1. Définition :

L’androstènedione (Δ4-androstènedione) est un androgène faible d’origine mixte :

. Chez la femme : origine ovarienne (50 %) et surrénalienne (50 %), avec des variations selon les auteurs et les phases du cycle.

. Chez l’homme : origine essentiellement surrénalienne et testiculaire (contribution mineure).

. Après la ménopause : origine quasi exclusivement surrénalienne.

Elle se convertit en testostérone par la 17β-hydroxystéroïde déshydrogénase (17β-HSD) au niveau des tissus périphériques.

Elle constitue également le principal précurseur de l’estrone par aromatisation périphérique (notamment dans le tissu adipeux), ce qui explique l’hyperestrogénie relative de l’obésité et le risque endométrial post-ménopausique.

L’androstènedione est le principal précurseur androgénique d’origine gonadique chez la femme.

Son action androgénique propre est faible.

2. Physiopathologie :

On note une augmentation de l’androstènedione en cas de :

– Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

– Hyperplasie congénitale des surrénales (HCS), notamment par déficit en 21-hydroxylase (forme classique et non classique).

– Tumeur surrénalienne virilisante.

– Tumeur ovarienne sécrétante (thécome, tumeur de la granulosa, arrhénoblastome).

– Syndrome de Cushing.

– Hyperprolactinémie.

Nb : Bien qu’elle soit d’origine mixte, une élévation de la Δ4-androstènedione oriente préférentiellement vers une hyperandrogénie ovarienne, car la voie Δ4 (prégnénolone → progestérone → 17OH-progestérone → androstènedione) est la voie métabolique dominante au niveau ovarien, contrairement à la surrénale qui privilégie la voie Δ5 (DHEA).

3. Laboratoire :

Le dosage de l’androstènedione contribue au diagnostic d’une hyperandrogénie.

– Conditions pré-analytiques : prélèvement sur tube sec, conservé à +4°C, centrifugé et congelé rapidement. Le dosage doit idéalement être réalisé entre le 3e et le 5e jour du cycle (phase folliculaire précoce) chez la femme non ménopausée, afin de s’affranchir des variations liées au pic ovulatoire.

– Valeurs de référence (à confronter systématiquement aux normes du laboratoire effectuant le dosage) :

PopulationValeurs usuelles
Femme en âge de procréer0,6 – 3,1 ng/mL (2,1 – 10,8 nmol/L)
Femme ménopausée0,3 – 1,5 ng/mL
Homme adulte0,6 – 3,1 ng/mL
Noter cette page

Laisser un commentaire