Les tuméfactions kystiques de la vulve sont fréquentes et le plus souvent bénignes.
Leur diagnostic repose avant tout sur l’examen clinique, complété si besoin par une exérèse à visée diagnostique et thérapeutique.
Il convient de garder à l’esprit les diagnostics différentiels d’une tuméfaction vulvaire : hernie inguinale, adénopathie, lésion tumorale solide, avant de conclure à un kyste bénin.
1. Kyste de la glande de Bartholin : Cf chapitre spécial
2. Kystes épidermiques (à tort appelés « kystes sébacés ») :
Ils se voient sur la face cutanée de la grande lèvre, sous forme de nodules sous-cutanés remplis d’un contenu kératosique jaunâtre.
Il s’agit, dans la grande majorité des cas, de kystes épidermiques d’inclusion, et non de véritables kystes des glandes sébacées, dont l’atteinte vulvaire est rare.
– Pris entre le pouce et l’index et mis sous tension, la coloration jaunâtre du contenu est bien visible par transparence.
– Le traitement de référence est l’exérèse chirurgicale complète de la paroi kystique, sous anesthésie locale.
La simple ponction ou l’incision évacuatrice à l’aiguille n’est pas recommandée : elle expose à un risque de récidive quasi constant, faute d’exérèse de la paroi, ainsi qu’à un risque de surinfection secondaire.
3. Kystes mucineux du vestibule :
Ils se développent au niveau du vestibule vulvaire, à partir de résidus des glandes vestibulaires mineures.
Ils sont le plus souvent asymptomatiques, de découverte fortuite.
– Ils mesurent environ 1 cm de diamètre, de consistance kystique, de couleur jaune pâle.
– L’exérèse chirurgicale permet à la fois la confirmation diagnostique et le traitement.
4. Kystes endométriosiques de la vulve :
Ils résultent de la greffe de tissu endométrial lors d’un accouchement, d’une épisiotomie, ou d’une intervention vaginale réalisée en période prémenstruelle.
– La lésion se reconnaît à son aspect bleuté caractéristique, à son augmentation de volume pendant les règles, et aux douleurs qui s’intensifient de façon cyclique, calquées sur le cycle menstruel.
– L’exérèse chirurgicale complète permet à la fois le diagnostic histologique et le traitement.
5. Kyste du canal de Nuck :
Plus rare, il correspond à la persistance du canal péritonéo-vaginal chez la femme, équivalent embryologique de l’hydrocèle chez l’homme.
Il se présente comme une tuméfaction kystique de la grande lèvre ou de la région inguinale, pouvant faire discuter une hernie inguinale associée.
L’exérèse chirurgicale confirme le diagnostic et évite la récidive.
Points de vigilance communs :
– Toute tuméfaction kystique vulvaire atypique, indurée, fixée, ou d’évolution rapide doit faire évoquer une lésion tumorale et conduire à une exérèse à visée diagnostique plutôt qu’à une simple surveillance.
– La ponction à l’aiguille, quelle que soit la nature présumée du kyste, n’est pas un geste diagnostique ni thérapeutique fiable et expose à la récidive et à l’infection.
Références : CNGOF, HAS, CIRC.