1. Diagnostic :
Il repose sur l’absence totale d’activité cardiaque, après repérage précis de l’aire cardiaque dans le thorax fœtal.
Cette absence d’activité cardiaque doit être documentée au mode TM (temps-mouvement), qui permet un enregistrement objectif et reproductible de l’aire cardiaque, à valeur médico-légale.
Le Doppler couleur ou pulsé peut être utilisé en complément, mais le mode TM reste la référence pour affirmer et tracer l’absence de mouvement cardiaque.
Il est recommandé de confirmer le diagnostic par un second examen (ou, lorsque cela est possible, par un second examinateur), en particulier lorsque le diagnostic est porté de façon isolée ou à un terme précoce, avant d’annoncer la mort fœtale au couple.
Seule une très longue pause cardiaque peut en théorie induire en erreur ; son pronostic reste, quoi qu’il en soit, toujours péjoratif.
Les mouvements fœtaux actifs sont absents.
Dès la confirmation échographique du diagnostic : un bilan d’hémostase initial (NFS-plaquettes, TP, TCA, fibrinogène) doit être réalisé, conformément aux recommandations actuelles, avant d’engager la suite de la prise en charge.
2. Dans les formes vues tardivement :
Il existe :
– un retard de la biométrie par rapport au terme, si celui-ci est certain,
– un décollement cutané donnant le classique double contour céphalique, qui peut se prolonger au niveau du corps ; cet aspect, lié à la macération, doit être distingué d’un authentique hydrops fœtal préexistant au décès (anasarque d’origine anémique, infectieuse — notamment à Parvovirus B19 — ou cardiaque), qui constituerait alors un élément d’orientation étiologique à part entière et non un simple artefact post-mortem,
– un chevauchement des os du crâne,
– une plicature (angulation) du rachis,
– un épanchement liquidien intra-abdominal et intra-thoracique.
Compte tenu de l’importance de ces remaniements post-mortem, il est illusoire d’espérer identifier de façon fiable une éventuelle malformation associée sur ces formes tardives ; c’est précisément ce qui justifie l’intérêt de l’examen fœtopathologique et de l’analyse chromosomique par puce à ADN (ACPA) réalisés après l’expulsion (cf. chapitre « Conduite à tenir »).
Référence :
CNGOF, Consensus formalisé d’experts « Mort fœtale », Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie, 2024 ; recommandations européennes pour la pratique de l’échographie obstétricale.

