage des estrogènes : 

– aménorrhée primaire ou secondaire :

. estradiol < 50 pg/ml : insuffisance gonadotrope (ovarienne) ; le test aux progestatifs est alors négatif,

. estradiol > 50 pg/ml : persistance d’une activité HHO (anovulations, troubles des cycles fréquents dans les ovaires polykystiques),

– troubles de l’ovulation : l’évaluation de E2 plasmatique, en phase folliculaire tardive (J10 à J14) et après l’ovulation, permet d’étudier la dynamique de la maturation folliculaire spontanée et de la sécrétion estrogénique du corps jaune,

– monitorage de l’ovulation : l’étude répétée des taux de E2 plasmatique permet, avec l’échographie, d’apprécier le développement et la maturation des follicules et de décider du moment du déclenchement de l’ovulation en vue d’une insémination ou d’une FIV,

– métrorragies post-ménopausiques (tumeur sécrétrice d’estrogènes),

– pubertés précoces (où le taux d’estradiol est élevé),

– ménopause et pré-ménopause.

2. Fonction progestative :

La progestérone provient essentiellement de l’ovaire actif en phase lutéale, de sorte que son dosage permet dans une certaine mesure d’apprécier l’activité fonctionnelle du corps jaune (CJ). 

Elle est aussi impliquée dans la grossesse et l’embryogenèse.

La progestérone a une activité progestative, c’est-à-dire qu’elle est capable :

– de provoquer la formation de la “dentelle” utérine par un endomètre préalablement soumis à l’influence des estrogènes,

– de maintenir la gestation chez une femelle gravide castrée.

Dans le cycle ovarien, la progestérone inhibe les contractions rythmiques de la musculature utérine et crée un “silence” utérin sans lequel toute gestation serait impossible.

 

Les dosages radio-immunologiques sont plus performants que les dosages enzymatiques.

– Le dosage de la progestérone plasmatique est très bas en phase folliculaire.

– La progestérone apparaît en faible quantité en même temps que LH commence à s’élever.

– Après l’ovulation : son taux est compris entre 8 et 10 ng/ml.

Un dosage isolé ≥ 10 ng/ml, traduit une sécrétion lutéale apparemment satisfaisante.

Il chute dès la régression du CJ en l’absence de fécondation. 

En pratique, la courbe ménothermique suffit bien souvent à apprécier la sécrétion progestéronique : la survenue d’une ascension thermique et d’un plateau thermique se prolongeant pendant plus de 10 jours témoigne d’une sécrétion lutéale, sans pour autant affirmer de façon formelle la normalité de la sécrétion du CJ.

A l’inverse, une insuffisance lutéale est évoquée en présence d’un plateau thermique d’une durée inférieure à 10 jours.

Si une courbe ménothermique normale n’exclut pas la possibilité d’une insuffisance lutéale, il est alors parfois nécessaire, pour évaluer la qualité sécrétoire du corps jaune, de recourir au dosage de la progestérone plasmatique. Mais l’interprétation reste très difficile en raison de la fluctuation des taux plasmatiques de progestérone au cours d’un même cycle et d’un cycle à l’autre.

Bien qu’un taux isolé ≥ 10 ng/ml en milieu de phase lutéale soit considéré comme le témoin d’une sécrétion lutéale adéquate, il est préférable de réaliser trois prélèvements (3ème, 6ème et 9ème jour du plateau thermique ou index lutéal), dont la somme ≥ 15 ng/ml témoignerait d’une sécrétion normale en progestérone. De toutes façons, le diagnostic ne pourra être établi que si l’anomalie se répète au cours de plusieurs cycles.

1. Métabolisme :

1) Biosynthèse :

La progestérone est synthétisée essentiellement par l’ovaire et, à un moindre degré, par les glandes surrénales et le placenta au cours de la deuxième partie de la grossesse.

La synthèse se fait à partir du cholestérol : ce dernier est transformé en prégnénolone qui, sous l’influence d’une déshydrogénase et d’une isomérase, donne la progestérone.

La sécrétion de progestérone n’est pas constante au cours du cycle menstruel : déclenchée par la LH, elle apparaît juste avant l’ovulation et se poursuit au cours de la deuxième partie du cycle. Sa chute à la fin du cycle participe au déclenchement de la menstruation.

S’il y a fécondation, le trophoblaste sécrète l’hormone chorionique (hCG) qui maintient en fonction le corps jaune sécrétant la progestérone. A partir du troisième mois de la grossesse, le placenta sécrète les estrogènes et la progestérone.

2) Distribution :

Dans le plasma, la progestérone se trouve sous forme libre ainsi que sous forme liée à l’albumine, à une glycoprotéine et également à la transcortine. Sa demi-vie est d’environ 30 minutes.

Chez la femme sa concentration pendant la phase folliculaire est faible, mais elle s’élève considérablement pendant la phase lutéale.

3) Catabolisme :

Le catabolisme de la progestérone s’effectue essentiellement dans le foie où, sous l’influence de plusieurs enzymes, elle est transformée successivement en prégnanedione, prégnanolone et enfin prégnanediol.

La progestérone est elle-même un intermédiaire métabolique pouvant conduire à la testostérone, l’aldostérone, le cortisol.

2. Rôle dans le cycle menstruel :

La concentration de progestérone varie pendant le cycle menstruel ; elle est sécrétée en plus forte quantité à partir du 14ème jour du cycle par les cellules de la granulosa du corps jaune.

La progestérone permet le maintien et la densification de la muqueuse utérine, le développement de la vascularisation de l’endomètre, et l’apparition de glandes utérines responsables de l’aspect dentelé de la paroi utérine.

– S’il n’y a pas fécondation : la concentration de progestérone revient à un niveau normal car les cellules du corps jaune dans lequel elle est produite vont aussitôt régresser puis disparaître.

– En cas de fécondation : l’hormone hCG, produite par le trophoblaste de l’œuf (blastocyste), va diriger le maintien et l’augmentation de la production de progestérone nécessaire au maintien de l’endomètre en début de grossesse.

Le hCG a la même action que la LH (la LH est une gonadostimuline qui stimule la production des cellules à progestérone), elle va donc stimuler, elle aussi, certaines cellules du corps jaune pour produire la progestérone, jusqu’à ce que le placenta puisse lui-même synthétiser de la progestérone (au cours du 3ème mois de la grossesse).

3. Effets :

1) Action progestative :

La fonction essentielle de la progestérone est de préparer l’utérus à la nidation puis au maintien de la gestation.

– Au niveau de l’endomètre : elle entraîne un arrêt des mitoses provoquées par les estrogènes et l’apparition d’un aspect sécrétoire, dit de “dentelle utérine”, avec vacuoles remplies de glycogène. L’endomètre est de loin le tissu le plus riche en récepteurs à la progestérone.

– Au niveau du myomètre : diminution de la contractilité utérine.

– Au niveau du col utérin : elle supprime la glaire cervicale induite par les estrogènes.

– Au niveau des trompes : elle pourrait ralentir le transit de l’œuf.

– Au niveau des seins : elle agit en synergie avec les estrogènes pour induire le développement des acini et inhiber les mitoses épithéliales provoquées par les estrogènes.

2) Régulation de la sécrétion hypophysaire :

La progestérone inhibe la sécrétion des gonadostimulines hypophysaires (rétrocontrôle négatif).

3) Action anti-estrogène :

La progestérone accélère le catabolisme de l’estradiol en estrone (par induction de la 17α-OH-déshydrogénase).

4) Implantation du blastocyste :

Il semble que l’expression du LIF (leukemia inhibitory factor), cytokine, par l’endomètre soit sous la dépendance de la progestérone. Or, LIF paraît jouer un rôle essentiel dans la différenciation et l’implantation du blastocyste. Sa déficience pourrait être à l’origine de certaines stérilités.

5) Autres effets :

– Un effet hyperthermisant responsable de l’augmentation de la température d’environ 0,5 °C au cours de la 2ème partie du cycle menstruel.

– Une action anti-minéralocorticoïde en inhibant les récepteurs à l’aldostérone, ce qui entraîne une diminution du sodium plasmatique par augmentation de son élimination urinaire.

– Une action sédative en potentialisant l’effet du GABA.

* Indications du dosage de la progestérone : 

La progestérone doit être dosée dans tous les cas où le diagnostic d’insuffisance lutéale est évoqué :

– cycles irréguliers,

– plateau thermique anormal,

– infertilité,

– pré-ménopause,

– avortements précoces à répétition.

3. Réserve ovarienne : Cf chapitre spécial

  • Avortements spontanés
  • Dosages hormonaux
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