Les dosages hormonaux faisaient autrefois partie des examens complémentaires sur lesquels le médecin s’appuyait pour évaluer l’évolution de la grossesse. Ils ont été remplacés par d’autres explorations, au premier rang desquelles on retrouve l’échographie, le Doppler et le RCF.

En pratique courante, seules l’hormone gonadotrophine chorionique et l’estriol ont un intérêt.

1. Principales hormones utilisables pour la surveillance de la grossesse :

1) Hormones stéroïdes :

a) Estrogènes :

Le corps jaune gravidique secrète des taux croissants d’estrone et d’estradiol.

A partir du 3ème mois, la synthèse des estrogènes fait appel à l’unité fœtoplacentaire (tableau ci-dessous).

Faute de posséder l’équipement enzymatique nécessaire, ce n’est pas au niveau du placenta mais au niveau du foie, puis ultérieurement de la surrénale fœtale que s’effectue la 16 α-hydroxylation du S-DHEA. Le placenta assure ensuite l’aromatisation en estriol qui passe dans le compartiment maternel où il sera sulfo et glycuronoconjugué.

L’estriol trouvé dans le plasma et les urines maternelles reflète l’activité fœtoplacentaire et est donc un bon témoin du bien-être fœtal.

Il est secrété à des taux croissants de manière exponentielle tout au long de la grossesse avec un infléchissement à partir de la 36ème semaine.

On peut donc doser :

– Au cours du 1er trimestre :

. les estrogènes totaux dans les urines de 24 heures,

. l’estradiol plasmatique.

– A partir du 3ème trimestre, l’estriol :

. dans les urines de 24 heures,

. dans le plasma sous forme d’estriol total ou d’estriol non conjugué : il faut alors tenir compte des variations nycthémérales et de la dispersion des valeurs.

Ainsi ne sont considérées comme pathologiques que des chutes de 35 % pour l’estriolurie, 45 % pour l’estriol plasmatique par rapport à la moyenne des 3 jours précédents.

b) Progestérone :

La progestérone est synthétisée au niveau du placenta à partir du cholestérol d’origine maternelle. Elle est utilisée par le fœtus pour ses propres besoins en stéroïdes ou métabolisée par la mère et éliminée sous forme de prégnandiol dans ses urines. On peut doser :

– le prégnandiol dans les urines des 24 heures,

– la progestérone plasmatique,

dont les taux augmentent tout au long de la grossesse pour amorcer une légère chute au-delà de la 40ème semaine.

En pratique : il existe une grande dispersion des valeurs normales qui n’en fait pas un bon critère de la valeur fonctionnelle du placenta.

2) Hormones peptidiques :

a) Hormone chorionique gonadotrope (HCG) :

Son intérêt essentiel au cours du 1er trimestre pour le diagnostic et la surveillance de la grossesse a été déjà abordé (Cf “Diagnostic biologique de la grossesse“).

Des études récentes insistent sur l’intérêt des dosages d’HCG au début du 2ème trimestre ; des taux trop élevés pour l’âge de la grossesse seraient évocateurs d’anomalies chromosomiques.

b) Autres protéines :

– L’alphafœtoprotéine (α-FP) :

Il s’agit d’une α1-globuline spécifique synthétisée principalement dans le foie fœtal et qui est éliminée par voie urinaire dans le liquide amniotique et passe dans la circulation maternelle.

Elle peut être dosée :

. dans le liquide amniotique, son taux atteignant un maximum entre la 12ème et la 15ème semaine pour décroître ensuite,

. dans le sérum maternel où sa concentration maximale n’est atteinte qu’entre la 29ème et la 32ème semaine et diminue lentement jusqu’à terme.

– La ß1 SP1 glycoprotéine (SP1) :

Il s’agit d’une glycoprotéine d’origine placentaire qui peut être détectée dans le sérum maternel à partir du 7ème jour de la gestation. Les taux de SP1 augmentent rapidement jusqu’à terme.

2. Indications de la surveillance hormonale :

1) Au premier trimestre de la grossesse :

Le diagnostic biologique de la grossesse, le diagnostic des grossesses anormales (ectopiques, môlaires), le diagnostic et la surveillance des grossesses menacées reposent essentiellement sur le dosage des ß-HCG.

Le dosage de la progestérone plasmatique est parfois utilisé dans cette dernière indication.

2) Au deuxième trimestre :

– Le dosage d’α-FP a été proposé pour détecter :

. un défaut de fermeture du tube neural : spina bifida ou anencéphalie (taux anormalement élevés),

. des anomalies chromosomiques (taux anormalement bas).

– Le dosage de ß1 SP1 glycoprotéines entre 14 et 18 semaines serait également un indicateur d’anomalies chromosomiques ainsi que,

– Le dosage de ß-HCG entre 16 et 18 semaines retrouvé à des taux anormalement élevés en cas de trisomie 21, ce qui traduirait un décalage dans la maturation placentaire.

3) Au troisième trimestre :

Les grossesses compliquées d’HTA, de diabète, de RCIU ont longtemps été surveillées par des dosages répétés :

– d’estriol urinaire ou plasmatique permettant une appréciation du bien-être fœtal,

– du prégnandiol urinaire ou de progestérone plasmatique, afin d’étudier la fonction placentaire.

Actuellement, ces dosages ont vu leur intérêt se réduire pour des raisons d’efficacité et de commodité et ont été supplantés par l’échographie, la surveillance du RCF ou encore la vélocimétrie Doppler.

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