Cette méthode de contraception ne nécessite pas de dispositif médical ou médicamenteux, mais repose sur l’observation du cycle ou le comportement.
Les méthodes sont gratuites et sans effets secondaires, mais leur efficacité pratique est souvent faible (taux d’échec élevé).
La contraception traditionnelle est hautement contraignante et ne peut être utilisée que par des couples motivés.
1. Retrait (coït interrompu) :
C’est une des plus anciennes méthodes de contraception. Il s’agit du retrait du partenaire masculin à l’instant précis où il ressent l’imminence de l’éjaculation.
Il se traduit en consultation par des expressions du type : « nous faisons attention » ou « il se retire« .
– Limites : exige une grande maîtrise de soi ; le liquide pré-éjaculatoire peut contenir des spermatozoïdes fécondants.
– Acceptabilité : elle est critiquable : elle prive le couple d’une pleine satisfaction sexuelle.
– Efficacité : médiocre en pratique (environ 20 % d’échec par an). Déconseillé aux hommes souffrant d’éjaculation précoce.
– Avantage : le seul avantage offert par la méthode est qu’elle est applicable en toute circonstance et qu’elle ne coûte rien.
2. Méthodes d’auto-observation (abstinence périodique) :
Ces méthodes visent à identifier la « fenêtre de fertilité » (l’ovule vit 24 h, les spermatozoïdes jusqu’à 5 jours) pour s’abstenir de rapports sexuels ou utiliser un préservatif durant cette période.
Il s’agit donc de reconnaître le moment de l’ovulation.
1) Méthode du calendrier (Ogino-Knauss) :
Méthode basée sur l’étude de la longueur des cycles précédents (6 à 12 derniers mois).
En effet, si la date des règles a été soigneusement relevée durant un laps de temps important, les cycles les plus longs et les plus courts peuvent être mis en évidence.
L’abstinence est de rigueur pendant la période où l’ovulation peut survenir, avec rapports autorisés seulement pendant « la période physiologique d’infécondité ».
• Les calculs sont effectués de la manière suivante :
. Premier jour de fertilité = 10 + (longueur du cycle le plus court – 28 jours),
. Dernier jour de fertilité = 17 + ( » » » » » » » long – 28 jours).
En pratique, pour un cycle régulier de 28 jours, les rapports sont déconseillés du 10ème au 17ème jour après le début des règles.
Un cycle d’une longueur variant entre 25 et 32 jours devrait imposer l’abstinence du 7ème au 21ème jour, durée que de nombreux couples peuvent trouver intolérable.
Il s’agit de la méthode naturelle la plus utilisée au monde, mais c’est aussi la moins efficace car l’ovulation peut être décalée par le stress, la maladie… (« d’où l’expression « bébés Ogino »).
2) Méthode des températures :
• Principe : cette méthode est fondée sur :
– l’élévation de la température basale du corps dès l’ovulation, ce qui implique une prise correcte, quotidienne de la température chaque matin au réveil et,
– une abstinence absolue jusqu’au 3ème jour après le décalage thermique.
• Mode d’emploi :
Peu de temps après l’ovulation, la température de base augmente de 4 à 5 dixièmes de degré, et quand la température reste élevée pendant 3 jours, il est certain que l’ovulation a eu lieu et le reste du cycle est une période « sûre ». La courbe ne permet pas de prédire l’ovulation.
Cette méthode seule requiert une longue période d’abstinence (du 1er jour des règles jusqu’au 3ème jour de plateau), et n’est pas interprétable lorsqu’une variation de température est induite par une autre cause.
Elle ne peut être utilisée en cas d’allaitement, de traitement hormonal, d’horaires irréguliers (travail, sommeil).
Les échecs sont en rapport surtout avec l’incapacité de nombreux couples de s’abstenir aussi longtemps qu’il est nécessaire.
Son efficacité en est le reflet : l’IP de 24 % en pratique.
• Acceptabilité : elle est très médiocre.
Cela peut être une méthode très sûre pour des couples méthodiques et scrupuleux, motivés par des impératifs religieux ou moraux, mais elle ne peut convenir qu’à des femmes douées d’un bon équilibre hormonal et en dehors de toute affection fébrile.
3) Méthode de la glaire cervicale (Billings) :
• Principe :
La méthode consiste à vérifier la qualité de la glaire cervicale dans le vagin.
En effet, la glaire change au cours du cycle ; sa sensation à la vulve et son aspect apprécié entre deux doigts donnent un reflet exact de la fertilité.
• Mode d’emploi :
Si la femme peut reconnaître une modification dans ses sécrétions vaginales entre les sécrétions cervicales épaisses, tenaces et collantes des périodes pré- et post-ovulatoires et les sécrétions minces, aqueuses et filantes de la période ovulatoire, les rapports peuvent avoir lieu en toute sécurité quand la glaire ovulatoire a disparu.
Une confusion peut provenir de la présence de pertes vaginales dues à une infection ou à l’utilisation de divers médicaments intra-vaginaux.
Le couple doit être abstinent dès l’entrée en période féconde, et jusqu’à 3 jours suivant le jour sommet.
Il s’agit d’une méthode efficace, qui exige un enseignement précis et une motivation importante.
Nb : L’apprentissage nécessite plusieurs mois d’observation.
4) Méthode symptothermique :
Elle combine température + observation de la glaire + observation du col. C’est la plus fiable des méthodes naturelles (si bien enseignée et rigoureusement suivie), mais elle reste contraignante.
3. Conclusion :
Cette contraception traditionnelle convient aux couples stables qui acceptent un certain risque de grossesse, ou pour espacer les naissances, mais sont déconseillées si une grossesse est absolument proscrite.