La classification FIGO (Fédération Internationale de Gynécologie et d’Obstétrique) est utilisée pour déterminer le stade d’extension tumorale et guider la prise en charge thérapeutique.

La classification en vigueur est la FIGO 2014, reprise dans le FIGO Cancer Report 2025 (Renz, Friedlander, Berek, Int J Gynecol Obstet 2025 ; 171 Suppl 1 : 6-35). Il s’agit d’une stadification chirurgico-pathologique (staging chirurgical idéal), l’examen clinique et l’imagerie orientant le bilan préopératoire sans pouvoir, à eux seuls, établir certains sous-stades (IC, IIIA2).

Système unifié : depuis 2014, le cancer de l’ovaire, le cancer de la trompe et le cancer péritonéal primitif relèvent d’une même stadification. Si le site primitif ne peut être identifié, la tumeur est dite « non désignée » (undesignated).

STADE I : Tumeur limitée aux ovaires (ou aux trompes) :

Stade IA :

Tumeur limitée à un seul ovaire (ou une trompe).

Capsule intacte, pas de tumeur à la surface.

Absence de cellules malignes dans l’ascite ou le liquide de lavage péritonéal (une ascite bénigne à cytologie négative n’exclut pas le stade IA).

Stade IB :

Tumeur limitée aux deux ovaires (ou aux deux trompes).

Capsules intactes, pas de tumeur à la surface.

Absence de cellules malignes dans l’ascite ou le liquide de lavage péritonéal.

Stade IC :

Tumeur limitée à un ou deux ovaires (ou trompes) avec :

IC1 : rupture capsulaire peropératoire (surgical spill).

IC2 : rupture capsulaire préopératoire, ou tumeur visible à la surface de l’ovaire ou de la trompe.

IC3 : cytologie péritonéale positive (cellules malignes dans l’ascite ou le liquide de lavage péritonéal).

Stade II : Extension pelvienne (sous le détroit supérieur) :

Tumeur touchant un ou deux ovaires (ou trompes) avec extension pelvienne, ou cancer péritonéal primitif.

Stade IIA :

Extension et/ou implants sur l’utérus et/ou les trompes et/ou les ovaires.

Stade IIB :

Extension à d’autres tissus pelviens intrapéritonéaux (vessie, rectum, péritoine pelvien).

Cancer péritonéal primitif : il n’existe pas de stade I pour cette entité, le stade minimal est II.

Stade III : Extension péritonéale extra-pelvienne et/ou ganglionnaire rétropéritonéale :

Le stade III regroupe les tumeurs touchant un ou deux ovaires (ou trompes), ou le péritoine (cancer péritonéal primitif), avec une atteinte confirmée (cytologique ou histologique) en dehors du pelvis :

– soit une extension péritonéale extra-pelvienne (au-dessus du détroit supérieur : épiploon, intestin grêle, coupoles diaphragmatiques…),

– soit une atteinte des ganglions rétropéritonéaux (pelviens et/ou lombo-aortiques).

Les sous-stades reposent sur l’atteinte ganglionnaire pour le IIIA1, et sur la taille des implants péritonéaux extra-pelviens pour les IIIA2, IIIB et IIIC.

Stade IIIA :

IIIA1 : atteinte ganglionnaire rétropéritonéale isolée

Aucune lésion péritonéale extra-pelvienne, mais des ganglions pelviens ou para-aortiques envahis.

– IIIA1(i) : métastase ganglionnaire ≤ 10 mm dans sa plus grande dimension.

– IIIA1(ii) : métastase ganglionnaire > 10 mm dans sa plus grande dimension.

IIIA2 : atteinte péritonéale extra-pelvienne microscopique.

Implants extra-pelviens invisibles à l’œil nu et à l’imagerie, confirmés par l’analyse histologique (péritoine, épiploon). La présence ou l’absence de ganglions positifs ne modifie pas ce stade.

Stade IIIB :

Implants péritonéaux extra-pelviens macroscopiques ≤ 2 cm dans leur plus grande dimension, avec ou sans atteinte ganglionnaire rétropéritonéale.

Stade IIIC :

Implants péritonéaux extra-pelviens macroscopiques > 2 cm, avec ou sans atteinte ganglionnaire rétropéritonéale.

À noter : l’extension à la capsule du foie ou de la rate (lésion posée sur la surface de l’organe, sans atteinte du parenchyme) est classée IIIC.

Stade IV : Métastases à distance (pleurales, parenchymateuses ou extra-abdominales) :

Stade IVA :

Épanchement pleural avec cytologie positive prouvée.

La simple présence de liquide à l’imagerie ne suffit pas : il faut mettre en évidence des cellules malignes.

Stade IVB :

Métastases du parenchyme hépatique ou splénique.

Métastases d’organes extra-abdominaux (osseuses, pulmonaires…).

Atteinte ganglionnaire hors de la cavité abdominale, y compris les ganglions inguinaux.

Correspondance TNM :

Stade FIGOTNM
IA / IBT1a / T1b, N0, M0
IC1 / IC2 / IC3T1c1 / T1c2 / T1c3, N0, M0
IIA / IIBT2a / T2b, N0, M0
IIIA1(i)T1/T2, N1a, M0
IIIA1(ii)T1/T2, N1b, M0
IIIA2T3a, N0 ou N1, M0
IIIBT3b, N0 ou N1, M0
IIICT3c, N0 ou N1, M0
IVAtout T, tout N, M1a
IVBtout T, tout N, M1b

Points clés

– Le stade le plus élevé l’emporte en cas de localisations multiples.

– IIIA2, IIIB et IIIC se distinguent exclusivement par la taille des implants péritonéaux extra-pelviens : microscopique, ≤ 2 cm, > 2 cm.

– IIIA1 est réservé à l’atteinte ganglionnaire rétropéritonéale isolée, sans lésion péritonéale extra-pelvienne.

– Capsule et parenchyme : surface du foie ou de la rate = IIIC ; parenchyme = IVB.

– Les ganglions inguinaux sont classés IVB.

– La stadification FIGO ne tient compte ni du résidu tumoral postopératoire, ni du statut moléculaire (BRCA, HRD), qui relèvent des facteurs pronostiques et thérapeutiques.

⚠️ Cas particuliers et pièges fréquents :

1. Le piège du « Stade le plus élevé l’emporte » :

Si une patiente présente plusieurs types d’atteintes, c’est toujours l’atteinte la plus sévère qui définit le stade final.

Exemple : Ganglions para-aortiques positifs (IIIA1) et nodule épiploïque de 4 cm (IIIC) : le stade retenu est IIIC.

2. Le piège de l’ascite et de la cytologie (IC3 vs III) :

Une cytologie péritonéale positive (ascite ou lavage), sans autre lésion extra-pelvienne ni ganglion, correspond à un stade IC3 et non à un stade III. À l’inverse, la présence d’ascite ne définit pas un stade : seule compte la cytologie.

3. Le piège du parenchyme hépatique :

Ne pas confondre une carcinose péritonéale collée sur le foie avec une métastase hépatique.

– Nodule posé sur la capsule de Glisson (foie) = IIIC.

– Nodule intra-hépatique profond (visible au scanner/IRM) = IVB.

4. Le piège de l’épanchement pleural :

Un épanchement pleural radiologique ne suffit pas pour un stade IVA : la cytologie doit être positive.

Exemple d’entraînement :

Cas : Patiente opérée présentant :

. tumeur ovarienne bilatérale,

. épanchement pleural ponctionné, cytologie négative,

. ganglions pelviens envahis de 15 mm,

. implants péritonéaux épiploïques, le plus grand mesurant 1,5 cm,

. ascite de 500 mL avec cellules malignes.

Classification : stade IIIB (T3b N1 M0).

Explication :

 . L’épanchement pleural est négatif : pas de IVA.

. L’ascite à cellules malignes (IC3) est supplantée par le stade supérieur.

. Les ganglions > 10 mm correspondraient à un IIIA1(ii) isolé, mais la présence d’implants péritonéaux macroscopiques ≤ 2 cm définit le IIIB, qui s’entend « avec ou sans atteinte ganglionnaire ». Les ganglions n’élèvent donc pas le stade.

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