1. Dépistage :

Les recommandations pour la pratique clinique de la Haute Autorité de santé (HAS) demandent de ne pas faire de dépistage d’infection par CMV en cours de grossesse par des sérologies maternelles.

En France, presque la moitié des femmes enceintes sont séronégatives. Environ 1 % fait une primo-infection à CMV en cours de grossesse.

Les infections secondaires sont possibles.

La moitié des infections maternelles est transmise aux fœtus, les plus graves étant les infections du premier trimestre.

La prévalence néonatale de l’infection à CMV est d’environ 0,5 %. Les atteintes symptomatiques en représentent 1/10.

Il est rare que le fœtus présente une atteinte symptomatique liée à cette infection.

Les circonstances de diagnostic d’une infection à CMV sont : infection maternelle découverte lors d’un dépistage sérologique (non recommandé), symptomatologie maternelle infectieuse, ou découverte d’une anomalie échographique lors des examens de dépistage

2. Diagnostic :

Dans la majorité des cas, l’infection à CMV ne va donner aucun symptôme, et dans ce cas, le risque possible mais rare est le développement de troubles auditifs dans l’enfance.

Les anomalies échographiques le plus souvent rencontrées dans l’infection à CMV sont :

– une ventriculomégalie,

– une échogénicité périventriculaire,

– des cavitations périventriculaires à la pointe des cornes occipitales ou temporales,

– une microcéphalie,

– une hémorragie intracrânienne,

– des hyperéchogénicités focales,

– des kystes périventriculaires,

– une giration anormale,

– une hyperéchogénicité des vaisseaux thalamiques (aspect en candélabre),

– un corps calleux hypoplasique,

– une anomalie de la fosse postérieure avec une méga grande citerne.

 

Au niveau viscéral, il convient de rechercher :

– un retard de croissance intra-utérin (RCIU), 

– un intestin hyperéchogène,

– une splénomégalie,

– une hépatomégalie,

– une ascite,

– une anasarque,

– un hydramnios.

Le diagnostic est confirmé par une amniocentèse à la recherche du virus.

En présence de signes échographiques, seule une sérologie CMV négative en IgG et en IgM élimine le diagnostic.

En cas de sérologie CMV positive, quelle que soit la date, une recherche de CMV dans le liquide amniotique peut être effectuée (possibles réactivations ou réinfections).

En l’absence de signes échographiques, la présence de CMV dans le liquide amniotique n’a pas de valeur pronostique mais uniquement une valeur diagnostique.

Dans l’hypothèse d’une séroconversion maternelle, particulièrement avant 20 SA, l’amniocentèse peut se discuter au cas par cas afin de guider la surveillance échographique diagnostique : tous les 15 jours si amniocentèse positive et ce jusqu’à 36 SA.

Si elle est réalisée, en l’absence de signe échographique, l’amniocentèse doit être faite après 21 SA, et 6 semaines après la date présumée d’infection maternelle.

La place de l’IRM dans la prise en charge des infections congénitales à CMV est discutée. Elle doit être réalisée s’il existe des anomalies extra-cérébrales, s’il existe des lésions cérébrales (surtout si elles sont discrètes) ou si un examen cérébral complet et fin ne peut être fait.

En cas d’échographie strictement normale, il a été montré que l’IRM est quasiment toujours normale.

En cas d’anomalies anatomiques cérébrales graves, l’IRM confortera le diagnostic mais ne changera pas le pronostic.

  • Infections à cytomégalovirus (CMV)
  • Cytomégalovirus (CMV) et grossesse

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