1. Prévalence :

Le cancer du sein chez l’homme est une affection rare, représentant moins de 1 % de l’ensemble des cancers du sein.

Bien que le risque soit relativement faible, il est important de rester vigilant car le taux de survie est plus faible chez les hommes en raison d’un diagnostic souvent tardif.

Bien que les hommes aient des tissus mammaires moins développés que les femmes, ils demeurent sensibles aux mutations génétiques et aux changements hormonaux qui peuvent causer le cancer du sein.

L’âge moyen de survenue est de 59 à 64 ans.

2. Facteurs de risque :

Le cancer du sein chez l’homme est généralement associé à certains facteurs de risque.

Les facteurs suivants peuvent augmenter la probabilité de développer un cancer du sein chez les hommes :

Ils comprennent :

– Antécédents familiaux : les hommes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein, en particulier chez les membres de la famille de premier degré, présentent un risque accru de développer la maladie.

– Mutation génétique : les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 peuvent augmenter le risque de cancer du sein chez l’homme.

– Age avancé : le risque de cancer du sein chez l’homme augmente avec l’âge, en particulier après 60 ans.

– Exposition aux radiations : une exposition antérieure à des radiations, par exemple dans le cadre d’un traitement antérieur pour un autre cancer, peut augmenter le risque de cancer du sein chez l’homme.

– Conditions hormonales : des conditions telles que la gynécomastie ou une exposition à des hormones féminines peuvent être associées à un risque accru de cancer du sein chez l’homme.

– Obésité.

– Consommation excessive d’alcool, cirrhose du foie, tabagisme,

– Maladies du testicule : certaines affections testiculaires, telles que l’atrophie testiculaire ou la cryptorchidie (testicules non descendus), peuvent être associées à un risque accru de cancer du sein chez l’homme.

Il est important de noter que la plupart des hommes présentant ces facteurs de risque ne développeront pas de cancer du sein. Cependant, la prise en compte de ces facteurs peut aider à identifier les hommes présentant un risque accru et à mettre en place des mesures de dépistage et de prévention appropriées.

3. Symptomatologie :

Les symptômes du cancer du sein chez l’homme peuvent inclure :

– une masse palpable au niveau du sein ou du mamelon, qui peut être indolore ou douloureuse,

– un épaississement ou un gonflement du sein,

– des changements au niveau de la peau du sein, tels que des rougeurs, des ulcérations ou des changements de texture,

– un mamelon rétracté ou inversé,

– un écoulement du mamelon, parfois sanglant.

4. Diagnostic :

Le diagnostic repose sur l’examen clinique, l’imagerie mammaire (mammographie, échographie) et la biopsie pour confirmer la présence de cellules cancéreuses.

Les circonstances habituelles de découverte peuvent être :

– une masse palpable, dure, parfois excentrée par rapport au mamelon, pouvant s’accompagner d’une rétraction de celui-ci,

– un écoulement mamelonnaire sanglant (possibilité de papillome bénin),

– une lésion ulcérée car souvent négligée et se développant rapidement vers la peau étant donné la faible épaisseur des tissus mammaires chez l’homme,

– les adénopathies axillaires sont rarement isolées ou le motif de découverte.

Le maître symptôme est une tuméfaction mammaire isolée ou associée à des modifications du mamelon (écoulement, rétraction, lésions eczématiformes…) ou une ulcération cutanée.

La localisation est le plus souvent centrale, rétro-aréolaire vraisemblablement du fait du faible volume de la glande mammaire chez l’homme. 

L’atteinte des plans superficiels et des plans musculaires profonds est précoce, la maladie néoplasique se présentant donc comme localement plus avancée lors de l’examen initial chez l’homme que chez la femme.

La  fréquence de l’atteinte bilatérale est faible, de 0 à 5 % des cas.

Une atteinte ganglionnaire axillaire est retrouvée dans environ 50 % des cas.

Les formes métastatiques d’emblée sont rares mais peuvent révéler la maladie.

– La mammographie est l’examen essentiel. Sa réalisation s’avère quelquefois difficile compte tenu du volume du sein chez l’homme. Les critères radiologiques de malignité ne diffèrent pas de ceux définis chez la femme.

– L’échographie peut montrer une lésion hypoéchogène à contours irréguliers avec cône d’ombre postérieur typique.

– La cytologie est réalisée de façon systématique à l’aiguille fine en cas d’image douteuse.

– La microbiopsie n’est faite qu’en cas d’échec de la cytologie ou avant la mise en route d’un traitement chimiothérapique premier.

Comme pour la femme, la variété histologique la plus fréquemment rencontrée est l’adénocarcinome canalaire infiltrant. Cependant toutes les formes sont possibles.

Il s’agit le plus souvent de tumeurs de grade II (environ 50 % des cas) selon la classification de Scarff Bloom et Richardson.

Les récepteurs aux estrogènes et à la progestérone sont retrouvés positifs respectivement dans 85 % et 69 % des cas, soit à des taux plus élevés que chez la femme, ceci étant peut être en rapport avec le caractère mieux différencié des adénocarcinomes chez l’homme.

Les tests génétiques peuvent également être recommandés pour évaluer les mutations génétiques BRCA1 et BRCA2.

Nb : Impact psychologique :

Recevoir un diagnostic de cancer du sein peut avoir un impact émotionnel.

Il est crucial de fournir un soutien psychologique approprié aux hommes atteints afin de les aider à faire face aux aspects émotionnels de la maladie.

5. Traitement :

Le traitement du cancer du sein chez l’homme dépend de plusieurs facteurs, notamment du stade du cancer, de la taille de la tumeur, de la présence de métastases et des caractéristiques individuelles du patient.

Les options de traitement peuvent inclure :

1) Chirurgie :

La chirurgie est le pilier du traitement du cancer du sein chez l’homme.

Il existe deux types de chirurgie couramment utilisés :

– Mastectomie : dans certains cas, une mastectomie prophylactique des deux seins peut être recommandée, surtout si le patient présente une prédisposition génétique au cancer du sein.

La mastectomie, avec ou sans reconstruction mammaire, est généralement recommandée en raison de la petite taille du sein masculin et de la tendance du cancer à se propager plus rapidement chez les hommes que chez les femmes.

– Chirurgie conservatrice du sein : cette procédure est suivie d’une radiothérapie.

La chirurgie conservatrice du sein peut être envisagée pour les tumeurs de petite taille, mais elle est moins courante en raison du risque élevé de récidive locale.

2) Radiothérapie :

Elle est administrée après une chirurgie conservatrice du sein pour réduire le risque de récidive locale.

La radiothérapie peut aussi être recommandée après la chirurgie radicale, en particulier en cas de tumeurs de grande taille, de ganglions lymphatiques envahis ou de marges chirurgicales positives.

Elle intéresse la paroi thoracique en raison de la proximité du plan musculaire sous-jacent, ainsi que les chaînes ganglionnaires (mammaires internes et sus-claviculaires homolatérales).

La radiothérapie peut également être utilisée pour soulager les symptômes dans les cas de cancer du sein avancé.

3) Chimiothérapie :

Une chimiothérapie néoadjuvante doit être proposée dans les formes inflammatoires, elle peut être utilisée dans les formes localement avancées ou métastatiques.

Le traitement adjuvant est calqué sur celui du cancer chez la femme.

4) Hormonothérapie :

Pour les cancers du sein exprimant les récepteurs hormonaux, tels que les récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone, l’hormonothérapie peut être recommandée pour bloquer les effets des hormones sur la croissance tumorale.

L’hormonothérapie est souvent prescrite en situation adjuvante ou en première ligne métastatique puisque 80 % des malades ont des récepteurs positifs et que l’âge de survenue peut contre-indiquer une chimiothérapie.

Nb : L’hormonodépendance est une caractéristique essentielle du cancer du sein chez l’homme : les récepteurs hormonaux semblent être plus souvent retrouvés chez l’homme que chez la femme, les RE sont détectés à une concentration significative dans 65 à 90 % des cas.

Le tamoxifène est le traitement de première ligne du cancer du sein métastatique chez l’homme.

5) Thérapies ciblées :

Les hommes atteints de cancer du sein surexprimant le récepteur HER2 peuvent bénéficier de thérapies ciblées telles que le trastuzumab (Herceptin) pour cibler spécifiquement les cellules cancéreuses.

6. Suivi et prise en charge à long terme :

Le suivi des patients atteints de cancer du sein est essentiel pour détecter précocement toute récidive ou complication liée au traitement.

Les recommandations actuelles suggèrent des examens cliniques réguliers, des mammographies de suivi et des évaluations de la fonction cardiaque pour les patients traités par thérapies ciblées.

7. Pronostic :

Le pronostic du cancer du sein chez l’homme dépend de plusieurs facteurs, notamment du stade du cancer, du type de tumeur et de la réponse au traitement.

Le taux de survie à 5 ans varie en fonction de ces facteurs, mais en général, le pronostic du cancer du sein chez l’homme est légèrement moins favorable que chez les femmes. Il serait estimé à 80 %.

Cependant, avec un diagnostic précoce et un traitement approprié, de nombreux hommes atteints de cancer du sein peuvent obtenir de bons résultats et mener une vie normale.

8. Prévention :

Bien qu’il ne soit pas possible de prévenir le cancer du sein chez l’homme, il est recommandé de prendre certaines mesures pour réduire le risque. Cela peut inclure une alimentation équilibrée, l’exercice régulier, la limitation de la consommation d’alcool, le maintien d’un poids santé et la surveillance régulière des seins pour détecter toute anomalie.

9. Conclusion :

Bien que le cancer du sein chez l’homme soit moins fréquent que chez la femme, il est important de reconnaître les symptômes pour un diagnostic et un traitement précoces.

Le traitement du cancer du sein chez l’homme repose sur une approche multidisciplinaire intégrant la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie, l’hormonothérapie et les thérapies ciblées.

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