1. Définition :

Le lipome est une tumeur mésenchymateuse bénigne commune, composée exclusivement de tissu adipeux (graisse) mature et organisé.

– Nature : c’est la tumeur des tissus mous la plus fréquente chez l’adulte.

– Épidémiologie : affecte principalement les adultes entre 40 et 60 ans (rare chez l’enfant).

– Évolution : croissance lente, n’évolue pratiquement jamais vers la malignité (liposarcome).

2. Description et localisations :

Le lipome se présente comme une masse de consistance souple, souvent encapsulée (entourée d’une fine membrane fibreuse).

– Taille : généralement < 5 cm, mais il existe des « lipomes géants » (> 10 cm).

– Siège :

. Superficiel (Hypodermique) : Le plus fréquent (nuque, dos, bras, seins, cuisses).

. Profond : Plus rare, peut être intramusculaire, rétropéritonéal ou viscéral (tube digestif, mésentère).

– Nombre : Souvent unique. S’ils sont multiples, on parle de lipomatose (parfois associée à des syndromes génétiques ou métaboliques).

3. Examen clinique :

L’examen physique est souvent suffisant pour évoquer le diagnostic :

– Palpation : masse de consistance molle, élastique, aux contours réguliers et nets.

– Mobilité : très mobile par rapport au plan profond et à la peau (ne rétracte pas la peau).

– Sensibilité : généralement indolore. Une douleur peut signaler une compression nerveuse ou un type particulier (angiolipome).

– Signe cutané : la peau en regard est d’aspect normal (pas de rougeur, pas de chaleur).

4. Imagerie :

L’échographie est l’examen de première intention pour confirmer la nature graisseuse de la masse.

– Forme : masse ovale ou discoïde, bien limitée.

– Orientation : grand axe parallèle à la peau (« plus large que haut »), signe de bénignité.

– Échogénicité : le plus souvent iso-échogène à la graisse sous-cutanée adjacente (même gris), ce qui le rend parfois discret. Il peut être parfois discrètement hyperechoïque (plus blanc) ou hypo-échogène.

– Structure interne : homogène, avec de fines stries linéaires hyperéchogènes parallèles à la peau (cloisons conjonctives).

– Limites : présence habituelle d’une fine capsule hyperéchogène périphérique.

– Dynamique :

. compressible sous la pression de la sonde,

. doppler : avasculaire (pas de signal sanguin à l’intérieur).

– Classification (Sein) : classé généralement ACR 2 (bénin).

Note : Si la masse fait plus de 10 cm, est profonde, ou fixe : une IRM est indiquée pour éliminer un liposarcome.

5. Diagnostics différentiels :

Il est primordial de distinguer le lipome du :

– ganglion (adénopathie) : le ganglion est plus ferme, souvent situé dans des zones de drainage (aisselle, aine, cou). À l’écho, le ganglion a un centre blanc (hile) et une périphérie sombre, contrairement au lipome,

– kyste sébacé : plus ferme, souvent attaché à la peau avec un petit orifice central (punctum) et peut s’enflammer (abcès),

– cytostéatonécrose (nécrose graisseuse) : souvent post-traumatique ; à l’examen, elle peut être plus ferme et, en chirurgie, elle est friable et s’effrite (contrairement au lipome qui est cohérent),

– liposarcome : tumeur maligne ; à suspecter si la masse grossit très vite, devient dure, douloureuse, ou dépasse 10 cm.

6. Causes et étiologie :

– Origine : inconnue, mais résulte d’une prolifération anormale d’adipocytes.

– Facteurs favorisants :

. hérédité (prédisposition familiale),

. obésité (bien que la perte de poids ne fasse pas disparaître les lipomes),

. traumatismes locaux (parfois incriminés dans l’apparition d’un lipome).

7. Traitement :

La plupart des lipomes ne nécessitent qu’une simple surveillance.

– Indications opératoires : douleur, gêne fonctionnelle, augmentation rapide de taille, ou préjudice esthétique.

– Méthodes :

. Exérèse chirurgicale (lipectomie) : méthode de choix. On retire la masse et sa capsule. Permet l’analyse Anatomopathologique (systématique).

Risque de récidive faible si la capsule est retirée entière.

. Lipoaspiration : pour les gros lipomes. Avantage : cicatrice minime.

Inconvénient : risque de récidive plus élevé car la capsule reste en place.

. Injections in situ de corticoïdes : utilisées pour réduire la taille, sans chirurgie (résultats variables).

 

En résumé : un lipome est une « boule de graisse » typique par sa molesse et sa mobilité.

A l’échographie, il se fond dans la graisse normale mais se distingue par sa capsule et sa forme ovale parallèle à la peau.

Tout lipome retiré doit être analysé au laboratoire.

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