Les kystes du vagin sont souvent découverts pendant la grossesse parce que :

– l’examen révèle un kyste ancien inconnu,

– la grossesse provoque une poussée brusque du volume du kyste.

1. Examen :

Il comporte la mise en place d’un spéculum et le TV associé au TR. Il permet :

– d’affirmer qu’il s’agit d’un kyste : arrondi, bien lisse, relié au vagin par un pédicule dont le doigt fait le tour,

– de le différencier d’un rectocèle par le TR ou d’une cystocèle, ou d’un diverticule de l’urètre (sonde urétrale),

– d’apprécier son volume, son lieu d’implantation : bas situé (traitement facile), haut situé, dans un cul-de-sac (d’abord beaucoup plus délicat).

2. Que faire ?

1) Ne rien faire si le kyste est petit, méconnu, ne paraissant pas devoir gêner l’expulsion. Au cours de celle-ci, il se rompt souvent, laissant sortir :

– un liquide jaunâtre crémeux contenant des desquamations : c’était un kyste par inclusion vaginale,

– un liquide clair, citrin : c’était un kyste du canal de Gartner qui fera rechercher une malformation uro-génitale.

2) La ponction : geste simple, facile à pratiquer sans anesthésie (la muqueuse vaginale étant peu sensible). Les inconvénients de cette méthode sont : la récidive quasi-certaine et le risque d’infection.

Néanmoins, ce geste rend service au cours du travail si le kyste n’est découvert qu’à ce moment.

3) L’exérèse chirurgicale : elle se fait sous AG et nécessite :

– un aide,

– du matériel : deux valves vaginales, bistouri, pince à disséquer, ciseaux longs, porte-aiguille.

 

Le manuel opératoire est le suivant :

– désinfection du vagin et mise en place des champs,

– disposer les valves pour bien exposer la lésion,

– inciser transversalement d’un coup de bistouri léger la partie saillante,

– cliver de la pointe des ciseaux entre vagin et kyste, la pince à disséquer soulevant la paroi vaginale,

– on isole ainsi le kyste qui ne tient plus en général qu’en arrière par un pédicule qu’on doit lier avant de sectionner,

– le kyste enlevé, faire l’hémostase soigneuse après avoir réséqué un peu de muqueuse si nécessaire.

3. Incidents et risques :

Il faut avoir présent à l’esprit deux risques :

– celui de blesser le rectum en arrière,

–  ”     ”     ”     ”      l’uretère et l’artère utérine si le kyste est haut-situé dans les culs-de-sac.

 

Aussi, nous conseillons :

1) En arrière : de ne pas trop disséquer vers le rectum et au besoin d’ouvrir le kyste et de réséquer seulement la partie saillante, le fond étant laissé en place et recouvert par la muqueuse vaginale (un doigt intra-rectal sera très utile au moindre doute).

2) En haut : de ne pas trop s’aventurer vers les culs-de-sac.

Il y a le risque certain de blessure de l’uretère et de l’artère utérine, ce qui peut être catastrophique.

3) En avant : se méfier des diverticules de l’urètre.

Mettre en place une sonde métallique dans l’urètre, ce qui permettra de bien localiser et repérer son trajet.

 

En résumé : il faut rester prudent en matière de kyste du vagin. C’est une tumeur bénigne, mais dont la cure chirurgicale n’est pas toujours simple.

 

>>> CAT en vue de l’accouchement :

– Si le kyste est petit : ne rien faire ; il éclatera à l’accouchement.

–  ”     ”     ”     gros, et fait courir des risques de délabrement vaginal : il faut l’opérer s’il est bien pédiculé et que cela paraît simple, sinon se contenter d’une simple ponction puis adresser la malade à un chirurgien habitué à la voie vaginale.

Noter cette page

Laisser un commentaire