1. Définition et technique :

– Opacification radiologique d’un galactophore pathologique par injection d’un produit de contraste iodé hydrosoluble (ex. ioxaglate) via un cathéter fin (30G) ou une aiguille mousse montée, après repérage de l’orifice qui sourd sous pression douce.

– Clichés mammographiques sous faible compression (face, profil strict, clichés agrandis centrés sur la zone rétro-aréolaire).

2. Objectif principal :

Cartographier l’arborescence canalaire, localiser la lésion responsable et guider le geste chirurgical (microdochectomie ciblée / injection conjointe de bleu de méthylène).

3. Indications :

– Écoulement mammaire pathologique : unilatéral, unicanalaire (uniporique), spontané, séreux « eau de roche » ou séro-hématique / sanguinolent.

– Bilan étiologique : papillome intracanalaire solitaire (cause n°1), papillomatose, carcinome canalaire in situ (CCIS), carcinome papillaire infiltrant.

4. Sémiologie radiologique :

– Lacune intraluminale (défaut de remplissage) : mobile ou fixe, régulière (papillome) ou irrégulière.

– Amputation canalaire (stop) : berges nettes cupuliformes (bénin) ou effilochées/amorphes (malin).

– Irrégularité de calibre : sténoses étagées, rigidité de la paroi.

– Déviation ou désorganisation de l’architecture canalaire.

– Extravasation du contraste : signe de perforation pariétale (pathologique ou iatrogène).

* Remarque : Aucune sémiologie n’assure à 100 % la bénignité -> examen histologique indispensable.

5. Place dans la stratégie diagnostique :

– 1ère intention : examen clinique + mammographie bilatérale (recherche de microcalcifications) + échographie haute fréquence (≥ 12-15 MHz) radiale et rétro-aréolaire.

– Cytologie du liquide : intérêt limité (spécifique si maligne, mais sensibilité très basse ; une négativité ne rassure jamais).

– IRM mammaire : examen moderne non invasif de choix si bilan standard négatif (haute sensibilité).

– Galactographie : examen de 2ème / 3ème intention, devenu optionnel, essentiellement utile avant chirurgie ciblée pour cartographier le canal exact.

6. Contre-indications et limites :

– Contre-indications :

. Infection locale active (galactophorite, mastite, abcès) -> risque de dissémination.

. Tarissement de l’écoulement le jour J (orifice introuvable).

– Limites / pièges :

. Échec de cathétérisme (sténose de l’ostium).

. Fausse route / extravasation par surpression.

. « Enjambement » de la lésion par la canule si celle-ci est située dans le sinus lactifère très superficiel sous le mamelon (faux négatif).

. Bulles d’air injectées accidentellement (mimant une lacune).

Points clés

– Écoulement bilatéral, pluricanalaire, provoqué, verdâtre/laiteux = quasi-toujours bénin/fonctionnel (galactorrhée, ectasie) ⇒ PAS de galactographie.

– Écoulement unicanalaire, spontané, sanglant = bilan systématique obligatoire.

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