Ce syndrome est la pathologie endocrinienne la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer (8 à 13 % des femmes). 

Il représente la première cause d’hirsutisme et d’anovulation.

En effet, il est à l’origine de 70 % des infertilités par anovulation.

C’est aussi la cause la plus fréquente d’aménorrhée secondaire.

Il a été décrit la première fois en 1935 par Stein et Leventhal.

Son appellation fait référence à l’un des aspects de ce syndrome visible à l’échographie, à savoir l’accumulation à la périphérie des ovaires de multiples petits kystes ; ces kystes sont en réalité des follicules bloqués à la dernière étape de la phase folliculaire. Cet aspect n’est cependant qu’une facette du SOPK, un syndrome qui peut se manifester différemment selon les femmes dans des formes plus ou moins complètes, avec de multiples répercussions sur la santé féminine.

Dans sa forme complète, le SOPK entraîne une absence d’ovulation et donc une infertilité. 

On ne connaît pas encore bien les mécanismes physiopathologiques à l’origine du SOPK et ils ne peuvent certainement pas s’expliquer par une cause unique, mais par une succession de causes qui agissent selon un cercle vicieux.

A la base, il y a une hyperandrogénie, c’est-à-dire une sécrétion excessive d’androgènes, et une résistance à l’insuline. Toutes deux sont vraisemblablement d’origine génétique

 

Le SOPK est un syndrome hétérogène. C’est pourquoi la définition toujours utilisée actuellement est pragmatique et issue du consensus de Rotterdam de 2003. Cependant, les critères échographiques inscrits dans le consensus de Rotterdam en 2003, notamment sur le nombre de follicules antraux, sont obsolètes du fait des améliorations techniques permettant une bien meilleure visibilité des petits follicules antraux. Le seuil de follicules fait encore l’objet de controverse.

DIAGNOSTIC DU SOPK : CONSENSUS DE ROTTERDAM 2003 (critères)
(+ nouveau seuil proposé dans le consensus international de 2018)

2 critères requis sur les 3 :

Oligoménorrhée et/ou anovulation

Hyperandrogénie clinique et/ou biologique

Aspect échographique d’ovaires micropolykystiques :

Volume ovarien supérieur à 10 cm3 par ovaire 

Au moins 12 follicules de 2 à 9 mm de diamètre par ovaire
(> 20 follicules/ovaire ESHRE 2018) 

à l’exclusion des autres pathologies (bloc surrénalien, hypercorticisrne…).

1. Définition clinique :

Elle distingue 3 composantes : les troubles du cycle (anovulation), l’hyperandrogénie et le syndrome métabolique (obésité). 

1) Troubles du cycle :

Les patientes atteintes du SOPK consultent généralement pour spanioménorrhées d’aggravation progressive (jusqu’à l’aménorrhée) et/ou des menstruations irrégulières (inattendues et souvent très abondantes).

L’anovulation est un signe précoce.

Attention : les troubles du cycle sont très fréquents à la mise en route de l’axe gonadotrope dans les 3 ans qui suivent la puberté ; ils concernent 51 % des adolescentes (cycles < 21 jours ou > 35 jours) (OMS).

⇒ La définition des troubles du cycle doit être adaptée à l’âge de la puberté. Elle a fait l’objet d’un consensus à l’ESHRE en 2018, où l’anomalie du cycle est définie en fonction des premières règles (PR).

 Définition de l’anomalie du cycle menstruel

• Plus de 3 ans après les premières règles (PR) : cycle < 21 jours, > 35 jours ou < 8 cycles/an,

• Dans les 3 ans qui suivent les PR : cycle < 21 jours ou > 45 jours,

• Plus de 1 an après PR : cycle > 90 jours,

• Aménorrhée primaire si âge > 15 ans ou > 3 ans après développement des seins.

Consensus international ESHRE 2018

2) Hyperandrogénie :

Elle peut être clinique, responsable d’un hirsutisme (postpubertaire d’évolution lente), d’une acné ou d’une alopécie, ou simplement biologique avec un retentissement très modéré.

Dans le SOPK, les signes cliniques d’hyperandrogénie existent généralement depuis la puberté.

Un hirsutisme sévère et récent doit faire rechercher une cause tumorale ovarienne ou surrénalienne.

3) Syndrome métabolique :

L’obésité accompagne souvent le syndrome du SOPK (30 à 50 % des cas), mais elle peut parfois se limiter à une anomalie du rapport taille/hanche sans surpoids important (Obésité androïde : rapport taille/hanche > 0,85 chez la femme).

Une apparition précoce des signes cliniques (immédiatement après la puberté) est très caractéristique du SOPK mais il semble toutefois que chez les adolescentes, cette endocrinopathie puisse être transitoire et spontanément résolutive.

Nb : Le syndrome de Stein-Leventhal correspondait à la forme extrême associant : aménorrhée, hirsutisme, obésité (androïde) et hyperplasie des ovaires.

2. Définition hormonale :

Elle est basée sur des anomalies de concentration de LH, FSH et des androgènes d’origine ovarienne (testostérone) et surrénalienne (SDHEA, 17 OH progestérone).

– Un déséquilibre des gonadotrophines avec élévation de LH mesurée en début de cycle (à J3 ou J4) par rapport à un taux de FSH normal (LH/FSH > 2,5) est un élément très évocateur, mais inconstant, même si cet excès de LH explique bien l’hyperfonctionnement de la thèque interne et l’hypersécrétion des androgènes ovariens.

En effet, tous les SOPK n’ont pas d’anomalie basale de la LH mais les variations nycthémérales peuvent fausser le résultat ; on distingue alors les SOPK à LH élevée et les SOPK à LH normale.

– Hyperandrogénie : d’origine ovarienne (testostérone, surtout sous forme libre, D4-androstènedione), et à participation surrénalienne (DHEA, SDHEA) :

. dosage de la testostérone totale : augmentation. Mais sensibilité faible avec 20 à 60 % de faux négatifs,

. dosage de testostérone libre est le plus sensible mais son dosage direct n’est pas utilisable en pratique,

. dosage SDHEA et 17 OH progestérone pour éliminer les diagnostics différentiels. 

– Les dosages d’estradiol, progestérone, prolactine peuvent présenter des anomalies non spécifiques.

– Des dosages d’insuline à l’état basal montrent des taux augmentés chez 75 % des femmes obèses avec SOPK.

– L’HGPO des patientes atteintes de SOPK montre une intolérance aux glucides chez 10 % des femmes minces et 20 % des femmes obèses.

 

 DIAGNOSTICS DIFFERENTIELS :

– Testostérone totale > 1,5 ng/ml doit faire rechercher une tumeur ovarienne.

– SDHEA > 20 µmol/l doit faire suspecter une tumeur surrénalienne. 

– 17 OH Progestérone > 2 ng/ml doit faire rechercher un bloc en 21 hydroxylase par la réalisation d’un test au synacthène à 0,25 mg en IM et > 5 ng/ml affirme le diagnostic de déficit.

 

 APPORT DE L’AMH :

L’AMH est sécrétée par les petits follicules antraux.

C’est un marqueur établi de la réserve folliculaire, puisque son taux est corrélé à la quantité de follicules dans l’ovaire. Pour cette raison, il a été proposé comme critère de SOPK en substitut éventuel de l’échographie pelvienne.

Cependant, le dosage est perfectible et il n’y a pas de norme standardisée, du fait d’une dispersion très importante des valeurs dans la population témoin. De plus, il existe un pic d’AMH variable entre 16 et 25 ans qui pourrait faire évoquer à tort le diagnostic de SOPK.

Le taux d’AMH est élevé dans le SOPK, mais il n’est pas possible actuellement d’établir le seuil d’AMH affirmant le diagnostic de SOPK du fait de l’absence de standardisation des dosages d’AMH, et de l’insuffisance des données sur les taux d’AMH selon l’âge et l’ethnie étudiée, en particulier dans une population large de femmes normales.

3. Définition échographique :

C’est l’apport essentiel de l’échographie endovaginale, mais elle nécessite encore un consensus sur les paramètres échographiques utilisables comme critères de diagnostic.

La performance des échographes s’est considérablement améliorée ces 20 dernières années, permettant une bien meilleure visibilité des follicules antraux avec des sondes vaginales ayant des fréquences ≥ 8 MHz.

Le mode 3D permet, outre le calcul du volume ovarien, la mesure aisée du compte de follicules antraux (CFA).

* Le seuil “normal” de follicules ovariens chez une femme âgée de plus de 18 ans fait l’objet de débats, mais n’est clairement plus celui du consensus de 2003. Certains experts avaient évoqué un seuil de 25 sur au moins 1 des 2 ovaires. Le dernier consensus de l’ESHRE de 2018 a fixé le seuil à 20 follicules.

* Le seuil du volume ovarien comme limite supérieure reste inchangé, fixé à 10 ml.

L’échographie ovarienne permet de confirmer l’augmentation du volume ovarien (volume augmenté > 10 cmou surface > 6 cm2) et surtout de visualiser les nombreux petits follicules bloqués dans leur maturation ; leur nombre doit être de plus de 12 par ovaire, chacun mesurant moins de 9 mm.

Chez la femme jeune (moins de 35 ans) : il faut exiger plus de 20 follicules de moins de 9 mm ; ils représentent les “microkystes”, terme impropre qu’il faut expliciter à la patiente puisqu’il s’agit de follicules bloqués dans leur croissance.

Les critères secondaires : distribution périphérique des follicules, hypertrophie et hyperéchogénicité du stroma bien visible au centre de l’ovaire (qui est responsable de l’hypersécrétion d’androgènes). 

Il est évident que cet examen ne peut être performant que si cette évaluation (dosages et échographie) est faite avant ou à distance de tout traitement (2 ou 3 mois sans œstroprogestatif ou induction de l’ovulation). 

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Deux situations ne permettent pas d’utiliser les critères échographiques habituels : lorsque l’échographie endovaginale est impossible et chez l’adolescente.

– Lorsque l’échographie vaginale n’est pas possible, le critère du volume ovarien reste valable par voie sus-pubienne, mais le CFA n’est pas réalisable. Si pour des raisons techniques, par exemple en cas d’obésité, l’échographie sus-pubienne n’est pas précise, l’IRM est plus performante, y compris pour le volume ovarien (figure). L’IRM permet de décrire la morphologie de l’ovaire du SOPK : volume ovarien ≥ 10 ml, nombre de follicules < 9 mm avec un seuil non encore établi de façon formelle, et répartition périphérique des follicules.

L’IRM peut donc être un outil précieux, notamment en cas de trouble du cycle persistant chez la jeune fille en surpoids ou en cas d’hyperandrogénie.

– Cependant, dans le cas particulier de l’adolescente, en cas de cycles irréguliers isolés ou d’hyperandrogénie modérée, il n’est pas recommandé de se précipiter pour réaliser les investigations. S’il existe des signes en faveur du SOPK sans critère atteint ou en cas d’explorations incomplètes, le risque du SOPK peut être évoqué et sera à réévaluer environ 8 ans après la ménarche.

——

L’association spanioménorrhée ou aménorrhée, problème de stérilité, hirsutisme, obésité, taux hormonaux sériques anormalement élevés d’androgènes et/ou de LH, et la démonstration échographique de la présence d’ovaires polykystiques, sont les principales caractéristiques du SOPK.

Cependant, l’entier de la sémiologie ne doit pas nécessairement être présent pour en autoriser le diagnostic.

4. Facteurs étiologiques évoqués dans le SOPK :

– Facteurs mécaniques (cortex ovarien épaissi) ;

– Anomalie de la sécrétion des gonadotrophines hypophysaires (taux élevé de LH) ;

– Production excessive d’androgènes ovariens (testostérone, D4 androstènedione) ou surrénaliens (SDHEA) ;

– Résistance à l’insuline et hyperinsulinémie ;

– Hyperprolactinémie ;

– Facteurs génétiques ;

– Obésité et hyperestrogénie.

OPK physiologie

5. Physiopathogénie :

– La physiopathogénie du SOPK reste encore imprécise, mais l’insulinorésistance qui existe à des degrés variables (majorée par l’excès de poids) est dans tous les cas au centre du débat.

Une activation génétiquement programmée particulière du récepteur de l’insuline a été retrouvée dans environ 50 % des cas (phosphorylation du récepteur sur des radicaux sérines au lieu de tyrosines), expliquant l’insulinorésistance et le fonctionnement excessif d’une enzyme conduisant à l’hyperandrogénie (17-hydroxylase favorisant la formation de 17OH P à partir de la progestérone et 17-lyase entraînant la transformation du 17OH P vers la D4 androstènedione.

L’hyperinsulinisme induit une baisse de la protéine qui transporte les androgènes dans le sang, la SHBG, ce qui augmente la forme libre biologiquement active des androgènes et accroît l’hirsutisme.

– Des facteurs trophiques locaux : l’IGF1 (insulin-like growth factor de type 1), synthétisé dans l’ovaire joue probablement un rôle modulateur important de l’action des gonadotrophines.

– L’élévation de l’AMH témoin du capital folliculaire accru dans le SOPK contribue à freiner l’action de croissance folliculaire terminale liée à la FSH et à l’aromatase qui ne transforme plus correctement les androgènes en estrogène.

6. Approche diagnostique :

Dans le cadre de l’évaluation hormonale d’une hyperandrogénie, les valeurs de testostérone présentées ci-dessous à titre indicatif peuvent servir d’outil d’orientation diagnostique :

– T < 0,6 ng/ml : SOPK improbable,

– T entre 0,6-1 ng/ml : compatible avec un SOPK,

– T > 1,5 ng/ml : exclure une tumeur productrice d’androgènes.

Un taux de LH élevé avec une FSH normale oriente vers un SOPK. 

En pratique journalière gynécologique, l’association la plus fréquemment retrouvée est celle d’un problème de stérilité accompagné de troubles du cycle menstruel (dans 80 % des cas).

Dans ce contexte, une évaluation de la pilosité permettra de mettre en évidence un hirsutisme dans 60 % des cas, et une obésité dans 40 % des cas.

Une LH trop élevée se retrouve dans 40 % des cas, et un SDHEA augmenté dans 30 à 40 % des cas.

Qui plus est, un taux anormalement élevé de testostérone est un facteur évocateur du SOPK.

L’échographie endovaginale permet de confirmer le diagnostic d’ovaires micropolykystiques dans 90 % des cas : ovaires augmentés de taille, globuleux, présentant de nombreuses (> 10) formations liquidiennes périphériques de petite taille (< 7 mm), et un stroma hypertrophié et hyperéchogène.

Il est essentiel de faire le diagnostic de SOPK car :

– il s’agit d’une forme d’hirsutisme à rechutes nécessitant un traitement long ou répété ;

– l’insulinorésistance (qui existe même en l’absence de surpoids) entraîne une prise de poids qu’il va falloir combattre tout au long de la vie avec des conseils diététiques appropriés, une prescription de biguanides (hors AMM pour l’instant) et une activité physique soutenue et régulière ;

– l’insulinorésistance fait de ces femmes des sujets à haut risque cardiovasculaire (syndrome métabolique) : HDL-cholestérol bas, triglycérides élevés, hypertension artérielle, intolérance au glucose et, à terme, fréquence accrue de diabète de type 2, d’hypertension artérielle et de coronaropathie ;

– la découverte d’un diabète gestationnel est plus fréquente chez ces femmes ;

– la contraception doit être adaptée au terrain en évitant toutefois la micropilule progestative sur ce terrain de surpoids ou d’obésité qui laisse évoluer la LH élevée et l’hyperandrogénie ;

– Le THS de la ménopause doit aussi être adapté, en préférant l’administration d’estrogènes par voie cutanée et d’un progestatif sans effet métabolique.

Il faut différencier le SOPK d’un déficit en 21 hydroxylase, d’un syndrome de Cushing et d’une tumeur androgéno-sécrétante par un dosage de testostérone, de 17OH Progestérone et du cortisol libre urinaire (urines de 24 heures).

7. Problèmes liés à la fécondité pour la patiente atteinte du SOPK :

L’incapacité d’ovuler (produire et libérer un ovule) augmente les risques de stérilité chez la femme atteinte du SOPK.

Il existe de nombreux traitements destinés à provoquer l’ovulation chez la patiente atteinte du SOPK.

Si elle est obèse, des exercices vigoureux et un régime équilibré doivent constituer le point de départ de son traitement. Il a été démontré qu’une perte de 10-20 % du poids pouvait rétablir l’état ovulatoire normal de la patiente, même si elle ne retrouve pas son poids idéal.

Une autre solution consiste à provoquer l’ovulation par des médicaments, tels que le citrate de clomifène et/ou des injections de gonadotrophine.

En raison du lien existant entre la résistance à l’insuline et le SOPK, certains médicaments traditionnellement utilisés pour diminuer la résistance à l’insuline dans le traitement du diabète ont pu être utilisés avec succès pour provoquer l’ovulation chez la patiente atteinte du SOPK.

On a pu démontrer récemment que l’ovariotomie (destruction du tissu de l’ovaire) au laser au cours d’une cœlioscopie, représentait un moyen efficace d’inciter l’ovulation chez la patiente atteinte du SOPK.

8. Problèmes non liés à la fécondité pour la patiente atteinte du SOPK :

Le SOPK est un trouble qui persiste pendant toute la vie et comporte de nombreux problèmes non liés à la fécondité.

Les patientes qui ne traitent pas le SOPK peuvent développer une hyperplasie endométriale qui, si elle n’est pas traitée, peut évoluer en cancer.

Chez ces patientes il existe un risque accru d’anomalies du métabolisme lipidique : élévation des taux de cholestérol et de triglycérides (facteurs de risque cardiovasculaire) ; ceci est particulièrement vrai chez la patiente obèse présentant une résistance à l’insuline.

Le diabète de l’adulte (de type II) est plus fréquent chez la patiente atteinte du SOPK. En outre, la perte de poids semble plus difficile. Enfin, les troubles d’humeur sont courants.

En raison de la complexité de ce syndrome, une approche pluridisciplinaire (gynécologue, endocrinologue et nutritionniste) est souvent nécessaire pour traiter correctement les patientes SOPK.

AUTRES ANOMALIES DANS LE SOPK :

■ Insulinorésistance (26 à 70 % selon les études) :

▫ Diagnostic clinique :

– Acanthosis nigricans ;

– Surcharge pondérale ou obésité avec répartition androïde des graisses avec un tour de taille supérieur à 80 cm.

▫ Evaluation biologique : difficile

– Diminution de la SHBG ;

– Clamp euglycémique hyperinsulinique ?

– Simple dosage de glycémie et d ’insulinémie à jeun (10 mUI/ml si poids normal, 15 si obèse et 20-30 si IR) ;

– Rapport Glycémie/Insulinémie < 4,5 (validé si SOPK obèse, avec VPP de 87 %). 

■ Syndrome métabolique : au moins 3 critères :

– Tour de taille > 88 cm ;

– Triglycérides ≥ 1,5 g/l ;

– HDL-Cholestérol < 0,5 g/l ;

– TA ≥ 130 / ≥ 85 mmHg ;

– Intolérance au glucose (glycémie AJ : 1 -1,26 g/l), voire diabète de type 2. 

SOPK composantes du syndrome

9. Diagnostic différentiel du SOPK :

Il se pose surtout en cas d’hyperandrogénie.

1) En cas d’hyperandrogénie modérée :

Le diagnostic différentiel à rechercher est le bloc en 21-hydroxylase à révélation tardive dont la fréquence dans un groupe de femmes présentant un hirsutisme est estimée de 2 à 6 % selon les études.

Il est recherché par le dosage matinal de la 17-OHP en début de phase folliculaire.

Ce dosage doit être fait à distance de toute prise de glucocorticoïdes et même d’hydrocortisone.

Dans ces conditions, un taux de base > 10 ng/ml affirme le diagnostic.

En cas de 17-OHP inférieur à ce seuil, le test au Synacthène ® (ACTH) sur la 17-OHP est très utile, car il permet d’améliorer la sensibilité du diagnostic et d’affirmer le déficit en 21-hydroxylase non classique si le pic de 17-OHP est > 10 ng/ml.

Le diagnostic confirmé par les dosages hormonaux doit être complété par une analyse génétique. En effet, près de la moitié des patientes avec un bloc en 21-hydroxylase à révélation tardive sont porteuses d’une anomalie sévère d’un des allèles du gène CYP21B. Cette dernière, si elle est associée à un portage de mutation chez le conjoint, peut donner une forme sévère de cette maladie à la descendance, entraînant une insuffisance surrénale néonatale associée à une ambiguïté sexuelle, ce qui implique un conseil génétique obligatoire.

La mise en évidence d’une mutation sévère de CYP21B chez la femme consultant pour hyperandrogénie associée ou non à une infertilité implique donc de rechercher l’existence d’une mutation chez son conjoint (évaluée à 1/60) pour dépister le risque de forme sévère dans la descendance.

2) En cas d’hyperandrogénie sévère :

Il faut rechercher une cause tumorale, qui peut être ovarienne ou surrénalienne (responsable d’un hirsutisme sévère et récent, facilement distinguable de l’hirsutisme ancien et modéré du SOPK).

10. Traitement :

Le traitement sera adapté en fonction de la plainte principale de la patiente. 

1) En cas d’hirsutisme :

Il faut freiner l’excès de LH majorant l’hyperandrogénie.

L’acétate de cyprotérone (Androcur ®) en comprimés à 50 mg doit être prescrit 20 jours par mois, associé à un estrogène par voie cutanée pendant 20 jours.

Ce progestatif est à la fois antigonadotrope et antiandrogène. Il est donc contraceptif même à demi-dose (25 mg).

Son effet atrophiant sur l’endomètre et le vagin fait qu’en aucun cas il ne faut le prescrire isolément.

Des estrogènes doivent être associés par voie orale ou plus souvent cutanée du fait de l’insulinorésistance, surtout en cas d’excès de poids.

Aucun effet remarquable sur la pilosité ne devrait être espéré avant 9 mois, voire 12 mois de traitement continu.

La durée initiale du traitement est de 2 ans environ, mais on assistera souvent à une rechute de l’hirsutisme à l’arrêt avec nécessité d’une reprise.

Le traitement par Diane 35 ®, destiné au traitement de l’acné, peut être associé à un comprimé d’acétate de cyprotérone les 10 ou 15 premiers jours en l’absence de surpoids.

2) En cas de désir de grossesse :

La perte de poids préalable est indispensable pour accroître l’efficacité du traitement inducteur et diminuer les risques obstétricaux.

Une obésité requiert une éducation du mode alimentaire, parfois une psychothérapie de soutien, et il n’est pas rare qu’à une réduction significative du poids soit associé au retour de cycles menstruels réguliers.

Puis une stimulation par le citrate de clomifène (Clomid ®) permettra d’obtenir l’ovulation dans 80 % des cas, à condition d’adapter la posologie au poids et d’augmenter progressivement les doses jusqu’à 3 cp/j pendant 5 à 8 jours à chaque cycle.

Cette induction ne dépassera pas six cycles.

Alternativement ou en association, l’emploi d’un sensibilisateur à l’insuline (metformine) pour diminuer l’insulinorésistance démontre (hors AMM) une bonne efficacité comme inducteur de l’ovulation ou accroît l’efficacité du citrate de clomifène.

En cas d’échec de cet inducteur simple, il faudra envisager une induction prudente par les gonadotrophines : FSH recombinante (Puregon ®, Gonal ®).

En cas d’échec de ces méthodes d’induction d’ovulation, l’ovariotomie percœlioscopique (drilling ovarien) au laser peut donner des résultats intéressants analogues à la méthode historique de résection cunéiforme des ovaires sans en avoir les inconvénients (adhérences).

Après une année, le taux de grossesses est de 60 à 80 % ; les meilleures chances de succès sont présentes si la stérilité date de moins de 3 ans et un taux élevé de la LH plasmatique (sup à 10 MUI/ml).

La fécondation in vitro peut être proposée dans les anovulations ou les dysovulations graves.


Nb :

On dispose depuis peu d’une innovation à base de myo-inositol, de minéraux et de vitamines pour les femmes souffrant de SOPK.

Les inositols ne sont pas des vitamines, puisqu’ils peuvent être synthétisés par l’organisme.

Ils ont une fonction physiologique essentielle, puisqu’ils constituent le second messager de l’insuline au niveau du muscle et du foie. Or, dans le SOPK il existe une anomalie dans la transmission du message de l’insuline vers les cellules, qui rend compte de l’insulinorésistance.

Myo-inositol : compléments

On dénombre 9 stéréo-isomères des inositols, parmi lesquels deux jouent un rôle important mais bien différent, le D-chiro-Inositol (DCI) qui favorise la synthèse et le stockage du glycogène et le myo-inositol (MI) qui favorise la consommation de glucose.

La transformation du MI en DCI se fait entre autres au niveau de la cellule hépatique sous l’action de l’épimérase ; plus le taux d’épimérase est élevé, plus on augmente le taux de DCI et donc le stockage du glucose.  

L’activité de l’épimérase est stimulée par l’insuline.

Au niveau ovarien, le MI favorise l’ovulation et le développement des follicules.

La carence en MI est délétère pour la granulosa et l’ovocyte, tandis que l’excès de DCI diminue l’effet de la FSH, la croissance folliculaire et augmente l’AMH.

Dans le SOPK, l’augmentation de l’insuline provoque la transformation du MI en DCI, bloque l’ovulation et le fonctionnement ovarien. Dans le liquide folliculaire normal, on retrouve majoritairement du myo-inositol, tandis que celui des femmes atteintes de SOPK contient essentiellement du DCI.

Le DCI est aussi toxique pour l’ovocyte et l’embryon.

Divers essais ont été menés avec le myo-inositol.

Dans une métaanalyse, le MI/vitamine B9 améliore les cycles menstruels, les ovulations et le nombre de grossesses vs placebo. Si on le compare à la metformine, il se montre supérieur sur le nombre d’ovulations et de grossesses et améliore l’efficacité du FSH dans des essais randomisés.

L’association du MI au clomifène après échec de ce dernier permet de réduire les ovulations multiples, de diminuer la dose de clomifène et d’améliorer les inductions d’ovulation (y compris chez des femmes indemnes de SOPK).

Sur le plan endocrinien, la combinaison 40 mg de MI + 400 μg d’acide folique par jour améliore l’HGPO, la sensibilité à l’insuline, et diminue les taux de testostérone libre et totale.

Le myo-inositol a donc un impact positif, à la fois sur l’ovulation et l’insulinorésistance, et ne se limite donc pas à la prise en charge de la fertilité, puisque par son action métabolique l’amélioration de l’insulinosensibilité a pour objectif de réduire le risque de cancers et celui de maladies cardiovasculaires.

Dans le SOPK, on constate aussi un déficit en zinc, en chrome lié à la résistance à l’insuline, en vitamine D et des carences en vitamine B9 responsables d’une hyperhomocystéinémie, qui majore le risque cardiovasculaire.

On dispose maintenant de Zytolia ®, un produit à prendre en cure de 3 à 6 mois à raison de 2 sticks par jour, un le matin et un le soir, afin d’améliorer la biodisponibilité du myo-inositol et d’assurer une bonne couverture journalière.

Zytolia ® associe au myo-inositol (4 g), des vitamines D (5 μg) et B9 (400 μg), du chrome (25 μg) et du zinc (10 mg), dont l’objectif est de réduire la résistance à l’insuline, l’hyperinsulinisme, l’hyperandrogénie et de favoriser l’ovulation chez les femmes atteintes de SOPK.

La réduction pondérale, élément clef du traitement de fond du SOPK

– L’exercice physique et le régime alimentaire améliorent significativement tous les marqueurs de l’insulinorésistance, au niveau du métabolisme glucidique, du poids, du tour de taille, de l’IMC ainsi que les perturbations hormonales.

C’est la perte de poids et l’exercice physique qui constituent le seul traitement de fond de l’insulinorésistance et par conséquent du SOPK, mais on en connaît la difficulté.

– La metformine améliore la sensibilité à l’insuline en augmentant la consommation musculaire de glucose, tout en diminuant sa synthèse hépatique, mais l’observance thérapeutique n’est pas bonne du fait de sa mauvaise tolérance digestive.

Points clés

■ Le SOPK est un syndrome hétérogène avec une expression clinique allant de la forme peu symptomatique à la forme complète sévère.

Dans la très grande majorité des cas, le diagnostic est aisé en utilisant la définition issue du consensus de Rotterdam “corrigé” (seuil de follicules antraux), et après avoir pensé à rechercher le bloc en 21-hydroxylase responsable d’un tableau d’hyperandrogénie semblable au SOPK.

■ Les critères radiologiques (en échographie comme en IRM) ne sont pas fixés et peuvent évoluer avec les progrès technologiques.

L’IRM est intéressante, particulièrement dans les cas où l’échographie n’est pas performante (voie endovaginale non possible et obésité).

■ Le diagnostic peut être délicat chez l’adolescente et l’adulte jeune, où il faudra savoir l’évoquer sans certitude tout en rassurant, et réévaluer le tableau à distance. En effet, le risque de surdiagnostic existe particulièrement à cette période de vie et peut avoir des conséquences délétères. 

  • Hirsutisme
  • Aménorrhée secondaire
  • Syndrome métabolique ou syndrome d’insulinorésistance
Ovaire SOPK
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