1. La division cellulaire :

Chaque individu est constitué de près de 50.000 milliards de cellules organisées en tissus (tissu conjonctif, tissu épithélial, tissu nerveux, tissu musculaire) qui vont eux-mêmes former des organes (cœur, cerveau, poumon, peau…).

Chaque jour, au sein de chaque organe, des milliers de cellules vont se multiplier (par division cellulaire) et d’autres vont mourir. Ce renouvellement constant permet d’assurer le bon fonctionnement de l’organisme. Il est contrôlé par des milliers de gènes qui agissent ensemble pour « ordonner » aux cellules de se multiplier ou de mourir en fonction de la situation.

2. Une orchestration précise qui se dérègle :

Une agression extérieure (alcool, tabac, soleil, virus, radiations…) ou une prédisposition génétique peut être à l’origine d’altérations de l’ADN dont sont composés les gènes. Ces altérations vont parfois conduire à l’apparition de mutations. Heureusement, les cellules possèdent des systèmes de réparation qui permettent de repérer et de corriger ces anomalies.

Lorsque les mutations sont trop importantes pour être réparées, la cellule va s’autodétruire, par apoptose (éclatement). Mais parfois, ces systèmes de sécurité fonctionnent mal ou ne fonctionnent plus : la cellule va alors continuer à se multiplier malgré la présence de mutations non réparées. Si ces dernières touchent des gènes impliqués dans la régulation de la prolifération cellulaire ou de l’apoptose, la cellule peut rapidement se multiplier de manière incontrôlable, conduisant à la formation d’une tumeur.

Toutefois, en règle générale, une cellule ne devient pas cancéreuse lorsqu’elle possède une ou deux anomalies génétiques acquises. C’est l’accumulation de nombreuses altérations au cours du temps qui la conduit à acquérir les propriétés d’une cellule cancéreuse. Cela explique en partie pourquoi la fréquence des cancers augmente avec l’âge et avec la durée d’exposition à des agents mutagènes.

3. Caractéristiques d’une cellule cancéreuse :

Les cellules susceptibles de conduire à la formation d’un cancer présentent plusieurs particularités :

– elles sont immortelles : en se multipliant activement sans jamais mourir, elles s’accumulent pour former une tumeur ;

– elles n’assurent pas les fonctions des cellules normales dont elles dérivent : une cellule de cancer du sein ne va pas assurer les fonctions d’une cellule mammaire normale ;

– elles sont capables de détourner les ressources locales pour s’en nourrir : les tumeurs développent souvent un réseau de vaisseaux sanguins qui leur permet d’être directement alimentées en oxygène, énergie et facteurs de croissance. Ce processus est nommé néoangiogenèse ;

– elles sont capables d’empêcher les défenses immunitaires de l’organisme de les attaquer.

4. Evolution d’un cancer au sein de l’organisme :

Au fur et à mesure du temps, les cellules cancéreuses continuent à accumuler des anomalies. Elles acquièrent ainsi de nouvelles propriétés qui vont leur permettre de se développer localement. Elles vont finir par envahir tous les tissus de l’organe dans lequel elles sont nées, puis par atteindre les tissus voisins : à ce stade, le cancer est dit « invasif ».

Par ailleurs, certaines cellules tumorales peuvent devenir mobiles, se détacher de la tumeur et migrer à travers les systèmes sanguin ou lymphatique pour former une tumeur secondaire ailleurs dans l’organisme. On parle de métastase.

Les décès par cancer sont surtout dus aux dommages causés par les métastases.

C’est pourquoi il est important de diagnostiquer précocement la maladie, avant sa dissémination dans l’organisme.

 

Extraits de : FONDATION ARC POUR LA RECHERCHE SUR LE CANCER