Le bilan de dépistage des IST doit être proposé devant toute urétrite, cervicite, pertes vaginales anormales, ulcérations génitales ou tout autre signe clinique évocateur.

Il doit également être proposé de manière systématique chez les sujets à risque, même asymptomatiques.

Ce bilan est adapté au sexe, aux symptômes et aux pratiques sexuelles du patient et de son ou ses partenaires.

Devant une urétrite, une cervicite, des pertes vaginales anormales, des ulcérations génitales ou tout autre signe évocateur d’IST

Chez la femme :

1. Prélèvements locaux (à réaliser en cabinet ou en laboratoire) :

PCR pour Chlamydia / Gonocoque : sur prélèvement endocervical et/ou urines du 1er jet. 

En cas de pertes vaginales moussantes, jaunes ou malodorantes : PCR Trichomonas vaginalis (le frottis frais est peu sensible et n’est plus recommandé en première intention). 

En cas d’ulcération génitale (ou vésicule) : PCR Herpes Simplex Virus (HSV) types 1 et 2 sur écouvillon de la lésion (la culture virale n’est plus recommandée).

💡 Transport des prélèvements :

Si le prélèvement est effectué en cabinet : respecter les conditions de transport (milieu adapté, délai < 48 h, température ambiante ou réfrigérée selon le laboratoire).

2. Sérologies sanguines (à prescrire après information et consentement éclairé de la patiente) :

 VIH : test combiné antigène p24 + anticorps (4ᵉ génération). 

. Un test négatif à 6 semaines après la dernière exposition est considéré comme fiable. 

. Le test à 3 mois n’est plus systématique, sauf en cas de doute clinique ou exposition très récente. 

. En cas d’exposition très récente (< J14) : le test ARN VIH (PCR) est fiable dès J10–14 et permet un diagnostic plus précoce que le test combiné.

Syphilis : test de dépistage automatisé (EIA) ou TPHA + VDRL. 

 Hépatite B : Ag HBs (obligatoire). 

. Compléter par Ac anti-HBs (immunité) et Ac anti-HBc (infection passée) si besoin. 

Hépatite C : anticorps anti-VHC, seulement en présence de facteurs de risque (toxicomanie, tatouages non stériles, partenaires multiples à risque, HSH sous PrEP).

⚠️ L’hépatite C n’est pas une IST classique : la transmission sexuelle est rare, sauf chez les HSH, qu’ils soient VIH+ ou VIH− sous PrEP. Ce point doit être systématiquement évalué.

Chez son (ou ses) partenaire(s) récent(s) :

Ici, le bilan doit être adapté au sexe, aux symptômes et aux pratiques sexuelles du partenaire (dans les 2 à 3 derniers mois) :

1. 👨‍⚕️ Le partenaire est un homme hétérosexuel (cas le plus fréquent) :

 Urines du 1er jet : PCR Chlamydia / Gonocoque.

Sérologies (comme la femme) : VIH (4ᵉ génération), syphilis, Ag HBs. 

 Anti-VHC : uniquement en cas de facteurs de risque.

Si symptômes urétraux : PCR sur prélèvement urétral (optionnel si urines disponibles). 

Si ulcération : PCR HSV sur la lésion. 

⚠ IST silencieuses chez l’homme :

Même asymptomatique, le partenaire doit se faire dépister : de nombreuses IST (notamment Chlamydia) sont silencieuses chez l’homme.

2. 🏳️‍🌈 Le partenaire est un homme ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) :

Le bilan est plus large en raison de pratiques sexuelles à risque spécifiques :

PCR Chlamydia / Gonocoque sur 3 sites : urines, prélèvement pharyngé et prélèvement rectal.

 Sérologies : VIH, syphilis, hépatites A, B et C. 

Vaccination anti-hépatite A et B si non immunisé (schéma 0-1-6 mois).

 Vaccin HPV recommandé jusqu’à 26 ans chez les HSH non antérieurement vaccinés.

⛔ Hépatite C chez les HSH sous PrEP :

Le dépistage VHC doit être systématique chez les HSH sous PrEP (VIH+ ou VIH−), en raison d’une transmission sexuelle documentée dans cette population. Dépistage recommandé tous les 3 à 6 mois.

3. 👩‍⚕️ La partenaire est une femme :

 La partenaire femme suit exactement le même bilan que la patiente initiale : prélèvements locaux + sérologies sanguines.

* Points clés à retenir :

 Pas de dépistage systématique de l’herpès (HSV) sans lésion : inutile, source d’angoisse, et peu corrélé à la transmission. 

Mycoplasma genitalium : rechercher uniquement en cas d’urétrite ou cervicite persistante après traitement de Chlamydia et Gonocoque (PCR spécifique, non incluse dans les tests standards). 

 HPV : pas de place dans le bilan IST symptomatique, sauf lésions visibles (condylomes → diagnostic clinique). Le frottis reste un outil de dépistage du cancer du col, pas d’IST aiguë. 

Phtiriase pubienne (morpions) : la découverte de morpions doit systématiquement conduire à un bilan IST complet (VIH, syphilis, Chlamydia, Gonocoque, hépatites B et C). Le préservatif ne protège pas de la phtiriase : transmission par contact cutané direct entre régions pileuses.

 Toujours proposer le vaccin anti-hépatite B si non immunisé (schéma 0-1-6 mois).

Notification aux partenaires : informer sur les délais par IST (voir tableau récapitulatif).

. Chlamydia / Gonocoque : 60 jours.

. Syphilis : 3 mois à 2 ans selon le stade.

. VIH : 3 mois.

. Hépatite B : 2 mois.

. Hépatite C : selon contexte clinique.

Conseil et accompagnement : information sur la transmission, délai d’abstinence post-traitement, et orientation vers une consultation spécialisée si nécessaire.

Bilan de dépistage des IST : tableau récapitulatif 

ISTExamenDélai fenêtreNotification partenairesVaccin
ChlamydiaPCR endocol / urines 1er jet2 semaines60 jours
GonocoquePCR endocol / urines 1er jet2 semaines60 jours
SyphilisEIA ou TPHA + VDRL6 semaines3 mois – 2 ans selon stade
VIHAg p24 + Ac (4e gén.) ou ARN VIH si < J146 semaines (Ag/Ac) ou J10–14 (ARN)3 mois
Hépatite BAg HBs + Ac anti-HBs + Ac anti-HBc6 semaines2 moisOui (0-1-6 mois)
Hépatite CAc anti-VHC (si facteurs de risque)8–12 semainesSelon contexte
Hépatite A (HSH)Ac anti-VHA2–7 semainesSelon contexteOui (HSH)
Trichomonas vaginalisPCR (frottis frais peu sensible)5–28 joursPartenaires simultanés
HSV (ulcération)PCR écouvillon lésion2–12 joursNon systématique
Phtiriase pubienneExamen clinique à la loupeImmédiat4 semaines 
?

Questions fréquentes — Bilan de dépistage des IST

Réponses basées sur les recommandations HAS 2022/2024 & SPF 2023

Oui. De nombreuses IST sont silencieuses, notamment Chlamydia trachomatis chez l'homme et la femme, et la syphilis en phase primaire. Un dépistage régulier est recommandé chez tous les sujets à risque (partenaires multiples, HSH, antécédent d'IST).
La PCR Chlamydia et Gonocoque peut se réaliser sur urines du 1er jet, chez l'homme comme chez la femme. C'est un prélèvement simple, non invasif, aussi fiable que le prélèvement endocervical pour ces deux pathogènes.
Non. La sérologie VHC est recommandée uniquement en présence de facteurs de risque : antécédents de toxicomanie IV, tatouages non stériles, HSH (VIH+ ou sous PrEP), ou partenaires multiples à risque.
Cela dépend de l'IST : 2 semaines pour Chlamydia et Gonocoque, 6 semaines pour VIH (test combiné 4e génération), syphilis et hépatite B. En cas d'exposition très récente (< J14), le test ARN VIH est fiable dès J10–14.
Il réduit significativement le risque mais ne protège pas à 100 %. Il est insuffisant contre l'herpès génital, le HPV et la phtiriase pubienne (morpions), qui se transmettent par contact cutané direct.
Le partenaire doit être informé dans les délais recommandés selon l'IST : 60 jours pour Chlamydia/Gonocoque, 3 mois pour VIH et syphilis, 2 mois pour hépatite B. Le traitement simultané est indispensable pour éviter la réinfection.
Oui, c'est une opportunité à ne pas manquer. Proposer systématiquement : vaccin hépatite B si non immunisé (schéma 0-1-6 mois), vaccin hépatite A chez les HSH, vaccin HPV jusqu'à 26 ans chez les HSH non vaccinés.
Oui. La découverte de morpions doit systématiquement conduire à proposer un bilan IST complet, car les co-infections sont fréquentes. Par ailleurs, le préservatif ne protège pas de la phtiriase pubienne, ce qui en fait une IST à part, transmise par contact cutané direct entre régions pileuses.

Références bibliographiques

1. HAS. Recommandations sur le dépistage des IST. Mai 2022, réaffirmées en 2024.

2. Santé publique France. Guide de bon usage du dépistage VIH, VHC, VHB, syphilis. 2023.

3. Société Française de Gynécologie (SFG). Prise en charge des cervicites et vaginites. 2024.

4. ECDC. Sexually transmitted infections in Europe. 2023.

5. IUSTI/WHO. European guidelines for STI management. 2021.

Fichier à télécharger (217 Ko)

Note d’information : Fiche Mémo Bilan IST

Noter cette page

Laisser un commentaire