La classification FIGO (Fédération Internationale de Gynécologie et d’Obstétrique) pour le cancer de l’ovaire est utilisée pour déterminer le stade d’extension tumorale et guider la prise en charge thérapeutique.
Voici la classification la plus récente (FIGO 2014, toujours en vigueur en 2025), basée sur les résultats de l’examen clinique, de l’imagerie et de la chirurgie (staging chirurgical idéal) :
STADE I : Tumeur limitée aux ovaires :
Stade IA :
Tumeur limitée à un seul ovaire.
Capsule intacte, pas de tumeur à la surface.
Cytologie péritonéale négative (pas d’ascite ni de cellules malignes en cytologie péritonéale).
Stade IB :
Tumeur limitée aux deux ovaires.
Capsules intactes, pas de tumeur à la surface.
Cytologie péritonéale négative (pas d’ascite ni de cellules malignes en cytologie péritonéale).
Stade IC :
Tumeur limitée à un ou deux ovaires avec :
IC1 : Rupture capsulaire peropératoire.
IC2 : Rupture capsulaire préopératoire (avant la chirurgie) ou tumeur visible à la surface de l’ovaire.
IC3 : cytologie péritonéale positive (cellules malignes dans le liquide d’ascite ou de lavage péritonéal).
Stade II : Tumeur touchant un ou deux ovaires avec extension pelvienne :
Stade IIA :
Extension et/ou implants sur l’utérus et/ou les trompes.
Stade IIB :
Extension sur d’autres tissus pelviens (vessie, rectum, péritoine pelvien).
Stade III : Extension péritonéale et/ou ganglionnaire :
Le stade III du cancer de l’ovaire regroupe les tumeurs touchant un ou deux ovaires avec une :
– extension péritonéale en dehors du pelvis (microscopique ou macroscopique),
– et/ou une atteinte des ganglions rétropéritonéaux (abdominaux ou pelviens) ou inguinaux.
Ce stade est divisé en deux sous-catégories principales : IIIA et IIIB, elles-mêmes subdivisées pour préciser l’étendue de la maladie.
Stade IIIA :
Ce stade concerne les patientes présentant une extension péritonéale limitée au pelvis (microscopique ou macroscopique), sans atteinte ganglionnaire rétropéritonéale ou inguinale.
Il est divisé en deux sous-groupes :
a) IIIA1 :
La maladie est limitée à une extension microscopique dans le pelvis, mise en évidence par une cytologie péritonéale positive (présence de cellules malignes dans le liquide d’ascite ou les lavages péritonéaux).
Aucune lésion péritonéale macroscopique n’est visible à l’œil nu ou à l’imagerie.
Aucune atteinte ganglionnaire rétropéritonéale ou inguinale.
Exemple :
Tumeur ovarienne bilatérale avec liquide d’ascite contenant des cellules malignes, mais mais aucune lésion visible sur le péritoine ou les organes adjacents lors de l’exploration chirurgicale.
b) IIIA2 :
La maladie se manifeste par des lésions péritonéales macroscopiques visibles (à l’oeil nu), mais limitées au pelvis. Ces implants peuvent être de toute taille et sont observés sur des organes pelviens comme l’utérus, la vessie ou le rectum.
Aucune extension en dehors du pelvis (ex. : épiploon, intestin grêle).
Aucune atteinte ganglionnaire rétropéritonéale ou inguinale.
Exemple :
Implants péritonéaux de toute taille (pas de limite à 10 mm) visibles dans le pelvis : vessie, utérus, rectum, cul-de-sac de Douglas, mais sans atteinte de l’épiploon ou des ganglions rétropéritonéaux.
Stade IIIB :
Métastases péritonéales macroscopiques au-delà du pelvis (ex. : épiploon, diaphragme, intestin grêle),
ET/OU atteinte des ganglions rétropéritonéaux ou inguinaux (même isolée, même si le péritoine est sain).
Exemples :
Ganglions para-aortiques positifs, mais avec un péritoine sain (sans implants visibles). → Stade IIIB.
Nodules de toute taille sur l’épiploon ou l’intestin grêle, avec ou sans atteinte ganglionnaire → Stade IIIB.
Toute atteinte ganglionnaire rétropéritonéale (même sans implants péritonéaux) → Stade IIIB.
Stade IV : Métastases à distance (foie, poumons, os…), hors cavité péritonéale :
Cette classification est essentielle pour déterminer le traitement approprié et établir le pronostic de la patiente.
Points clés
– Le stade IIIA1 correspond à une maladie microscopique limitée au pelvis, sans atteinte ganglionnaire.
– Le stade IIIA2 concerne une maladie macroscopique visible, mais toujours limitée au pelvis, sans atteinte ganglionnaire.
– Le stade IIIB inclut toute extension extra-pelvienne (même minime) et/ou toute atteinte ganglionnaire rétropéritonéale ou inguinale, même isolée.
– La taille des implants péritonéaux n’est plus un critère de classification dans la version FIGO 2014 (contrairement aux anciennes versions).
– L’atteinte ganglionnaire rétropéritonéale ou inguinale classe automatiquement la patiente en stade IIIB, même si le péritoine est sain.
Cas particuliers et pièges :
Cas particuliers et pièges : Ganglions et péritoine
1. Atteinte ganglionnaire + implants péritonéaux :
La classification FIGO 2014 ne dépend pas de la taille des implants. Dès qu’il y a :
– une atteinte ganglionnaire rétropéritonéale/inguinale (même isolée),
– ou des implants péritonéaux en dehors du pelvis (quelle que soit leur taille), → le stade est automatiquement IIIB.
Exemple : Ganglions para-aortiques positifs + implants de 5 mm sur l’épiploon → Stade IIIB.
2. Ascite maligne :
– Une cytologie péritonéale positive seule (sans implants macroscopiques ni ganglions) classe en Stade IIIA1.
– Si la cytologie positive s’accompagne d’implants macroscopiques dans le pelvis, le stade devient IIIA2.
– Si la cytologie positive s’accompagne de ganglions rétropéritonéaux positifs ou d’implants en dehors du pelvis, le stade est IIIB.
3. Imagerie vs. Chirurgie :
– Le scanner ou l’IRM peuvent sous-estimer les micrométastases péritonéales (ex. : implants de 5 mm non visibles) ou les ganglions de petite taille.
– Le staging chirurgical avec biopsies systématiques reste le gold standard pour un diagnostic précis.
4. Exemple pratique :
Cas : Patiente avec :
– Tumeur ovarienne bilatérale.
– Ganglions para-aortiques de 12 mm (biopsie positive).
– Implants péritonéaux de 2 cm sur l’épiploon.
– Ascite de 500 mL (cytologie positive).
Classification : Stade IIIB (car atteinte ganglionnaire para-aortique ET implants péritonéaux en dehors du pelvis).