Provoquée par un protozoaire très répandu, Toxoplasma gondii, la toxoplasmose acquise est une affection bénigne et même fréquemment inapparente.

L’infection toxoplasmique de la femme enceinte est dans la plupart des cas asymptomatique, mais elle peut être responsable d’atteinte fœtale grave.

La contamination humaine est liée au cycle parasitaire qui fait intervenir un hôte définitif (le chat) chez lequel se produit une multiplication sexuée du parasite, et de nombreux hôtes intermédiaires qui peuvent l’héberger (tous les êtres à sang chaud).

La transmission fœtale est inconstante ; elle est d’autant plus fréquente que la grossesse est plus avancée, alors que la gravité de l’atteinte évolue en sens inverse :

– pour une infection périconceptionnelle, le risque de transmission est très faible (de l’ordre de 1 %) ;

– au 1er trimestre : il est d’environ 5 à 15 % (grossesse pouvant aboutir à une fausse couche en cas d’atteinte sévère) ;

– au 2ème trimestre : le passage transplacentaire concerne environ une infection sur deux ;

– au 3ème trimestre : le taux de transmission atteint 60 à 80 %, sans jamais être considéré comme constant, y compris à l’approche du terme.

⇒ la période de risque combiné le plus préoccupant pour le fœtus (transmission déjà significative et gravité potentielle encore élevée) se situe entre la 10ème et la 24ème SA.

La prophylaxie basée sur les règles d’hygiène générales et les soins aux animaux domestiques est donc fondamentale.

La toxoplasmose congénitale représente actuellement la fœtopathie la plus fréquente et sa prévention repose sur le dépistage sérologique systématique pendant la grossesse, le diagnostic précoce et le traitement rapide de la toxoplasmose maternelle.

1. Rappel parasitologique :

1) Le parasite et son cycle :

Toxoplasma gondii fut découvert chez l »homme en 1908 par Darling et retrouvé en 1923 par Janku dans des kystes rétiniens d’un enfant hydrocéphale.

La toxoplasmose est due à un protozoaire, Toxoplasma gondii, parasite intracellulaire, connu sous 3 formes évolutives différentes : l’une végétative, les autres de résis­tance (kyste et oocyste).

– la forme végétative (ou trophozoïte ou tachyzoïte) ne s’observe que dans la phase aiguë du parasitisme ;

– le kyste est responsable de la contamination par ingestion de viande parasitée ;

– l’oocyste est responsable de l’autre mode de contamination : ingestion de crudités ou boissons souillées. 

 Le cycle de développement du toxoplasme comprend 2 phases :

– une phase sexuée se déroulant dans l’épithélium intestinal du chat, hôte spécifique et qui aboutit à la formation d’oocystes, évacués dans les fèces,

– une phase proliférative, asexuée, qui a lieu chez divers hôtes intermédiaires : oiseaux, mammifères y compris l’homme, aboutissant à la formation des kystes.

Chez l’homme le parasite peut persister longtemps sous forme de kystes, sans doute toute la vie, dans certains tissus privilé­giés comme les muscles striés et le système nerveux central.

2) Epidémiologie :

Il existe deux modes de contamination humaine qui correspondent chacun à une des formes de la maladie :

– la toxoplasmose acquise où l’infestation se fait toujours par voie digestive et résulte de l’ingestion de viande mal cuite d’animaux parasités contenant des kystes, mais aussi d’aliments ou de boissons souillés par des oocystes éliminés avec les déjections de chats parasités ;

– la toxoplasmose congénitale ne peut résulter que d’une toxoplasmose maternelle, par passage transplacentaire de trophozoïtes.

 La réceptivité maternelle est totale face aux primo-infections.

En revanche, l’affection laisse persister une immunité définitive protectrice qui élimine tout risque de nouvelle contamination (sujet immuno-compétent)….

2. Symptomatologie clinique :

1) Toxoplasmose acquise :

 Les formes inapparentes sont les plus nombreuses (80 % des cas) : 

– adénopathies cervicales (régions occipitale, jugulo-carotidienne, sus-claviculaire et trapézienne) perceptibles pendant 1 semaine,

– pas de fièvre.

C’est le cas le plus habituel pour les femmes enceintes non immunes qui se contaminent en cours de grossesse.

Formes subaiguës (15 à 20 % des cas) : après une incubation de quelques jours : triade symptomatique :

– adénopathies cervicales : généralement indolores, sans caractère inflammatoire,

– fièvre prolongée à 38 – 38,5 °C,

– asthénie d’importance variable, sans altération de l’état général.

Une hépatosplénomégalie peut être retrouvée.

Formes aiguës (très rares) : fièvre, lésions oculaires (choriorétinite), cardiaques, pulmonaires, neurologiques ; la phase septicémique se prolonge ⇒ excrétas virulents autorisant un contage direct (urine, larmes, lait, salive).

DANS 80 % DES CAS, ELLE EST ASYMPTOMATIQUE, NE SE TRADUISANT QUE PAR UNE SEROCONVERSION.

2) Toxoplasmose congénitale :

L’incidence de la toxoplasmose congénitale a fortement diminué en France au cours des dernières décennies, parallèlement à la baisse de la séroprévalence chez les femmes enceintes (de l’ordre de 20 à 25 % aujourd’hui, contre 40 à 50 % il y a vingt ans).

Les données de surveillance les plus récentes situent l’incidence actuelle autour de 0,2 à 0,3 pour 1000 naissances vivantes, soit environ 150 à 250 cas par an en France.

Elle reste néanmoins la fœtopathie infectieuse la plus fréquente, et sa prévention repose toujours sur le dépistage sérologique systématique pendant la grossesse.

C’est pendant la phase septicémique de la maladie, que les toxoplasmes peuvent coloniser le placenta qui fait relais ; à partir de là, possibilité de contamination fœtale.

Il s’agit donc d’une infection fœtale transplacentaire, la placentopathie précédant toujours la fœtopathie. 

Risque de contamination fœtale :

– il est faible en début de grossesse, mais s’il y a passage transplacentaire, le risque de toxoplasmose congénitale grave est élevé,

– il augmente progressivement au fil de la grossesse pour atteindre 60 à 80 % au 3ème trimestre ; dans ce cas, la toxoplasmose congénitale sera le plus souvent bénigne ou latente.

⇒ l’atteinte fœtale est grave entre la 10ème et la 24ème SA.

Aucun traitement ne permet de faire disparaître les lésions fœtales et néonatales déjà constituées en cas de transmission in utero ; en revanche, un traitement précoce et bien conduit réduit la fréquence et la sévérité des séquelles, en particulier oculaires, par rapport à l’absence de traitement.

La toxoplasmose congénitale peut se présenter sous 3 formes cliniques :

a) Toxoplasmose congénitale grave (si la contamination est précoce au 1er trimestre) : les formes cliniques sont très variables :

L’encéphalomyélite est la forme majeure, observée dès la naissance ; elle associe :

– des modifications de volume du crâne avec macrocéphalie et hydrocéphalie évolutive,

– des calcifications intracrâniennes (pathognomoniques de la toxoplasmose congénitale), 

– des manifestations neurologiques variées : troubles du tonus, crises convulsives, modification des réflexes, somnolence,

– des signes oculaires : microphtalmie et surtout choriorétinite pigmentaire caractéristique (80 %) (découverte au FO),

– des troubles végétatifs.

Ces formes sont de pronostic grave, elles peuvent entraîner un avortement, une mort in utero, une mort dans les mois qui suivent la naissance, ou entraîner des séquelles psycho-motrices et oculaires majeures (choriorétinite uni ou bilatérale).

b) La toxoplasmose généralisée : c’est la forme septicémique néonatale en rapport avec une contamination plus tardive au cours de la grossesse (fœtopathie). Elle associe à des degrés divers :

– une hypotrophie,

– un ictère néonatal,

– une hépatosplénomégalie,

– une atteinte hématologique (adénopathies…),

– des hémorragies au niveau des muqueuses…

L’évolution de ces formes généralisées est plus souvent mortelle. 

c) Toxoplasmose congénitale bénigne : reconnue à la naissance de l’enfant :

– formes oculaires pures : choriorétinite pigmentaire,

– formes neurologiques : crises convulsives,

– retard psychomoteur,

– augmentation trop rapide du périmètre crânien.

Toxoplasmose congénitale latente (80 % des cas) : 

L’enfant est indemne à la naissance mais il est porteur d’IgM.

Il risque de déclarer ultérieurement une toxoplasmose ; il s’agira le plus souvent de lésions oculaires (choriorétinite évolutive conduisant à la cécité) apparaissant après quelques années, mais aussi une épilepsie, ou à un retard psychomoteur.

3. Diagnostic sérologique :

La sérologie toxoplasmique est obligatoire en début de grossesse.
Elle permet de classer la patiente en deux situations :

– Séronégative : absence d’immunité → surveillance mensuelle jusqu’à l’accouchement + règles hygiéno-diététiques.

– Séropositive : immunité ancienne → pas de surveillance mensuelle.

En cas de séroconversion ou de profil IgG+/IgM+ : la datation de l’infection est indispensable. Elle repose aujourd’hui sur l’indice d’avidité des IgG et non sur la seule présence des IgM.

Nb : Pour l’interprétation détaillée des profils sérologiques, la cinétique des anticorps, les limites des IgM et les trois situations de certitude diagnostique : Cf chapitre spécial

4. Diagnostic prénatal :

Le but du diagnostic prénatal est le dépistage des fœtus infectés, mais aussi la prévention des séquelles par la mise en route de traitement complémentaire (association pyriméthamine- sul­famide) avant la naissance.

Ce dépistage de la toxoplasmose fœtale comprend la surveillance échographique et les examens biologiques.

1) Aspects échographiques fœto-placentaires : Cf chapitre spécial

2) Aspects biologiques :

Le diagnostic anténatal de la toxoplasmose congénitale a longtemps reposé sur l’analyse du liquide amniotique (amniocentèse) associée, au second trimestre, à celle du sang fœtal prélevé (cordocentèse) à partir de 20 SA. Cette dernière technique a l’avantage de permettre un diagnostic de quasi-certitude de l’atteinte fœtale et une prise en charge adéquate. 

Des prélèvements de sang fœta­l et de liquide amniotique sont pratiqués dès la 20ème semaine de grossesse comportant :

– l’étude sérologique avec dosa­ge des anticorps spécifiques IgM, IgA et IgG.

– et une recherche du parasite par :

. inoculation à la souris (résultat en 6 semaines),

. ou culture cellulaire (résultat en 8 jours),

. ou mieux encore, une tech­nique de biologie moléculaire, la PCR qui permet de détecter les gènes amplifiés du toxoplas­me (résultat dans la journée).

a) Analyse du sang fœtal :

Il recherche le toxoplasme par inoculation à la souris, culture cellulaire et PCR, et les signes biologiques indirects évocateurs d’une réponse fœtale à l’infection :

– néosynthèse d’anticorps d’origine fœtale : IgM spécifiques ;

– signes non spécifiques : augmentation des Ig totales, hyperleucocytose, hyperéosinophilie et thrombopénie, élévation des gamma GT et de la lacticodéshydrogénase (LDH).

Il faut rappeler que l’interprétation de ces résultats demande une pureté de sang fœtal absolue.

Toutefois, la ponction de sang fœtal au cordon n’est pas dénuée de risque, même réalisée de manière rigoureuse dans les mains d’opérateurs expérimentés : 0,8 % d’avortement spontané, 5 % d’accouchement prématuré et 1,1 % de MIU.

Récemment, compte tenu de l’existence de ces complications et grâce au développement et à l’optimisation de la technique PCR, ces auteurs s’accordent pour affirmer que l’amniocentèse s’avère suffisante au diagnostic, et ce avec un risque moindre pour le fœtus.

b) Amniocentèse (prélèvement du liquide amniotique) +++ :

Tenant compte à la fois des risques de fausses couches liés à ce geste, du cycle parasitaire et du délai de transmission, l’analyse est pratiquée après 18 SA, et au moins 4 à 6 semaines après la séroconversion :

– recherche du parasite par PCR,

– test d’inoculation à la souris : cette dernière technique est conservée car elle peut être positive lorsque la quantité de parasite est faible et elle permet l’isolement et la conservation des différentes souches de Toxoplasma gondii.

5. Traitement : Cf chapitre spécial

6. Conduite à tenir chez le nouveau-né :

Un bilan néonatal à l’accouchement est à réaliser à chaque fois qu’il y a eu séroconversion maternelle (quel que soit le résultat du diagnostic prénatal). En effet, il existe des diagnostics tardifs d’infection congénitale.

Prélèvement :

. du sang du cordon pour la sérologie : recherche d’IgM (non transmissibles, synthétisées par le fœtus, traduisant son atteinte) et pour inoculation à la souris,

. du placenta : pour examen histologique et parasitologique (culture et PCR) (Conserver le placenta à + 4 °C),

 examen clinique du nouveau-né : en particulier neurologique,

 bilan biologique : 

. NFS-plaquettes, bilirubine, gamma-GT, LDH,

. sérologie de toxoplasmose sur sérum du nouveau-né (recherche d’IgM) (à répéter).

 échographie transfontanellaire,

 radiographie du crâne, éventuellement un scanner cérébral, un EEG, 

 fond d’œil (FO), 

 ponction lombaire (à réserver aux enfants chez qui la toxoplasmose est prouvée) : 

. examen cytochimique,

. recherche d’anticorps antitoxoplasmiques,

. mesure de la charge immunitaire.

Ces examens sont d’une grande importance, car ils permettent, dans la grande majorité des cas, de corriger les résultats faussement négatifs du diagnostic anténatal.

L’interprétation des résultats permet de constater que :

 soit la sérologie ne met en évidence que des anticorps transmis (IgG) ⇒ la surveillance mensuelle est nécessaire jusqu’à négativation des IgG ;

 soit la sérologie met en évidence des IgM, ou la charge immunitaire s’élève ⇒ elle atteste une ATTEINTE FŒTALE.

>>> Dans le doute, il faut traiter l’enfant dès la naissance.


A la naissance, les résultats bio­logiques ne permettent pas tou­jours de différencier les enfants atteints de toxoplasmose congénitale ; dans tous les cas, le trai­tement sera envisagé dès la naissance : par la spiramycine (100 mg/kg/j) car il vaut mieux traiter un enfant indemne plutôt que laisser évoluer une toxoplasmose congénitale avec des lésions oculaires irréver­sibles, le pronostic étant lié à la précocité du traitement.

Les résultats des sérologies nous mettront face à 3 situations :

– 1ère situation : nouveau-né indemne de toxoplasmose congénitale :

à la naissance absence, d’IgM et d’IgA dans le sang du cordon, ainsi qu’au contrôle du 10ème jour.

– Le suivi sérologique montre une chute régulière des IgG de moitié tous les mois puis négati­vation vers le 6ème mois qui corres­pond à une élimination des anti­corps maternels transmis ; le traitement par la spiramycine est interrompu à la négativation totale des IgG.

La disparition des anticorps spécifiques maintenue au moins deux mois, après l’arrêt du traitement, élimine une toxoplasme congénitale.

– 2ème situation : toxoplasmose congénitale patente :

Les examens cliniques et paracli­niques font le diagnostic, la séro­logie ne fait que le confirmer.

– 3ème situation : toxoplasmose congénitale infraclinique patente :

Les nouveau-nés sont clinique­ment indemnes à la naissance, le diagnostic sérologique est capi­tal dans ce cas.

En effet, la détection d’IgM et d’IgA dans le sang du cordon est témoin d’une toxoplasmose congénitale, le contrôle du 10ème jour le confirmera. Le suivi de la courbe des IgG spécifiques est très important, des IgG qui res­tent stationnaires ou qui s’élè­vent après une légère chute signalent une atteinte congéni­tale.

La confirmation du diagnostic impose la mise en route de trai­tement complémentaire. Les protocoles actuellement admis comprennent :

– une association de pyriméthamine (Mal­ocide ®) + sulfamide (sulfadiazine ou sulfadoxine) avec supplémentation en acide folinique.

La tolérance hématologique semblant meilleure, la sulfadoxine est actuellement préférée, d’autant que son administration en une prise hebdomadaire améliore l’observance thérapeutique.

– Le traitement doit être conduit selon des cures de 3 semaines par trimestres alternés avec la spiramycine, durant toute la pre­mière année.

En général, le traitement est poursuivi pendant une durée variable de 1 à 2 ans.

L’arrêt ou la reprise des cures doivent être discutés en fonction du suivi clinique et sérologique.

Surveillance post-natale :

L’examen sérologique du 10ème jour après la naissance est très important ; en effet le sang du cordon peut être souillé par le sang maternel, de plus il permet de confirmer le premier résultat.

La surveillance biologique reste très importante, elle doit être maintenue longtemps après la naissance afin de dépister des formes tardives.

Les sérologies sont pratiquées tous les mois durant la première année, puis tous les 4 mois jus­qu’à stabilisation du taux des anticorps.

L’examen du fond d’œil doit être répété tous les 6 mois jusqu’à 3 ans et contrôlé à l’âge scolaire et à la puberté.

L’âge où le risque de chorioréti­nite est maximal. 

 

 Ultérieurement, compte tenu du risque d’apparition de lésions rétiniennes ou neurologiques au cours de la vie : un suivi postnatal prolongé devra être organisé en s’aidant de la collaboration des parents, du médecin de famille et du pédiatre.

Ce suivi durera plusieurs années pour les enfants infectés et pourra être interrompu au-delà de 18 mois chez les enfants qui s’avéreront sérologiquement négatifs.

NB : Les kystes oculaires peuvent rester quiescents pendant des années (20, 30…) et un jour se réveiller en entraînant une toxoplasmose oculaire.

7. Conclusion :

Toute femme en âge de procréer doit connaître son immunité vis-à-vis de la toxoplasmose.

Les difficultés du diagnostic de la toxoplasmose aussi bien clinique que sérologique font que la meilleure attitude consiste à effectuer une sérologie avant toute grossesse, ce qui évitera les problèmes de datation.

En l’absence de vaccin, la prévention ne repose actuellement que sur des règles hygiéno-diététiques.

Le dépistage sérologique mensuel jusqu’à l’accouchement de toutes les femmes non immunisées doit permettre de repérer et de dater le début de la séroconversion. Dans l’attente des résultats, le début précoce d’un traitement par la spiramycine limite le passage transplacentaire du parasite.

Depuis le développement du diagnostic anténatal, la mise en évidence d’une atteinte fœtale conduit à modifier la thérapeutique en préférant une association parasitocide nécessitant une surveillance maternelle spécifique.

Récemment les progrès du diagnostic biologique, et en particulier l’avènement de la technique PCR remettent en cause les stratégies diagnostiques existantes au profit de l’amniocentèse isolée, technique la plus simple et à moindre risque pour un opérateur expérimenté.

Le traitement in utero ainsi adapté a permis d’éviter un grand nombre d’interruptions de grossesse abusives, cette dernière solution ne devant aujourd’hui être proposée qu’en cas de lésions organiques décelées lors de la surveillance échographique de niveau III et régulière qui est de rigueur.

Que dire aux parents sur les conséquences d’une infection fœtale à Toxoplasma gondii

– Les signes de fœtopathie sont d’autant plus fréquents et sévères que la transmission des parasites est précoce.

Les infections transmises lors de la première moitié de la grossesse peuvent entraîner des morts ou des fœtopathies graves associant hydrocéphalie, calcifications intracrâniennes et choriorétinite.

Si l’infection survient en fin de grossesse, elle est le plus souvent infraclinique ou bénigne (choriorétinite périphérique ou calcifications cérébrales sans retentissement neurologique).

– Au total, près de 80 % des enfants infectés n’ont à la naissance aucun signe clinique, mais la majorité subirait des réactivations de leur infection, essentiellement oculaires (choriorétinite) en l’absence de traitement.

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Conseils pour les patientes : prévention de la toxoplasmose 

Prise en charge d'une séroconversion toxoplasmose chez la femme enceinte

💊 Traitement parasitostatique par MACROLIDES
Spiramycine (Rovamycine®) 3 M UI x 3/jour
(Diminue de 50 % le risque de passage transplacentaire)
💉 AMNIOCENTÈSE
Après 18 SA ET au moins 4 semaines après le début de l'infection
🔬 PCR Négative (-)
Traitement : Monothérapie
(Poursuite Spiramycine seule)

👀 Surveillance échographique mensuelle
👶 Surveillance postnatale
🔬 PCR Positive (+)
Traitement : Bithérapie
(Pyriméthamine + Sulfadiazine + Acide folinique)

👀 Surveillance échographique tous les 15 jours
👶 Surveillance postnatale
+ Traitement curatif de l'enfant

Cinétique des IgG : Diagnostic de la Toxoplasmose Congénitale (TC)

✅ Enfant indemne
Disparition des anticorps maternels IgG Temps 9 mois
La courbe montre la chute régulière (demi-vie) des IgG transmises passivement par la mère à travers le placenta. La disparition totale vers 9 mois prouve que l'enfant n'est pas infecté.
⚠️ Enfant atteint de TC
Néo-synthèse d'anticorps par l'enfant IgG Temps 4 mois 1 an
On voit bien la chute initiale (anticorps maternels), suivie de l'effet rebond (la remontée de la courbe). Ce rebond prouve que le système immunitaire de l'enfant a pris le relais et fabrique ses propres anticorps (néo-synthèse) car le parasite est présent. Le taux reste ensuite en plateau pour la vie.
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