La vaccination contre les papillomavirus (HPV) est recommandée et remboursée pour les adolescentes depuis 2007, et pour les garçons depuis janvier 2021.
1. Vaccins disponibles :
Il existe deux types de vaccins contre les HPV en France :
– GARDASIL 9 ® : vaccin nonavalent (HPV 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58).
Les génotypes 16 et 18 sont responsables d’environ 70 % des cancers du col ; avec les 5 autres génotypes oncogènes couverts (31, 33, 45, 52, 58), la protection théorique atteint environ 90 % des cancers liés aux HPV.
C’est le vaccin de référence pour toute nouvelle initiation.
– CERVARIX ® : vaccin bivalent (HPV 16, 18). Il reste commercialisé mais n’est plus utilisé pour initier une nouvelle vaccination. Il n’est utilisé que pour terminer un schéma déjà commencé avec ce vaccin (les deux vaccins ne sont pas interchangeables). Il est réservé aux filles uniquement.
2. Public concerné :
– Vaccination recommandée et remboursée pour tous les adolescents, filles et garçons, de 11 à 14 ans révolus.
– Vaccination réalisable en milieu scolaire (campagnes organisées, notamment en classe de 5ème depuis l’automne 2023) ou en médecine de ville (médecin traitant, centre de vaccination, infirmier·ère).
– Rattrapage : depuis le 9 décembre 2025, le rattrapage est recommandé et remboursé pour toutes les personnes de 15 à 26 ans révolus, quel que soit le sexe ou l’orientation sexuelle.
3. Schéma vaccinal :
| Situation | Nombre de doses | Schéma |
|---|---|---|
| Vaccination initiée entre 11 et 14 ans révolus | 2 doses | Espacées de 5 à 13 mois (idéalement 6 mois) |
| Vaccination initiée à partir de 15 ans (rattrapage jusqu’à 26 ans révolus) | 3 doses | 0 – 2 – 6 mois |
A savoir : Chez les adolescents de 11 à 14 ans, un schéma à dose unique peut être envisagé dans certains contextes (notamment en campagne de rattrapage ou si la 2ème dose est administrée trop tardivement), mais le schéma de référence reste celui à 2 doses.
4. Cas particuliers : statut vaccinal antérieur
Une personne qui a bien reçu ses 2 doses avant 15 ans et dont le statut vaccinal est clairement documenté n’a aucune indication pour se faire revacciner. Elle est déjà bien protégée.
Le terme « indépendamment du statut vaccinal antérieur » (dans la recommandation du rattrapage jusqu’à 26 ans) vise principalement deux situations :
– Personnes ayant commencé une vaccination sans la terminer (ex : 1 seule dose reçue puis abandon). Elles peuvent recommencer le schéma complet.
– Personnes dont le statut vaccinal n’est pas documenté ou est flou (dossiers incomplets ou introuvables). Le médecin peut décider de reprendre le schéma à zéro pour ne pas laisser la personne potentiellement non protégée.
5. Contre-indications :
– La seule contre-indication formelle est une réaction anaphylactique (allergie sévère) à un composant du vaccin ou à une dose antérieure.
– La grossesse n’est pas une contre-indication formelle, mais par précaution, on diffère la vaccination après l’accouchement. La vaccination n’est pas recommandée pendant la grossesse.
6. Co-administration :
Le vaccin HPV peut être administré en même temps que d’autres vaccins du calendrier vaccinal (notamment le vaccin DTCP, le vaccin contre les méningocoques ou le vaccin contre l’hépatite B), dans des sites d’injection différents. Il n’y a pas d’interférence immunologique connue.
7. Bénéfices attendus :
– Réduction de plus de 90 % des lésions précancéreuses (CIN 2/3) liées aux génotypes vaccinaux, à condition que la vaccination soit réalisée avant toute exposition au virus (idéalement avant les premiers rapports sexuels).
– Diminution significative de l’incidence du cancer du col, ainsi que des cancers de l’oropharynx, de l’anus, de la vulve et du pénis.
– Protection collective (immunité de groupe) en cas de couverture vaccinale élevée, bénéficiant également aux personnes non vaccinées.
– Réduction des traitements invasifs (comme la conisation) et de leurs complications (sténose du col, risque de prématurité en cas de grossesse ultérieure).
8. Limites et rappel important :
– La vaccination ne protège pas contre 100 % des génotypes de HPV.
– Elle n’est pas curative : elle agit en prévention de l’infection, mais ne peut éliminer un virus déjà présent.
– La durée de protection à très long terme continue d’être évaluée.
– Il est impératif de poursuivre le dépistage organisé du cancer du col (FCV) même chez les personnes vaccinées, car la vaccination ne couvre pas tous les génotypes oncogènes.