Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en France, avec environ un tiers des cancers féminins.

C’est aussi, chez les femmes jeunes, l’une des premières causes de décès par cancer.

Sa principale force est sa localisation superficielle : la tumeur est accessible à l’examen clinique et à l’imagerie dès les stades précoces.

Le pronostic dépend avant tout de la taille tumorale et de l’atteinte ganglionnaire au diagnostic.

Rôle du médecin :

Tout prescripteur d’un traitement hormonal (contraception œstroprogestative, traitement hormonal de la ménopause) doit examiner les seins avant la prescription.

Les œstrogènes favorisent la cancérogenèse mammaire, et un cancer débutant doit être recherché avant leur introduction.

Diagnostic :

Le diagnostic repose sur trois étapes indissociables : l’examen clinique, l’imagerie (mammographie, échographie, et IRM dans certaines situations) et l’examen anatomopathologique, par microbiopsie ou cytologie.

L’histologie précise le type, le grade (SBR) et le statut biologique de la tumeur : récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone, statut HER2, index de prolifération Ki-67.

La classification retenue est la classification TNM, dans sa version de l’Union internationale contre le cancer (UICC).

Le bilan d’extension est adapté à chaque situation ; il n’est pas systématique : il est guidé par le stade clinique, les signes d’appel et le sous-type biologique.

Facteurs de risque :

Les principaux facteurs sont l’âge, les antécédents familiaux au premier degré, les mutations germinales BRCA1 et BRCA2, l’exposition prolongée aux œstrogènes endogènes ou exogènes, l’obésité après la ménopause, la consommation d’alcool, la densité mammaire élevée et les antécédents de radiothérapie thoracique.

Une consultation d’oncogénétique est indiquée lorsque les antécédents familiaux ou l’âge au diagnostic le justifient.

Dépistage :

En France, le dépistage organisé concerne les femmes de 50 à 74 ans, par mammographie tous les deux ans.

Le dépistage individuel reste possible en dehors de cette tranche d’âge ou pour les femmes à risque élevé, selon les recommandations en vigueur.

L’auto-palpation n’a pas démontré de bénéfice sur la mortalité, mais une femme qui découvre une anomalie doit consulter sans délai.

Pronostic et retard diagnostique :

Lorsqu’il est diagnostiqué à un stade précoce (tumeur de moins de 2 cm, sans atteinte ganglionnaire), le cancer du sein a un pronostic très favorable.

Les données publiées montrent que le diagnostic est souvent posé à un stade plus avancé dans les pays où le dépistage est peu structuré.

Ce retard diagnostique reste la principale marge de progression, et il justifie d’informer les patientes sur l’intérêt d’une consultation précoce.

Références :

– Institut national du cancer (INCa). Données et recommandations sur le cancer du sein.

– Haute Autorité de santé (HAS). Recommandations sur le dépistage et la prise en charge du cancer du sein.

– Union internationale contre le cancer (UICC). Classification TNM du cancer du sein, 8e édition.

– Haute Autorité de santé (HAS). Recommandations sur la prescription du traitement hormonal de la ménopause.

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