1. Définition du vaginisme :

Le vaginisme est un trouble sexuel complexe caractérisé par des contractions involontaires et douloureuses des muscles du plancher pelvien, rendant la pénétration sexuelle difficile, voire impossible.

Ces spasmes musculaires peuvent également empêcher l’insertion de tampons ou de spéculums lors d’examens gynécologiques.

2. Symptomatologie :

Les femmes atteintes de vaginisme décrivent souvent une sensation de “fermeture” ou de “blocage” au niveau du vagin, accompagnée de douleurs aiguës lors de la tentative de pénétration.

Certaines peuvent également ressentir une tension ou une contraction des muscles abdominaux, des cuisses ou des fesses.

Ce trouble peut avoir un impact significatif sur la vie sexuelle et affective de la patiente.

3. Epidémiologie et facteurs de risque :

Le vaginisme touche environ 1 % à 6 % des femmes en âge de procréer.

Bien qu’il puisse survenir à tout âge, il est plus fréquent chez les jeunes femmes, avec un pic d’incidence entre 20 et 40 ans.

Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés, notamment :

– antécédents de traumatisme sexuel (viol, abus sexuels) ou d’accouchement difficile,

– infections génitales récurrentes (candidoses, vaginites…),

– problèmes psychologiques tels que l’anxiété, la dépression ou des troubles de l’image corporelle,

– manque d’éducation sexuelle ou de communication dans le couple,

– certaines pathologies comme la vulvodynie ou l’endométriose.

4. Causes physiologiques et psychologiques :

Le vaginisme peut avoir des origines à la fois physiologiques et psychologiques, souvent intriquées.

1) Causes physiologiques :

D’un point de vue physiologique, le vaginisme résulte d’une hyperactivité des muscles du plancher pelvien, qui se contractent de manière réflexe et involontaire en réponse à la stimulation vaginale.

Cela peut être dû à des traumatismes physiques (accouchements difficiles, infections génitales récurrentes), des anomalies anatomiques ou des pathologies affectant la région pelvienne.

2) Causes psychologiques :

Sur le plan psychologique, le vaginisme peut être lié à des expériences négatives ou traumatisantes liées à la sexualité (abus sexuels, viol), à des croyances erronées sur la sexualité, à des problèmes de communication dans le couple ou encore à des troubles anxieux ou dépressifs.

Ces facteurs psychologiques peuvent entraîner une anticipation de la douleur lors des rapports sexuels, renforçant ainsi le réflexe de contraction musculaire.

5. Diagnostic du vaginisme :

Le diagnostic du vaginisme est principalement clinique, basé sur l’histoire médicale de la patiente et un examen physique.

1) Anamnèse :

Lors de la consultation, le médecin doit recueillir des informations détaillées sur les antécédents médicaux et sexuels de la patiente, notamment :

– début et évolution des symptômes,

– tentatives de pénétration (rapports sexuels, utilisation de tampons, examens gynécologiques),

– présence de douleurs, de spasmes musculaires ou de sensations de “blocage”,

– facteurs déclenchants (stress, anxiété…),

– historique d’infections génitales, de traumatismes ou d’abus sexuels,

– qualité de la vie sexuelle et du fonctionnement du couple.

2) Examen physique :

L’examen physique, réalisé avec le consentement de la patiente, permet d’évaluer l’état des organes génitaux externes et d’identifier d’éventuelles anomalies anatomiques ou signes d’infection.

Il comprend généralement :

– inspection visuelle de la vulve et du vagin,

– palpation douce de la région vulvo-vaginale pour détecter des zones sensibles ou douloureuses,

– test de la contraction des muscles du plancher pelvien (par exemple, en demandant à la patiente de serrer les muscles comme pour retenir ses urines).

Cet examen clinique permet d’écarter d’autres pathologies pouvant expliquer les difficultés de pénétration, comme une vulvodynie, une endométriose ou des infections génitales.

6. Prise en charge thérapeutique :

La prise en charge du vaginisme est multidisciplinaire et vise à traiter à la fois les aspects physiques et psychologiques du trouble.

1) Approche kinésithérapeutique :

La rééducation périnéale, réalisée par un kinésithérapeute spécialisé, joue un rôle central dans le traitement du vaginisme.

Elle comprend :

– exercices de relaxation et de décontraction des muscles du plancher pelvien,

– massages et étirements de la région vulvo-vaginale,

– utilisation progressive de dilatateurs vaginaux de tailles croissantes,

– conseils sur les techniques de respiration et de détente.

Ces exercices permettent de rééduquer les muscles pelviens, de diminuer la sensibilité et d’habituer progressivement le vagin à la pénétration.

2) Approche psychothérapeutique :

En parallèle, une prise en charge psychologique est souvent nécessaire pour traiter les aspects émotionnels et relationnels du vaginisme.

Différentes techniques peuvent être utilisées :

– thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour identifier et modifier les pensées et comportements inadaptés,

– thérapie sexuelle de couple pour améliorer la communication et l’intimité,

– hypnothérapie ou EMDR pour traiter les traumatismes passés,

– soutien psychologique individuel pour gérer l’anxiété, la dépression ou les troubles de l’image corporelle.

3) Autres traitements :

Selon les cas, d’autres traitements peuvent être envisagés, tels que :

– utilisation de lubrifiants et de crèmes anesthésiantes pour faciliter la pénétration,

– prise de médicaments anxiolytiques ou antidépresseurs, en complément de la prise en charge psychologique,

– injections de toxine botulique dans les muscles du plancher pelvien pour les détendre.

7. Pronostic et suivi :

Avec une prise en charge adaptée, le pronostic du vaginisme est généralement favorable. Cependant, le traitement peut être long et nécessiter la participation active de la patiente et de son partenaire.

Un suivi régulier avec l’équipe soignante (gynécologue, kinésithérapeute, psychologue) est essentiel pour évaluer les progrès, ajuster le traitement si nécessaire et prévenir les rechutes.

La communication ouverte et la confiance entre la patiente et les professionnels de santé sont des éléments clés pour une prise en charge réussie.

8. Conclusion :

Le vaginisme est un trouble complexe qui nécessite une approche globale, combinant des interventions physiques et psychologiques.

Les médecins jouent un rôle crucial dans le diagnostic, l’évaluation et la prise en charge de cette pathologie, en collaboration avec d’autres professionnels de santé.

Une compréhension approfondie des causes, des symptômes et des options thérapeutiques est essentielle pour offrir aux patientes un traitement efficace et leur permettre de retrouver une vie sexuelle épanouie.

Points clés

Le vaginisme se traduit par une impossibilité de pénétrer à l’intérieur du vagin : que ce soit pour mettre un tampon, un doigt, lors d’un examen gynécologique ou d’un rapport sexuel…  

Souvent associé à une “phobie panique” de la pénétration, les muscles du plancher pelvien se resserrent de manière réflexe dès lors que l’on s’approche ou tente d’y insérer un objet (tampon, doigt, spéculum, pénis…).

Cette contraction peut rendre la pénétration très douloureuse, voire impossible.

La vie sexuelle du couple est affectée, tout autant que la santé de la femme, puisque les examens gynécologiques sont impossibles à pratiquer.

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