1. Introduction : Syndrome métabolique ou maladie métabolique ?

Le syndrome métabolique (ou syndrome d’insulinorésistance), individualisé il y a une trentaine d’années sous le nom de « Syndrome X », est aujourd’hui reconnu comme une affection fréquente et un enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale.

Point sémantique : Maladie métabolique ou Syndrome métabolique ?

Ces deux termes ne sont pas strictement synonymes :

– La maladie métabolique est un terme générique qui regroupe l’ensemble des désordres du métabolisme (diabète, obésité, dyslipidémies, mais aussi maladies enzymatiques héréditaires).

– Le syndrome métabolique désigne une entité clinique précise : une constellation spécifique d’anomalies glucidiques, lipidiques, vasculaires et pondérales interconnectées.

En résumé : tous les patients présentant un syndrome métabolique ont une anomalie métabolique, mais l’inverse n’est pas systématique.

Ce syndrome complexe, résultant de l’interaction entre un terrain génétique prédisposant et un mode de vie sédentaire, multiplie de manière significative le risque d’évènements cardiovasculaires majeurs et de diabète de type 2.

Une prise en charge globale et précoce est cruciale pour réduire sa morbi-mortalité.

2. Définition et critères diagnostiques (IDF) :

Le syndrome métabolique associe plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire : obésité abdominale, hypertension artérielle, dyslipidémie athérogène et dysglycémie.

Les critères diagnostiques de référence sont ceux établis par l’International Diabetes Federation (IDF) :

Le diagnostic est retenu devant la présence obligatoire d’un tour de taille élevé (témoignant d’une adiposité viscérale androïde) :

. > 94 cm chez l’homme (population européenne),

. > 80 cm chez la femme (population européenne),

ASSOCIÉ à au moins deux des quatre critères suivants :

. Triglycérides élevés : ≥1,70 mmol/L (≥ 1,50 g/L) ou traitement hypolipémiant spécifique.

. HDL-cholestérol bas : <1,0 mmol/L chez l’homme et chez la femme.

. Pression artérielle élevée : Systolique ≥ 130 mm et/ou Diastolique , ou traitement antihypertenseur documenté.

. Glycémie à jeun élevée : ≥ 5,6 mmol/L (≥ 1,00 g/L) ou diabète de type 2 diagnostiqué.

Habituellement, l’adiposité abdominale et l’hypertriglycéridémie précèdent les autres anomalies.

La libération massive d’acides gras libres (AGL) par la graisse viscérale vers le système porte stimule la synthèse hépatique de lipoprotéines riches en triglycérides (VLDL), modifiant secondairement le métabolisme du HDL et du LDL.

L’obésité abdominale constitue la partie émergée de l’iceberg d’une pathologie métabolique globale.

3. Épidémiologie :

– Au niveau mondial : 20 à 25 % de la population adulte présente un syndrome métabolique.

– Selon l’âge : La prévalence s’accroît avec le vieillissement, atteignant près de 40 % après 60 ans.

– Disparités géographiques : Elle touche près de 34 % des adultes aux États-Unis, entre 15 et 30 % en Europe, et environ 24 % en France.

Cette progression constante est directement corrélée à la transition nutritionnelle occidentale, à la sédentarité et à l’épidémie d’obésité.

4. Physiopathologie :

La physiopathologie associe des facteurs comportementaux, génétiques et cellulaires en une cascade d’événements intriqués :

[ Excès d'adiposité viscérale ]
↓ ↓
Lipotoxicité portale (Flux d'AGL)
Sécrétion de cytokines pro-inflammatoires
(↑ TNF-α, ↑ IL-6, ↓ Adiponectine)
↓
[ INSULINORÉSISTANCE SYSTÉMIQUE ]
↓ ↓ ↓
(Muscle strié)
↓ Captation glucose
(défaut GLUT-4)
(Foie)
↑ Gluconéogenèse
+ ↑ Sécrétion VLDL
(Endothélium)
Dysfonction vasomotrice (NO)
+ Rétention sodée tubulaire

1) Insulinorésistance et hyperinsulinisme compensatoire :

L’insulinorésistance correspond à la diminution de sensibilité des tissus périphériques (muscle strié, foie, tissu adipeux) à l’action de l’insuline.

Pour maintenir une glycémie normale, le pancréas compense par une hypersécrétion d’insuline : c’est l’hyperinsulinisme compensatoire.

À ce stade précoce, la glycémie à jeun peut rester longtemps dans les valeurs physiologiques.

À terme, l’épuisement progressif des cellules bêta-pancréatiques conduit à l’hyperglycémie et au diabète de type 2 avéré.

2) Inflammation de bas grade et dysfonction endothéliale :

L’expansion du tissu adipeux viscéral entraîne une hypoxie cellulaire et l’infiltration de macrophages pro-inflammatoires (M1).

Le tissu adipeux sécrète un excès d’adipokines délétères (TNF-α, IL-6, leptine) et réduit sa production d’adiponectine (molécule normalement insulino-sensibilisatrice et protectrice vasculaire).

Cet état inflammatoire chronique altère la vasodilatation dépendante du monoxyde d’azote (NO) et favorise l’athérogenèse.

3) Facteurs génétiques et épigénétiques :

Des polymorphismes touchant les récepteurs nucléaires PPAR-, les transporteurs GLUT-4 ou les enzymes de la lipogenèse modulent la susceptibilité individuelle à l’environnement sédentaire.

5. Complications et retentissement d’organes :

1) Maladies cardiovasculaires athéroscléreuses :

Le risque d’infarctus du myocarde, d’AVC ischémique et d’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) est multiplié par 2 à 3.

2) Diabète de type 2 :

40 à 50 % des patients présentant un syndrome métabolique non pris en charge évoluent vers un diabète de type 2 dans les 5 à 10 ans, avec l’apparition secondaire des microangiopathies (rétinopathie, néphropathie, neuropathie).

3) Stéatopathie métabolique (MASLD / MASH) :

L’accumulation ectopique de triglycérides dans les hépatocytes définit la stéatose hépatique métabolique (Metabolic dysfunction-Associated Steatotic Liver Disease, anciennement NAFLD).

Elle peut progresser vers la stéato-hépatite (MASH), la fibrose, la cirrhose et l’hépatocarcinome.

4) Retentissement gynéco-obstétrique et fertilité :

L’hyperinsulinisme agit directement au niveau des ovaires :

– Il stimule les cellules de la thèque ovarienne, augmentant la production d’androgènes (hyperandrogénie).

– Il diminue la synthèse hépatique de la SHBG, élevant la fraction libre active de testostérone.

– Il est au cœur de la physiopathologie du SOPK, de l’infertilité anovulatoire, et accroît le risque de fausses couches spontanées précoces, de pré-éclampsie et de diabète gestationnel.

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5) Autres atteintes associées :

– Syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS).

– Hyperuricémie et goutte.

– Sur-risque néoplasique (cancers colorectaux, du foie, du sein post-ménopausique et de l’endomètre).

6. Dépistage et démarche diagnostique :

Le dépistage doit être systématique chez les sujets à risque : obésité androïde, antécédents familiaux vasculaires ou diabétiques, patientes avec SOPK, ou antécédent de diabète gestationnel.

1) Examen clinique :

– Mesure standardisée du tour de taille (au milieu de la distance entre le rebord costal inférieur et la crête iliaque) et calcul de l’IMC.

– Mesure de la pression artérielle aux deux bras au repos.

– Recherche de stigmates cutanés d’insulinorésistance : acanthosis nigricans (plis du cou, aisselles) et acrochordons.

2) Bilan paraclinique de première ligne :

– Glycémie veineuse à jeun.

– Bilan lipidique à jeun (Triglycérides, HDL-C, LDL-C calculé).

– Bilan rénal avec rapport albuminurie/créatininurie sur échantillon urinaire.

– Transaminases (ALAT, ASAT) et score FIB-4 pour l’évaluation hépatique.

Note sur le HOMA-IR :

L’indice HOMA-IR (Glycémie à jeun [mmol/L] × Insulinémie à jeun [mUI/L] / 22,5) quantifie la résistance périphérique à l’insuline. Bien qu’il ne soit pas exigé pour la définition diagnostique IDF du syndrome métabolique, il conserve un intérêt d’évaluation fine, particulièrement dans l’exploration de l’infertilité anovulatoire et du SOPK.

7. Prise en charge thérapeutique multidisciplinaire :

L’objectif principal est la réduction du risque cardiovasculaire global et la prévention du diabète de type 2.

1) Modifications du Mode de Vie (MHD) : la première ligne absolue :

Les interventions non médicamenteuses constituent le socle du traitement :

– Prise en charge nutritionnelle :

. Modèle de type régime méditerranéen : réduction des acides gras saturés et trans au profit des acides gras mono-insaturés (huile d’olive, oléagineux) et des oméga-3.

. Privilégier les aliments à charge et index glycémiques bas, riches en fibres (légumineuses, céréales complètes).

. Réduction des glucides raffinés et des boissons sucrées (fructose industriel).

. Objectif pondéral : une perte durable de 7 à 10 % du poids initial normalise la sensibilité à l’insuline et réduit significativement la graisse ectopique hépatique et viscérale.

– Activité physique adaptée :

. Au moins 150 minutes par semaine d’activité d’endurance d’intensité modérée (marche rapide, natation, cyclisme).

. Complétée par 2 à 3 séances hebdomadaires de renforcement musculaire contre résistance, ce dernier stimulant la captation du glucose indépendamment de la voie de l’insuline (via l’AMPK musculaire).

– Sevrage tabagique, modération de l’alcool et amélioration de l’hygiène du sommeil.

2) Traitements médicamenteux ciblés :

Prescrits en cas d’insuffisance des MHD ou d’emblée selon le profil de risque :

– Régulation tensionnelle : Objectif < 130/80 mmHg. Les IEC ou les ARA II sont privilégiés en première intention pour leur neutralité glucidique et leur effet néphroprotecteur.

– Prise en charge lipidique :

. Statines en première ligne pour atteindre les cibles de LDL-cholestérol déterminées par le niveau de risque cardiovasculaire.

. Les fibrates (ex. Fénofibrate) restent réservés aux hypertriglycéridémies sévères (> 5 g/L) pour prévenir le risque de pancréatite aiguë.

– Gestion métabolique et dysglycémie :

. Metformine : Recommandée en cas de prédiabète résistant ou d’association à un SOPK.

. Agonistes des récepteurs du GLP-1 et co-agonistes (GIP/GLP-1) : Bénéfices majeurs sur la réduction pondérale, l’adiposité viscérale et la protection cardiorénale.

. Inhibiteurs du SGLT2 (Gliflozines) : Particulièrement indiqués en présence d’une atteinte rénale ou d’une insuffisance cardiaque.

8. Conclusion :

Le syndrome métabolique est le carrefour de la pathologie cardiovasculaire, diabétologique et reproductive. Son moteur physiopathologique demeure la résistance périphérique à l’insuline entretenue par l’excès de tissu adipeux viscéral.

Sa prise en charge repose avant tout sur l’engagement durable du patient dans la modification de son hygiène de vie (nutrition méditerranéenne et renforcement musculaire), appuyée si nécessaire par des thérapeutiques pharmacologiques ciblées.

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1. Introduction :

Le syndrome métabolique ou syndrome d’insulinorésistance, individualisé il y a une trentaine d’années, est actuellement identifié comme un syndrome fréquent.

Ce syndrome pose un problème de santé publique à l’échelle mondiale, avec une prévalence en constante augmentation.

Ce syndrome complexe, résultant de l’interaction entre des facteurs génétiques et environnementaux, représente un ensemble de facteurs de risque métaboliques étroitement liés, augmentant de manière significative le risque de développer des maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2.

Une prise en charge globale, combinant des modifications du mode de vie et un traitement médicamenteux ciblé, s’avère cruciale pour réduire la morbi-mortalité associée à ce syndrome.

2. Définition et épidémiologie :

Le syndrome métabolique se caractérise par l’association de plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire, dont l’obésité abdominale, l’hypertension artérielle, une dyslipidémie et une hyperglycémie.

Bien que les définitions aient légèrement évolué au fil du temps, les critères les plus communément utilisés sont ceux proposés par l’International Diabetes Federation (IDF) mis à jour en 2019.

Selon ces critères, le diagnostic de syndrome métabolique est retenu en présence :

• d’un tour de taille élevé (> 94 cm chez l’homme et > 80 cm chez la femme pour les populations européennes, correspondant à une inflation du tissu adipeux viscéral se traduisant par une obésité de type androïde), ASSOCIE à au moins deux des quatre autres critères suivants :

• Triglycérides élevés (≥ 1,70 mmol/L ou traitement spécifique).

• HDL-cholestérol bas (< 1 mmol/L chez l’homme et < 1,3 mmol/L chez la femme).

• Tension artérielle élevée (systolique ≥ 130 mm Hg et/ou diastolique ≥ 85 mm Hg ou traitement antihypertenseur).

• Glycémie élevée : ≥ 5,6 mmol/l à jeun (≥ 1 g/l) (donc pas nécessairement de l’ordre du diabétique).

Par exemple, une personne ayant un important tour de taille, un taux élevé de triglycérides et une hypertension recevra un diagnostic de syndrome métabolique.

Habituellement, le tour de taille élevé et l’élévation des triglycérides sanguins précèdent les autres caractéristiques.

En effet, la libération d’acides gras en provenance de la graisse abdominale favorise la production de lipoprotéines riches en triglycérides par le foie.

Il s’agit d’une des manifestations les plus précoces de l’installation du syndrome métabolique ou du diabète de type 2.

Ces lipoprotéines riches en triglycérides modifient le métabolisme des autres lipoprotéines, particulièrement celui du bon cholestérol (HDL) et du mauvais cholestérol (LDL).

Ainsi, l’obésité abdominale n’est que la pointe de l’iceberg d’une maladie qui affecte tout le corps.

Le syndrome métabolique : la phase silencieuse du diabète de type 2…

3. Epidémiologie :

Au niveau mondial, on estime que 20 à 25 % de la population adulte est touchée par ce syndrome.

Cette prévalence augmente avec l’âge, atteignant près de 40 % chez les sujets de plus de 60 ans.

Les chiffres sont particulièrement préoccupants dans certaines régions, comme les États-Unis où la prévalence atteint près de 34 % de la population adulte.

En Europe, les estimations varient de 15 à 30 % selon les pays.

En France, une étude menée en 2006 a relevé une prévalence de 24 % chez les adultes.

L’augmentation constante de la prévalence du syndrome métabolique s’explique principalement par la progression de l’obésité et du mode de vie sédentaire dans de nombreux pays. Cette tendance alarmante souligne l’importance d’une prise en charge précoce et adaptée de ces patients à haut risque cardiovasculaire et métabolique.

4. Physiopathologie :

La physiopathologie complexe du syndrome métabolique implique de nombreux mécanismes interconnectés, faisant intervenir des facteurs génétiques, environnementaux et comportementaux.

1) Insulinorésistance et hyperinsulinémie :

L’insulinorésistance, définie par une diminution de la réponse périphérique à l’insuline, constitue un élément central dans la genèse du syndrome métabolique. Cette résistance à l’action de l’insuline entraîne une hyperinsulinémie compensatrice, qui contribue à l’apparition des différents composants du syndrome.

L’insulinorésistance se manifeste notamment par une diminution de la captation du glucose par les tissus périphériques, en particulier le muscle squelettique. Cela conduit à une augmentation de la production hépatique de glucose et à une altération du métabolisme des lipides, favorisant ainsi l’apparition d’une dyslipidémie athérogène.

2) Inflammation et dysfonction endothéliale :

Le syndrome métabolique s’accompagne d’un état inflammatoire chronique de bas grade, lié à l’excès pondéral et à la sécrétion accrue de cytokines pro-inflammatoires par le tissu adipeux. Cette inflammation systémique contribue à la dysfonction endothéliale, elle-même impliquée dans le développement des complications cardiovasculaires.

Les adipokines, telles que la leptine et l’adiponectine, jouent un rôle majeur dans ces processus inflammatoires. Un déséquilibre entre ces différentes molécules, avec notamment une diminution de l’adiponectine, participe à l’installation de l’insulinorésistance et de la dysfonction endothéliale.

3) Facteurs génétiques :

Bien que le syndrome métabolique soit majoritairement lié à des facteurs environnementaux et comportementaux, tels que le surpoids, la sédentarité et les mauvaises habitudes alimentaires, les prédispositions génétiques jouent également un rôle important.

Plusieurs gènes ont été identifiés comme impliqués dans la régulation du métabolisme glucidique, lipidique et de la masse grasse. Des variations génétiques au niveau de ces gènes peuvent ainsi contribuer à la survenue du syndrome métabolique.

5. Complications et risques associés :

Le syndrome métabolique est associé à un risque accru de développer des complications cardiovasculaires et métaboliques sévères. Comprendre ces risques est primordial pour une prise en charge adaptée des patients.

1) Maladies cardiovasculaires :

Le syndrome métabolique est un facteur de risque majeur de développer des maladies cardiovasculaires athéroscléreuses (IDM, AVC, artériopathies périphériques).

Cette augmentation du risque cardiovasculaire s’explique par l’effet cumulé des différents composants du syndrome (dyslipidémie, hypertension, insulinorésistance, inflammation).

Les patients atteints de syndrome métabolique ont un risque 2 à 3 fois plus élevé de développer une maladie cardiovasculaire, par rapport à ceux ne présentant pas ce syndrome.

2) Diabète de Type 2 :

L’insulinorésistance augmente considérablement le risque de développer un diabète de type 2.

Environ 40 à 50 % des personnes atteintes de syndrome métabolique évolueront vers un diabète dans les 5 à 10 ans.

Le diabète de type 2, s’il n’est pas pris en charge de manière adéquate, peut à son tour favoriser l’apparition de complications micro et macrovasculaires sévères, telles que la rétinopathie, la néphropathie et la neuropathie diabétique.

3) Autres complications :

En plus des complications cardiovasculaires et diabétiques, ce syndrome est également associé à d’autres pathologies :

– stéatose hépatique non alcoolique, pouvant évoluer vers une cirrhose,

– syndrome d’apnées du sommeil, aggravant les troubles métaboliques,

– certains types de cancer (foie, côlon, sein, prostate),

– troubles cognitifs et démence.

Cette multitude de complications souligne l’importance d’une prise en charge globale et précoce du syndrome métabolique, afin de prévenir la survenue de ces affections graves.

6. Dépistage et diagnostic :

Compte tenu des risques élevés associés au syndrome métabolique, un dépistage systématique chez les populations à risque est fortement recommandé. Les principaux éléments à prendre en compte pour le diagnostic sont les suivants :

1) Anamnèse et examen clinique :

– recueil des antécédents familiaux et personnels (obésité, diabète, dyslipidémie, hypertension),

– évaluation du mode de vie (alimentation, activité physique),

– mesure du tour de taille et calcul de l’indice de masse corporelle (IMC),

– prise de la tension artérielle.

2) Bilan biologique :

– glycémie à jeun,

– dosage des triglycérides et du HDL-cholestérol,

– éventuellement, test de tolérance au glucose ou dosage de l’hémoglobine glyquée (HbA1c).

Il est important de noter que le diagnostic de syndrome métabolique ne repose pas sur un seul examen, mais sur l’identification de la présence concomitante de plusieurs facteurs de risque métaboliques, conformément aux critères de l’IDF.

Nb : « Le calcul du HOMA-IR (Homeostatic Model Assessment of Insulin Resistance) (glycémie à jeun × insulinémie à jeun / 22,5) permet de quantifier l’insulinorésistance en recherche, mais n’est pas recommandé en routine pour le diagnostic du syndrome métabolique. »

3) Facteurs de risque et populations cibles :

Certains groupes de patients sont plus à risque de développer un syndrome métabolique et doivent donc faire l’objet d’une attention particulière :

– patients en surpoids ou obèses, en particulier avec une obésité abdominale,

– patients avec antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires ou de diabète,

– patients atteints de pathologies favorisant le syndrome métabolique (SOPK, maladie de Cushing…),

– personnes âgées, en raison de l’augmentation de la prévalence avec l’âge.

Le dépistage doit être systématique chez ces populations à risque, afin de permettre une prise en charge précoce et adaptée.

7. Prise en charge thérapeutique :

La prise en charge du syndrome métabolique repose sur une approche globale, combinant des modifications du mode de vie et un traitement médicamenteux ciblé.

L’objectif est de réduire les facteurs de risque individuels et de prévenir ou retarder la survenue des complications.

1) Modifications du mode de vie :

Les changements du mode de vie permettent d’améliorer les différents paramètres du syndrome métabolique (obésité, dyslipidémie, hypertension, hyperglycémie) et de réduire significativement le risque cardiovasculaire.

Ils visent à agir sur les principaux facteurs de risque modifiables :

a) Alimentation :

– Adopter une alimentation équilibrée :

. riche en fruits, légumes et fibres,

. et pauvre en graisses saturées et en sucres raffinés.

– Favoriser les aliments à index glycémique bas.

– Favoriser la perte de poids en cas de surcharge pondérale ou d’obésité.

b) Activité physique :

– Pratiquer une activité physique régulière, avec un objectif d’au moins 150 minutes par semaine d’activité modérée.

– Privilégier les activités aérobies (marche, course, natation, vélo…).

– Encourager les activités de renforcement musculaire 2 à 3 fois par semaine.

c) Autres modifications :

– Réduire la consommation de tabac et d’alcool.

– Améliorer l’hygiène du sommeil et lutter contre le stress.

2) Traitement médicamenteux :

Lorsque les modifications du mode de vie s’avèrent insuffisantes, un traitement médicamenteux peut être nécessaire pour prendre en charge les différentes composantes du syndrome métabolique.

a) Antidiabétiques :

– Metformine : première ligne de traitement en cas de prédiabète ou de diabète de type 2 associé au syndrome métabolique.

– Agonistes des récepteurs du GLP-1 : effets bénéfiques sur le contrôle glycémique et la perte de poids.

– Inhibiteurs du SGLT2 : réduction du risque cardiovasculaire et de la progression de la néphropathie.

b) Hypolipémiants :

– Statines : traitement de première intention pour réduire le LDL-cholestérol.

– Fibrates : pour normaliser les triglycérides élevés.

– Ézétimibe : en complément des statines pour une meilleure efficacité.

c) Antihypertenseurs :

– Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) ou antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA II) : effets bénéfiques sur la fonction rénale.

– Diurétiques thiazidiques : en cas d’hypertension résistante.

– Bêta-bloquants : à utiliser avec précaution en raison du risque d’aggravation du diabète.

d) Antiagrégants plaquettaires :

Aspirine à faible dose : pour prévenir les événements cardiovasculaires chez les patients à haut risque.

Il est important de noter que le choix des traitements médicamenteux doit être personnalisé en fonction du profil de chaque patient et de la sévérité de ses facteurs de risque métaboliques.

e) Prise en charge multidisciplinaire :

Une approche multidisciplinaire, impliquant différents professionnels de santé, est essentielle pour une prise en charge optimale du syndrome métabolique :

– Médecin généraliste ou endocrinologue : coordination des soins et suivi global du patient.

– Diététicien : élaboration et suivi d’un plan alimentaire personnalisé.

– Spécialiste de l’activité physique : prescription et suivi d’un programme d’exercices adapté.

– Psychologue : prise en charge des aspects comportementaux et du stress.

Cette approche multidisciplinaire permet d’agir de manière holistique sur tous les aspects du syndrome métabolique, favorisant ainsi une meilleure adhésion et des résultats plus durables.

8. Conclusion :

Le syndrome de résistance à l’insuline réunit donc un ensemble de signes cliniques et d’anomalies métaboliques qui font partie des facteurs de risque cardiovasculaire.

Il représente un véritable défi de santé publique, avec une prévalence en constante augmentation à l’échelle mondiale.

Au centre de sa physiopathologie, la résistance à l’insuline du tissu adipeux viscéral et du muscle, qui se répercute sur le métabolisme hépatique joue certainement un rôle majeur.

Cependant, de très nombreux facteurs, liés à l’environnement, au sexe et au terrain génétique, interviennent.

Cette affection complexe, résultant de l’interaction entre facteurs génétiques et environnementaux, expose les patients à un risque accru de développer des complications cardiovasculaires.

La prise en charge repose en premier lieu sur les règles hygiéno-diététiques et la pratique régulière de l’exercice physique ainsi que sur le traitement des altérations métaboliques spécifiques.

 Insulinorésistance 

Lorsque les cellules du corps deviennent résistantes à l’insuline, elles absorbent mal le glucose, qui demeure en concentration élevée dans le sang. Le corps réagit en produisant encore plus d’insuline. Ainsi, la glycémie demeure normale, puisqu’il y a une surproduction d’insuline qui compense, mais à ce stade, la maladie est déjà bien avancée.

A long terme, le pancréas s’épuise et n’arrive plus à produire suffisamment d’insuline. La glycémie commence à s’élever et peut atteindre le seuil qui définit le diabète de type 2.

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Ce syndrome d’insulinorésistance s’observe avec prédilection chez les sujets sédentaires, en excès pondéral, avec répartition abdominale (androïde) du tissu adipeux.

Résultat de la rencontre d’une prédisposition génétique et du mode de vie et d’alimentation « occidentalisées », il représente un terrain fertile à l’éclosion de pathologies telles que le diabète de type 2, le risque coronarien et certaines hépatopathies non alcooliques (stéatose…).

Les habitudes alimentaires et de vie actuelles favorisent l’épidémie d’insulinorésistance, et maintenir sa sensibilité à l’insuline avec l’âge est de plus en plus difficile !

Est ce que maladie métabolique et syndrome métabolique désignent la même entité ?

Non, la maladie métabolique et le syndrome métabolique ne désignent pas la même entité. Voici les différences clés :

Maladie métabolique :

• Terme plus général qui regroupe un ensemble de troubles du métabolisme (diabète, obésité, dyslipidémie…).

• Peut être causée par des facteurs génétiques, environnementaux, lifestyle…

• Chaque maladie métabolique a ses propres caractéristiques et critères de diagnostic.

Syndrome métabolique :

• Ensemble de facteurs de risque qui augmentent le risque de développer des maladies cardiaques et le diabète de type 2.

• Critères de diagnostic spécifiques incluant l’obésité abdominale, la dyslipidémie, l’hypertension et une glycémie élevée.

• Le syndrome métabolique n’est qu’un sous-ensemble des maladies métaboliques.

En résumé, la maladie métabolique est un terme plus large, tandis que le syndrome métabolique désigne un ensemble particulier de facteurs de risque métaboliques.

Tous les patients atteints du syndrome métabolique ont une maladie métabolique, mais tous les patients avec une maladie métabolique n’ont pas nécessairement le syndrome métabolique.

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