1. Définition et généralités :
Les infections des voies génitales représentent un ensemble hétérogène d’affections causées par divers agents pathogènes : bactéries, virus, parasites et champignons.
Elles constituent un problème majeur de santé publique en raison de :
– Leur fréquence élevée (motif fréquent de consultation).
– Leurs complications potentiellement graves (stérilité, GEU, douleurs chroniques).
– Leur impact économique et social.
– Leur transmission majoritairement sexuelle.
2. Agents étiologiques :
1) Classification par nature :
– Bactéries :
. Spécifiques : Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia trachomatis, Treponema pallidum, Haemophilus ducreyi.
. Opportunistes : Escherichia coli, streptocoques (groupe B), staphylocoques, entérobactéries.
. Flore de substitution : Gardnerella vaginalis, Mobiluncus, anaérobies (vaginose).
– Virus :
. HPV (Human Papillomavirus) : types oncogènes (16, 18) et non oncogènes (6, 11).
. HSV (Herpes Simplex Virus) : types 1 et 2.
. VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine).
. Virus hépatitiques (VHB, VHC).
. CMV (Cytomégalovirus).
– Champignons :
. Candida albicans (90 % des cas).
. Candida glabrata, Candida tropicalis (formes résistantes).
– Parasites :
. Trichomonas vaginalis.
– Mycoplasmes (pathogénicité discutée) :
. Mycoplasma genitalium (pathogène reconnu).
. Mycoplasma hominis, Ureaplasma urealyticum (commensaux/opportunistes).
2) Classification anatomique :
| Localisation | Agents préférentiels | Agents possibles |
|---|---|---|
| Vulve | HSV-2, HPV, T. pallidum | Candida, dermatophytes |
| Vagin | Candida, Trichomonas, Gardnerella | BPO, HPV (rare) |
| Col utérin | HPV, Chlamydia, gonocoque | HSV, BPO |
| Endomètre | Chlamydia, gonocoque, BPO | Mycoplasmes, anaérobies |
| Trompes | Chlamydia, gonocoque | Polymicrobien (BPO + anaérobies) |
| Ovaires/péritoine | Complications des salpingites | Abcès tubo-ovariens |
3) Tropisme particulier :
– Agents à localisation exclusive ou quasi-exclusive :
. HPV : col utérin, vulve (condylomes).
. HSV : lésions vésiculeuses vulvaires.
. Trichomonas : vagin (pH > 5 nécessaire).
– Agents à tropisme étendu :
. Chlamydia trachomatis : urètre, col, endomètre, trompes.
. Neisseria gonorrhoeae : idem + pharynx, rectum.
. E. coli : urètre, vagin, endomètre (infection ascendante).
3. Modes de transmission :
1) Infections sexuellement transmissibles (IST) :
– Transmission exclusivement sexuelle :
. Gonocoque, Chlamydia, syphilis, chancre mou.
. Trichomonase.
. Condylomes (HPV 6, 11).
. Herpès génital (HSV-2 principalement).
. VIH, hépatites B et C.
– Caractéristiques épidémiologiques :
. Age : pic entre 15-25 ans.
. Facteurs de risque : partenaires multiples, absence de préservatif, précocité des rapports.
. Notion de contage récent (incubation variable).
2) Infections non sexuellement transmises :
– Origine endogène :
. Candidoses : déséquilibre de flore (90% des cas non transmis).
. Vaginoses bactériennes : dysbiose (pas une IST stricte).
. Infections à BPO : opportunistes (mais transmission secondaire possible).
– Facteurs favorisants non sexuels :
. Antibiotiques, corticoïdes, immunodépression.
. Diabète, grossesse.
. Hygiène inadaptée (douches vaginales).
. Corps étrangers (DIU, tampons oubliés).
. Interventions endo-utérines (IVG, hystéroscopie, curetage).
4. Classification topographique :
1) Infections génitales basses (IGB) :
Définition : Atteinte de la vulve, du vagin et/ou du col utérin (en deçà de l’orifice interne du col).
a) Vulvites :
– Étiologies principales :
. Herpès génital (HSV-2 +++).
. Candidose vulvo-vaginale.
. Condylomes acuminés (HPV 6, 11).
. Chancre syphilitique (primo-infection).
. Bartholinite (gonocoque, Chlamydia, polymicrobien).
– Tableau clinique :
. Douleur, prurit, dyspareunie.
. Lésions variées : vésicules, ulcérations, leucoplasie, excroissances.
b) Vaginites :
– Triade diagnostique :
. Candidose (30-40 %) : leucorrhées caillebottées, prurit intense, pH < 4,5.
. Vaginose bactérienne (40-50 %) : leucorrhées fluides malodorantes, pH > 4,5.
. Trichomonase (10-15 %) : leucorrhées spumeuses, prurit, pH > 5.
– Autres causes :
. Vaginites à BPO (pyogènes).
. Vaginites atrophiques (post-ménopause).
. Vaginites irritatives/allergiques.
c) Cervicites :
– Étiologies principales :
. Chlamydia trachomatis (50 % des cervicites infectieuses).
. Neisseria gonorrhoeae (20-30 %).
. HSV, Mycoplasmes, BPO.
– Tableau clinique :
. Souvent asymptomatique (50-70 %).
. Leucorrhées muco-purulentes.
. Saignements post-coïtaux (spotting).
. Dyspareunie profonde.
Importance : Porte d’entrée des infections hautes (30% évoluent en salpingite si non traitées).
2) Infections génitales hautes (IGH) :
Définition : Atteinte de l’endomètre, des trompes, des ovaires et/ou du péritoine pelvien (au-delà de l’orifice interne du col).
a) Endométrite :
– Contexte :
. Post-partum, post-abortum.
. Post-opératoire (curetage, hystéroscopie).
. Associée à une salpingite (endométrite-salpingite).
– Germes : Chlamydia, gonocoque, polymicrobien (BPO + anaérobies).
b) Salpingite aiguë :
– Tableau clinique typique (urgence fonctionnelle) :
. Douleurs pelviennes bilatérales intenses.
. Fièvre > 38,5°C.
. Leucorrhées purulentes.
. Défense pelvienne au TV.
. Syndrome inflammatoire biologique.
– Germes principaux :
. Chlamydia trachomatis (60-70 %) : forme subaiguë, insidieuse.
. Neisseria gonorrhoeae (20-30%) : forme aiguë bruyante.
. Polymicrobien (BPO + anaérobies) : formes compliquées.
c) Complications des salpingites :
– Complications précoces :
. Abcès tubo-ovarien (ATO).
. Pelvipéritonite.
. Périhépatite (syndrome de Fitz-Hugh-Curtis).
. Septicémie.
– Complications tardives (séquelles) :
. Infertilité tubaire (10-20 % après 1 épisode, 50 % après 3 épisodes).
. GEU (risque x 7-10).
. Douleurs pelviennes chroniques (20-30 %).
. Hydrosalpinx, pyosalpinx.
. Adhérences pelviennes.
5. Facteurs de risque et populations à risque :
1) Facteurs favorisant les IGB :
– Comportementaux :
. Partenaires sexuels multiples.
. Non-utilisation du préservatif.
. Nouveaux partenaires (< 3 mois).
– Liés à l’hôte :
. Immunodépression (VIH, corticoïdes, chimiothérapie).
. Diabète déséquilibré.
. Grossesse (modifications hormonales et immunitaires).
. Atrophie vaginale (ménopause).
– Iatrogènes :
. Antibiotiques à large spectre.
. Corticoïdes, immunosuppresseurs.
. Contraception hormonale (discuté pour candidoses).
– Hygiène inadaptée :
. Douches vaginales (élimination lactobacilles).
. Produits irritants, parfumés.
. Sous-vêtements synthétiques.
2) Facteurs favorisant les IGH :
– Majeurs :
. Antécédent d’IST (risque x 3-5).
. IVG (passage transcervical de germes).
. Port de DIU (risque relatif modéré, surtout les 3 premières semaines).
. Gestes endo-utérins : hystéroscopie, biopsie endomètre, hystérosalpingographie.
– Épidémiologiques :
. Age jeune (15-25 ans) : pic d’incidence.
. Précocité des rapports sexuels.
. Bas niveau socio-économique.
. Tabagisme actif.
– Contexte obstétrical :
. Fausses couches spontanées.
. Accouchement (surtout si RPM, travail prolongé).
. Césarienne en urgence.
6. Démarche diagnostique :
1) Interrogatoire (éléments clés) :
– Symptômes :
. Leucorrhées (aspect, odeur, abondance).
. Prurit, brûlures vulvo-vaginales.
. Douleurs pelviennes (caractère, intensité, irradiation).
. Dyspareunie (superficielle vs profonde).
. Saignements (post-coïtaux, métrorragies).
. Signes urinaires associés.
– Contexte :
. Date des dernières règles, contraception.
. Partenaire(s) : nombre, symptômes éventuels.
. Antécédents d’IST.
. Gestes récents (IVG, DIU, accouchement).
. Prises médicamenteuses (antibiotiques).
2) Examen clinique :
– Inspection vulvaire :
. Érythème, œdème, fissures.
. Lésions spécifiques (vésicules, ulcérations, condylomes).
. Écoulement à l’orifice vaginal.
– Examen au spéculum :
. Aspect des leucorrhées.
. État de la muqueuse vaginale (érythème, leucoplasie).
. Col : aspect, glaire cervicale (muco-purulente ?).
. Prélèvements : col, vagin, cul-de-sac postérieur.
– Toucher vaginal :
. Douleur à la mobilisation utérine.
. Masses annexielles.
. Empâtement des culs-de-sac.
– Température : systématique (fièvre = IGH ?).
3) Examens complémentaires :
a) Prélèvements bactériologiques (systématiques) :
– Examen à l’état frais :
. pH vaginal (bandelette).
. Test à la potasse (sniff test) : odeur de poisson = vaginose.
. Microscopie : levures, trichomonas, clue cells, PN.
– Prélèvements pour culture :
. Endocol : recherche gonocoque, Chlamydia (PCR).
. Vagin : flore, levures, trichomonas.
. Urètre (si urétrite) : gonocoque, Chlamydia.
– Coloration de Gram :
. Score de Nugent (vaginose).
. Recherche de diplocoques Gram négatif intracellulaires (gonocoque).
b) Sérologies :
– Systématiques si IST suspectée :
. VIH (1 + 2).
. Syphilis (TPHA-VDRL).
. Hépatites B et C.
– Selon contexte :
. Chlamydia (sérologie peu utile en aigu, PCR préférable).
. HSV-2 (si primo-infection suspectée).
c) Imagerie (pour IGH) :
– Echographie pelvienne (endovaginale) :
. Epaississement des trompes (> 5 mm).
. Epanchement péritonéal.
. Abcès tubo-ovarien.
. Hydrosalpinx.
– Scanner abdomino-pelvien :
. Formes compliquées (abcès, péritonite).
. Diagnostics différentiels.
d) Cœlioscopie :
Gold standard pour le diagnostic de salpingite aiguë.
– Indications :
. Doute diagnostique.
. Forme grave ou compliquée.
. Échec du traitement médical.
. Drainage d’abcès.
– Avantages :
. Diagnostic de certitude (visualisation).
. Prélèvements bactériologiques de qualité.
. Traitement (adhésiolyse, drainage).
. Évaluation pronostique.
7. Principes thérapeutiques :
1) Traitement des IGB :
– Objectifs :
. Éradication du germe.
. Résolution des symptômes.
. Prévention des récidives et complications.
– Modalités :
. Traitement local et/ou général selon l’agent.
. Durée adaptée (1 dose unique à 10-14 jours).
. Traitement du partenaire si IST.
. Abstinence sexuelle pendant le traitement.
. Contrôle de guérison si IST.
– Exemples :
. Candidose : antifongiques (imidazolés).
. Vaginose : métronidazole, clindamycine.
. Trichomonase : métronidazole 2 g dose unique.
. Chlamydia : doxycycline 7 jours ou azithromycine 1 g.
. Gonocoque : ceftriaxone 1 g IM dose unique.
2) Traitement des IGH :
– Urgence thérapeutique : ne pas attendre les résultats bactériologiques.
– Principes :
. Antibiothérapie probabiliste large spectre.
. Couverture : Chlamydia + gonocoque + anaérobies.
. Voie IV si forme sévère (48-72h puis relais per os).
. Durée : 14 jours minimum.
. Hospitalisation si :
. Signes de gravité (fièvre > 39°C, AEG).
. Abcès tubo-ovarien.
. Grossesse.
. Échec du traitement ambulatoire.
. Vomissements (traitement oral impossible).
– Schémas thérapeutiques :
. Forme ambulatoire :
. Ceftriaxone 500 mg IM dose unique.
. + Doxycycline 100 mg x 2/j x 14 jours.
. + Métronidazole 500 mg x 2/j x 14 jours.
. Forme hospitalisée :
. Ceftriaxone 2 g/j IV.
. + Doxycycline 200 mg/j IV ou per os.
. + Métronidazole 1,5 g/j IV.
. Relais per os après 48-72 h d’apyrexie (14 jours au total).
– Mesures associées :
. Repos au lit (48-72 h).
. Antalgiques, anti-inflammatoires.
. Retrait DIU (discuté, pas systématique).
. Traitement du/des partenaire(s) (obligatoire).
3) Traitement du partenaire :
– Indications obligatoires :
. Toutes les IST avérées (gonocoque, Chlamydia, trichomonas, syphilis).
. Herpès génital (information, traitement si symptômes).
. Vaginose récidivante (discuté).
– Modalités :
. Même schéma antibiotique (adapté si besoin).
. Traitement simultané (éviter ping-pong).
. Dépistage IST complet.
. Abstinence ou préservatif jusqu’à guérison.
8. Complications et séquelles :
1) Complications immédiates :
– Infections génitales basses :
. Evolution en infection haute (20-40% si cervicite non traitée).
. Bartholinite, abcès de Bartholin.
. Extension cutanée, urinaire.
– Infections génitales hautes :
. Abcès tubo-ovarien (15-30 %).
. Pelvipéritonite, péritonite généralisée.
. Périhépatite (syndrome de Fitz-Hugh-Curtis).
. Choc septique (rare).
. Thrombophlébite pelvienne septique.
2) Complications à long terme (séquelles) :
– Infertilité tubaire :
. 10-15 % après 1 salpingite.
. 25-35 % après 2 salpingites.
. 50-75 % après ≥ 3 salpingites.
. Mécanisme : obstruction tubaire (adhérences, synéchies).
– Grossesse extra-utérine :
. Risque multiplié par 7-10.
. Altération de la motilité ciliaire.
. Obstruction tubaire partielle.
– Douleurs pelviennes chroniques :
. 15-30 % des patientes.
. Adhérences pelviennes.
. Hydrosalpinx chronique.
. Névralgie pudendale.
– Autres :
. Dyspareunie profonde chronique.
. Syndrome de Masters-Allen (incompétence ligamentaire).
. Nécessité de recours à la FIV.
3) Complications obstétricales :
– Infections pendant la grossesse :
. MAP.
. RPM.
. Chorioamniotite.
. RCIU.
. Avortement spontané précoce.
– Transmission materno-fœtale :
. Chlamydia : conjonctivite néonatale (25-50 %), pneumopathie (10-20 %).
. Gonocoque : ophtalmie néonatale (prévention par Vitamine K + collyre).
. HSV : encéphalite herpétique (indication de césarienne si lésions actives).
. HPV : papillomatose laryngée récurrente (rare).
. Streptocoque B : septicémie, méningite néonatale (antibioprophylaxie per-partum).
9. Prévention :
1) Prévention primaire :
– Education sexuelle :
. Information précoce (collège, lycée).
. Risques des IST, moyens de protection.
. Importance du dépistage.
– Préservatifs :
. Masculin (efficacité 85-98 %).
. Féminin (alternative).
. Utilisation systématique avec nouveaux partenaires.
. Protection contre IST mais pas contre HPV/HSV (transmission cutanée possible).
– Vaccination :
. HPV : Gardasil 9 ® (9 valences) recommandé 11-14 ans (rattrapage jusqu’à 19 ans, voire 26 ans).
. Hépatite B : vaccination universelle.
– Dépistage des populations à risque :
. < 25 ans sexuellement actives : dépistage annuel Chlamydia.
. Changement de partenaire : bilan IST complet.
. Avant IVG, pose de DIU : dépistage IST.
2) Prévention secondaire :
– Dépistage précoce :
. Consultations gynécologiques régulières.
. Examen au spéculum systématique.
. Prélèvements bactériologiques si symptômes.
– Traitement rapide et adapté :
. Antibiothérapie probabiliste immédiate.
. Traitement du partenaire (éviter réinfection).
. Contrôle de guérison (test-of-cure).
– Prévention des récidives :
. Correction des facteurs favorisants.
. Hygiène adaptée.
. Eviter douches vaginales.
. Observance thérapeutique.
3) Prévention tertiaire :
– Limiter les séquelles :
. Diagnostic et traitement précoces des salpingites.
. Cœlioscopie diagnostique et thérapeutique.
. Prise en charge de l’infertilité (FIV si nécessaire).
. Traitement des douleurs pelviennes chroniques.
– Déclaration obligatoire (selon pays) :
. Gonocoque, syphilis, VIH, hépatites.
– Notification des partenaires :
. Recherche et traitement des contacts.
. Rôle des centres de dépistage anonyme et gratuit.
10. Enjeux de santé publique :
1) Données épidémiologiques :
– Prévalence élevée :
. Candidoses : 75 % des femmes en auront au moins 1 dans leur vie.
. Vaginoses : 10-30 % des femmes en âge de procréer.
. Chlamydia : IST bactérienne la plus fréquente (3-5 % des femmes < 25 ans).
. Salpingites : 150. 000-200.000 cas/an en France.
– Augmentation des IST :
. Recrudescence gonocoque, syphilis depuis 2000.
. Emergence de souches résistantes (PPNG, gonocoque résistant aux fluoroquinolones).
2) Impact économique :
– Coûts directs :
. Consultations, examens, traitements.
. Hospitalisations (IGH).
. Chirurgie (cœlioscopie, drainage abcès).
. Prise en charge de l’infertilité (FIV : 10.000-15.000 €/tentative).
– Coûts indirects :
. Arrêts de travail.
. Douleurs chroniques invalidantes.
. Impact psychologique (infertilité, douleurs).
– Estimation : plusieurs milliards d’euros par an (coût social global).
3) Rôle des professionnels de santé :
– Médecin généraliste :
. Premier recours : diagnostic et traitement des IGB.
. Éducation sexuelle, promotion du préservatif.
. Dépistage des populations à risque.
. Orientation vers spécialiste si IGH.
– Gynécologue :
. Diagnostic et traitement des IGB et IGH.
. Cœlioscopie diagnostique et thérapeutique.
. Prise en charge de l’infertilité.
. Suivi des patientes à risque.
– Biologiste :
. Prélèvements de qualité (techniques adaptées).
. Diagnostic microbiologique rapide.
. Antibiogramme (résistances).
. Conseil au clinicien.
– Sage-femme :
. Dépistage en consultation prénatale.
. Prévention transmission materno-fœtale.
. Éducation et counseling.
– Pharmacien :
. Délivrance des traitements, conseils.
. Orientation vers consultation si nécessaire.
. Promotion de la contraception d’urgence.
4) Objectifs de santé publique :
– Court terme :
. ↓ incidence des IST (objectif : -50 % en 10 ans).
. ↑ dépistage précoce (< 25 ans : 50 % dépistées/an).
. ↓ résistances antibiotiques (surveillance).
– Moyen terme :
. ↓ complications (infertilité, GEU, douleurs chroniques).
. ↑ couverture vaccinale HPV (objectif : 80 %).
. ↑ utilisation préservatif (50 % des rapports chez < 25 ans).
– Long terme :
. Elimination de certaines IST (syphilis congénitale, gonocoque).
. ↓ cancers HPV-induits (col, vulve, anus, ORL).
. ↓ séquelles à long terme (infertilité, douleurs).
Références et ressources :
Recommandations officielles :
– HAS (Haute Autorité de Santé) : recommandations IST.
– CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français).
– SPILF (Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française).
– CDC (Centers for Disease Control and Prevention) : STI Treatment Guidelines
Points clés
✅ Épidémiologie et transmission :
Fréquence élevée : motif fréquent de consultation.
Transmission majoritairement sexuelle mais pas uniquement.
Populations à risque : jeunes (15-25 ans), partenaires multiples.
✅ Classification et diagnostic :
IGB vs IGH : distinction anatomique importante (pronostic différent).
Démarche diagnostique rigoureuse : interrogatoire, examen clinique, prélèvements.
Cœlioscopie : gold standard pour les salpingites.
✅ Agents pathogènes principaux :
IGB : Candida, Gardnerella, Trichomonas, Chlamydia, gonocoque.
IGH : Chlamydia (60-70 %), gonocoque (20-30 %), polymicrobien.
✅ Complications majeures :
Infertilité tubaire : 10-50 % selon nombre d’épisodes.
GEU : risque x 7-10.
Douleurs pelviennes chroniques : 15-30 %.
Transmission materno-fœtale : complications néonatales.
✅ Principes thérapeutiques :
Traitement précoce et adapté : prévention des complications.
Traitement du partenaire obligatoire si IST.
Antibiothérapie probabiliste pour IGH (urgence).
Durée suffisante : 14 jours minimum pour IGH.
✅ Prévention :
Préservatifs : protection contre IST.
Vaccination HPV : prévention cancers col, vulve.
Dépistage systématique : < 25 ans, populations à risque.
Éducation sexuelle : information précoce.
✅ Enjeux de santé publique :
Objectif : ↓ incidence IST, ↓ complications, ↓ séquelles.
Rôle clé : médecins généralistes, gynécologues, biologistes.
Coût social important : plusieurs milliards d’euros/an.