1. Traitement de première intention :

1) Métronidazole (FLAGYL®) : traitement de référence

a) Voie orale (recommandée) :

– Métronidazole 500 mg x2/jour pendant 7 jours (schéma préférentiel).

– Alternative : Métronidazole 2 g en dose unique per os (efficacité moindre : 80 % vs 90 %) (⇒ n’est PLUS recommandé).

b) Voie vaginale :

– Gel Métronidazole 0,75% : 1 applicateur (5g) intravaginal / jour pendant 5 jours.

– Alternative : Ovule Métronidazole 500 mg : 1 ovule/jour pendant 7-10 jours.

2) Autres imidazolés :

a) Secnidazole (SECNIDAZOLE ®) :

– 2 g en prise unique per os pendant le repas.

– Granulés à disperser dans eau ou aliments.

– Efficacité : 85-90 %.

– Avantage : prise unique (meilleure observance).

b) Tinidazole (FASIGYNE ®) :

– 2 g/jour pendant 2 jours (schéma actualisé).

– Ou 1 g/jour pendant 5 jours.

– Le schéma à 4 cp en une prise est obsolète.

– Efficacité : 85-90 %.

3) Clindamycine : alternative de choix

a) Voie vaginale (recommandée) :

– Ovule Clindamycine 100 mg : 1 ovule/jour pendant 3 jours.

– Crème Clindamycine 2 % : 1 applicateur (5 g)/jour pendant 7 jours.

– Efficacité : voie vaginale : 80-85 % de guérison.

b) Voie orale :

– Clindamycine 300mg x2/jour pendant 7 jours.

– Réservée si échec ou CI voie vaginale.

– Risque colite pseudomembraneuse plus élevé (voie orale).

4) Autres alternatives (si CI imidazolés ET clindamycine) :

a) Déqualinium chlorure (FLUOMIZIN ®) – NOUVEAU

– Ovule 10 mg : 1 ovule/jour pendant 6 jours.

– Antiseptique vaginal à large spectre.

– Efficacité : 70-75 % (inférieure aux antibiotiques).

– Avantages :

. Aucune CI (sauf allergie) ; possible grossesse et allaitement.

. Pas d’effet systémique ; pas d’interaction médicamenteuse.

– Inconvénient : efficacité moindre.

b) Antibiotiques bêtalactamines (usage limité) :

– Amoxicilline 500 mg x3/jour pendant 7 jours.

– Amoxicilline-acide clavulanique 1g x2/jour pendant 7 jours.

– Efficacité modeste (60-70 %).

– Réservés si toutes autres options impossibles.

– Pas recommandés en routine.

2. Contre-indications et précautions :

1) Métronidazole (et imidazolés) :

– Contre-indications absolues :

. Allergie aux imidazolés (nitro-imidazolés).

. Premier trimestre de grossesse (éviter si possible).

. Porphyrie aiguë.

– Contre-indications relatives :

. Allaitement : arrêt 12-24 h après dose unique, 48  h si traitement prolongé.

. Troubles neurologiques centraux (épilepsie, neuropathies).

. Insuffisance hépatique sévère (réduire dose).

. Insuffisance rénale sévère (ajuster dose).

– EFFET ANTABUSE – PRÉCAUTION MAJEURE :

. Symptômes si alcool : flush, céphalées, nausées/vomissements, tachycardie, dyspnée, hypotension.

. Consigne IMPÉRATIVE :

. PAS D’ALCOOL pendant le traitement.

. + 48-72 h APRÈS la dernière prise.

. Informer clairement la patiente (observance ++).

. Vérifier absence d’alcoolisme chronique.

– Interactions médicamenteuses importantes : Anticoagulants oraux (AVK), lithium, disulfirame, phénytoïne, ciclosporine.

– Effets indésirables fréquents :

. Digestifs : nausées (10-15 %), vomissements, goût métallique, dyspepsie, diarrhée.

. Neurologiques : céphalées (5-10%), vertiges.

. Urinaires : urines foncées (sans gravité, prévenir patiente)

. Candidose secondaire (10-15 %) : traitement antifongique si besoin.

2) Clindamycine :

– Contre-indications absolues :

. Allergie clindamycine / lincomycine.

. Antécédent de colite pseudomembraneuse (C. difficile).

. Antécédent de colite associée aux antibiotiques.

– Contre-indications relatives :

. MICI (Crohn, RCH) : utiliser avec prudence.

. Insuffisance hépatique sévère.

. Allaitement (passage lait, risque modification flore bébé).

– Effets indésirables spécifiques :

. Colite pseudomembraneuse à C. difficile (rare mais grave) : 0,1-10 % selon voie administration.

. Plus fréquent voie orale.

. Symptômes : diarrhée sanglante, douleurs abdominales, fièvre.

. Si suspicion : arrêt immédiat + coproculture + traitement spécifique.

. Diarrhée simple (5-10 %) : bénigne, autolimitée.

. Irritation vaginale locale (voie vaginale) : 5 %.

. Altération latex préservatifs (huile minérale excipient).

3. Situations particulières :

1) Grossesse :

– Traitement topique préféré : métronidazole vaginal ou clindamycine vaginale.

– Le métronidazole per os (1 g par jour pendant 7 jours) peut être utilisé, mais il est préférable d’éviter son utilisation au cours du premier trimestre.

– Certaines recommandations suggèrent de retarder l’allaitement jusqu’à 24 heures après la fin du traitement par métronidazole.

– Le traitement des femmes enceintes avec antécédent d’accouchement prématuré est particulièrement important, car il peut réduire le risque de RPM et d’insuffisance pondérale à la naissance.

– Schémas thérapeutiques autorisés :

. 1er trimestre :

. Clindamycine voie vaginale (ovule ou crème) : TRAITEMENT DE CHOIX.

= Ovule 100 mg/jour pendant 3 jours.

= Ou crème 2 % pendant 7 jours.

. Métronidazole : éviter si possible (données rassurantes mais prudence T1).

. 2ème et 3ème trimestres :

. Métronidazole 500mg x2/jour pendant 7 jours (cat B, sûr).

. Ou Clindamycine voie vaginale (efficacité équivalente).

. Métronidazole voie vaginale : absorption systémique donc équivalent oral.

⚠️ À ÉVITER grossesse :

. Tinidazole (données insuffisantes).

. Secnidazole (données insuffisantes).

. Clindamycine orale (privilégier voie vaginale).

– Surveillance :

. Contrôle guérison recommandé 1 mois après traitement.

. Test de contrôle si ATCD prématurité.

2) Allaitement :

– Métronidazole :

. Passage dans lait maternel : concentrations élevées.

. Arrêt allaitement :

 Dose unique (2g) : 12-24 h.

 Traitement 7 jours : 48h après dernière prise.

. Alternative : tirer et jeter lait pendant période.

– Clindamycine :

. Passage faible dans lait.

. Risque théorique : modification flore intestinale bébé, diarrhée.

. Utilisation possible si bénéfice > risque.

. Surveillance bébé (selles, irritabilité).

– Meilleure option allaitement :

. Clindamycine voie vaginale (absorption systémique minimale).

. Ou différer traitement si non urgent et vaginose asymptomatique.

3) Patientes immunodéprimées (VIH, chimiothérapie) :

– Particularités :

. Récidives plus fréquentes (50-70 %).

. Risque IST associées augmenté.

. Efficacité traitement standard maintenue.

– Recommandations :

. Traitement identique populations générales.

. Traitement prolongé initial : 10-14 jours (au lieu de 7).

. Envisager traitement suppressif d’emblée si CD4 < 200.

. Bilan IST complet systématique (CT/NG/MG/syphilis).

. Suivi rapproché.

4) Adolescentes :

– Particularités :

. Prévalence élevée (15-20 %).

. Souvent asymptomatique.

. Facteurs : activité sexuelle débutante, hygiène inadaptée.

– Prise en charge :

. Traitement identique adultes.

. Éducation +++ : hygiène intime, éviter douches vaginales.

. Dépistage IST systématique (CT/NG).

. Information prévention IST (préservatifs).

. Respect confidentialité.

5) Ménopause :

– Particularités :

. Atrophie vaginale associée (carence estrogénique).

. pH élevé (> 5) favorise vaginose.

. Diagnostic différentiel : atrophie pure vs vaginose.

– Prise en charge :

. Traitement vaginose standard

. + Traitement atrophie :

. Estrogènes locaux (Trophigil ®, Colpotrophine ®).

. Crème ou ovule 1-2x/semaine au long cours.

. Restaure pH, lactobacilles, muqueuse.

. Association réduit récidives vaginoses.

4. Traitement du partenaire :

❌ PAS de traitement systématique du partenaire.

– Vaginose = déséquilibre flore endogène (pas IST).

– Transmission sexuelle NON prouvée.

MAIS : Situations où envisager :

– Vaginoses récidivantes (> 3/an) malgré traitement optimal.

– Partenaire masculin symptomatique (balanite à Gardnerella, rare).

Si traitement partenaire décidé :

– Métronidazole 500 mg x2/jour pendant 7 jours.

± Crème de clindamycine 2 % en application topique sur le gland et la partie supérieure du pénis (sous le prépuce si non circoncis), 2 fois par jour.

– Abstinence ou préservatifs pendant traitement.

5. Formes récidivantes (≥ 3 épisodes / an) :

1) Épidémiologie :

– 30 % de récidives à 3 mois.

– 50-60 % de récidives à 12 mois.

– Problématique fréquente et frustrante.

2) Mécanismes :

– Re-colonisation rapide par anaérobies.

– Biofilm bactérien persistant.

– Facteurs favorisants non corrigés.

– Échec restauration flore lactobacillaire.

A) PHASE 1 : Traitement d’attaque renforcé

Schémas recommandés (choisir UN) :

– Option 1 (préférentielle) :

Métronidazole 500 mg x2/jour per os pendant 10-14 jours (au lieu de 7).

Métronidazole gel 0,75 % 1 appl/jour pendant 10 jours (voie vaginale).

Synergie voies systémique + locale.

– Option 2 :

Métronidazole 500 mg x2/jour + Amoxicilline 500 mg x3/jour pendant 10-14 jours.

Synergie spectre antibactérien élargi.

– Option 3 :

Clindamycine 300 mg x2/jour per os pendant 7 jours.

Puis relais traitement suppressif.

B) PHASE 2 : Traitement suppressif / d’entretien (clé du succès)

– Métronidazole gel 0,75 % (SCHÉMA DE RÉFÉRENCE) :

. 2 applications/semaine (ex: lundi et jeudi).

. Durée : 4-6 mois minimum.

. Efficacité : réduit récidives de 70-75 %.

. Meilleure option disponible.

– Alternative :

. Clindamycine ovule 100mg : 1 ovule / semaine pendant 6 mois.

– Métronidazole oral intermittent :

. Métronidazole 500 mg x2/jour, 2 jours consécutifs / semaine.

. Moins recommandé (effets systémiques, observance).

C) Probiotiques lactobacilles

– État des connaissances 2024 :

. Efficacité CONTROVERSÉE et INCONSTANTE.

. Études avec résultats contradictoires.

. Méta-analyses : bénéfice modeste si existant.

– Modalités si utilisés :

. Voie vaginale > voie orale (plus efficace).

. Posologie : 1 ovule/capsule vaginale/jour.

. Durée : 7-10 jours après antibiotique, puis 1-2x/semaine entretien.

. Produits : Gynophilus ®, Geliofil ®, Florgynal ®.

– Recommandations actuelles :

. NE PAS utiliser en monothérapie (inefficace).

. Possible en complément traitement antibiotique.

D) Correction facteurs favorisants.

6. Surveillance et suivi :

1) Test de contrôle (Test of Cure) :

a) NON recommandé systématiquement si :

– Disparition symptômes.

– Vaginose simple, première occurrence.

– Bonne observance traitement.

b) Recommandé si :

– Grossesse : contrôle 1 mois après traitement.

– Persistance symptômes après traitement.

– Récidives fréquentes : avant traitement suppressif.

– ATCD accouchement prématuré chez femme enceinte.

c) Modalités test de contrôle :

– Délai : 2-4 semaines après fin traitement.

– Examen : pH, test amines, microscopie, score Nugent.

– Critères guérison :

. Score Nugent < 7.

. pH < 4,5.

. Absence symptômes.

. Absence clue cells.

2) Surveillance récidives :

– Vaginose simple :

. Information patiente : consulter si récidive.

. Pas de suivi systématique si guérison.

– Vaginose récidivante :

. Consultation 1 mois après fin traitement d’attaque.

. Consultation 1 mois après fin traitement suppressif.

. Puis tous les 3-6 mois pendant 1 an.

. Éducation continue : hygiène, facteurs favorisants.

7. Échec thérapeutique :

1) Définition :

Persistance symptômes 1 semaine après fin traitement.

Ou récidive < 2 semaines après traitement.

2) Causes d’échec :

Problème diagnostic :

Vaginose non confirmée (revoir diagnostic).

Autre pathologie associée :

Candidose associée (pH > 4,5 inhabituel).

IST méconnue (CT, NG, MG, TV).

Cervicite.

Corps étranger (tampon oublié).

Dermatose vulvaire.

Problème thérapeutique :

Mauvaise observance (cause #1).

Dose insuffisante.

Durée insuffisante.

Voie inadaptée.

Poursuite facteurs favorisants (douches vaginales ++).

Résistance microbienne :

Rare pour vaginose (polymicrobienne).

Possible résistance Métronidazole (< 5 %).

Biofilm bactérien persistant.

Facteurs hôtes :

Immunodépression sévère.

Carence estrogénique majeure.

Diabète déséquilibré.

Flore lactobacillaire absente / déficiente.

3) Conduite à tenir si échec :

a) ÉTAPE 1 : Réévaluation diagnostique

– Examen clinique complet.

– pH, test amines, microscopie, score Nugent.

– PCR IST (CT/NG/MG/TV).

– Recherche candidose associée (culture).

– Recherche corps étranger.

– Glycémie à jeun (diabète).

b) ÉTAPE 2 : Vérifier observance et facteurs favorisants

– Interrogatoire précis : prise médicaments, douches vaginales.

– Éducation renforcée.

c) ÉTAPE 3 : Traitement de 2ème ligne

– Si échec Métronidazole :

. Clindamycine 300mg x2/jour per os 7 jours.

. Ou Clindamycine ovule 100mg/jour 7 jours (au lieu de 3).

– Si échec Clindamycine :

. Métronidazole 500mg x2/jour 14 jours (durée prolongée).

. Métronidazole gel vaginal 10 jours.

– Si échecs multiples :

. Traitement suppressif prolongé d’emblée (6-12 mois).

. Référer gynécologue spécialisé.

. Envisager causes rares (immunodépression, autres).

9. Éducation et prévention :

1) Messages clés pour les patientes :

S’adresse directement aux femmes concernées :

a) À faire :

– Hygiène intime appropriée :

. Toilette externe uniquement (jamais à l’intérieur du vagin).

. Maximum 1-2 fois par jour avec savon doux pH neutre.

. Séchage délicat après toilette.

– Prévention des déséquilibres :

. Éviter douches vaginales, antiseptiques locaux, déodorants intimes.

. Arrêter le tabac.

. Réduire produits laitiers et sucre pendant le traitement.

. Envisager changement de DIU si nécessaire.

– Autres mesures :

. Porter sous-vêtements 100 % coton.

. Éviter vêtements trop serrés (jean slim).

. Éviter protège-slips quotidiens (macération).

. Éviter tampons si récidives (privilégier serviettes).

. Changer régulièrement les protections périodiques.

. Utiliser préservatifs (protection de la flore).

b) À éviter :

– Douches vaginales (cause majeure de récidives).

– Savons parfumés, bains moussants.

– Toilette excessive.

– Gants de toilette (réservoirs microbiens).

– Automédication.

c) En cas de récidive :

– Consulter rapidement.

– Identifier les facteurs déclenchants.

– Ne pas répéter le même traitement sans avis médical.

2) Prévention primaire :

S’adresse aux professionnels de santé :

a) Mesures générales :

– Éducation hygiène intime dès l’adolescence.

– Promotion des préservatifs.

– Dépistage avant gestes endo-utérins.

– Conseil d’arrêt du tabac.

b) Populations cibles :

– Adolescentes.

– Femmes avec antécédents de vaginoses.

– Avant grossesse/IVG.

– Immunodéprimées.

– Avant pose de DIU, hystéroscopie.

12. Cas cliniques commentés :

Cas 1 : Vaginose simple, patiente jeune

Présentation :

Femme 28 ans, nullipare

Leucorrhées grisâtres depuis 5 jours

Odeur « poisson pourri » aggravée après rapports

Pas de prurit, pas de brûlures

Examen : pH 5,2, test amines +, clue cells +++

Score Nugent : 8/10

Diagnostic : Vaginose bactérienne typique

Prise en charge :

Traitement : Métronidazole 500mg x2/j per os pendant 7 jours

Éducation :

Éviter douches vaginales

Hygiène intime adaptée (toilette externe, savon doux)

Pas d’alcool pendant traitement + 72h après

Prévention : Préservatifs (protection flore)

Partenaire : Pas de traitement

Suivi : Consulter si récidive, pas de contrôle systématique

Évolution : Guérison, pas de récidive

Cas 2 : Vaginose récidivante

Présentation :

Femme 32 ans, 5ème épisode en 18 mois

Traitements antérieurs : Métronidazole 7 j (4 fois), bonne observance

Récidive systématique 2-3 mois après traitement

Facteurs : fumeuse 10 cig/j, douches vaginales 2x/semaine

Examen : vaginose confirmée (Nugent 9/10)

Diagnostic : Vaginose bactérienne récidivante + facteurs favorisants

Prise en charge :

Traitement attaque renforcé :

Métronidazole 500mg x2/j per os pendant 14 jours

Métronidazole gel 0,75% vaginal pendant 10 jours

Traitement suppressif (dès fin attaque) :

Métronidazole gel 0,75% : 2 applications/semaine pendant 6 mois

Correction facteurs PRIORITAIRE :

ARRÊT IMMÉDIAT douches vaginales (éducation approfondie)

Sevrage tabagique (consultation tabacologue, substituts nicotiniques)

Hygiène adaptée : toilette externe uniquement, savon doux 1x/j

Sous-vêtements coton

Probiotiques (optionnel) :

Lactobacilles voie vaginale après traitement attaque

Suivi rapproché :

Contrôle 1 mois après fin attaque

Contrôle 1 mois après fin suppressif

Puis tous les 3 mois pendant 1 an

Évolution :

Arrêt douches vaginales difficile mais acquis

Réduction tabac (5 cig/j)

Pas de récidive sous traitement suppressif

1 récidive à 8 mois après arrêt suppressif

Reprise traitement suppressif 3 mois → succès

Recul 2 ans sans récidive

Cas 3 : Vaginose et grossesse

Présentation :

Femme 26 ans, G1P0, 16 SA

ATCD : accouchement prématuré à 32 SA (grossesse antérieure, fausse couche)

Asymptomatique

Dépistage systématique : vaginose confirmée (Nugent 7/10)

Diagnostic : Vaginose bactérienne asymptomatique chez femme enceinte à HAUT RISQUE

Prise en charge :

Traitement OBLIGATOIRE (même si asymptomatique, ATCD prématurité)

Métronidazole 500mg x2/j per os pendant 7 jours (T2, sûr)

Pas d’alcool pendant traitement

Contrôle guérison OBLIGATOIRE : 1 mois après (20 SA)

Score Nugent < 7

Si récidive : retraitement immédiat

Surveillance obstétricale renforcée :

Surveillance col utérin (mesure longueur échographie)

Dépistage strepto B à 35-37 SA

Information : risques vaginose non traitée (prématurité, RPM)

Évolution :

Guérison contrôlée à 20 SA

Pas de récidive

Accouchement à terme (39 SA)

Nouveau-né en bonne santé

Cas 4 : Échec thérapeutique – Diagnostic différentiel

Présentation :

Femme 35 ans

« Vaginose » traitée par Métronidazole 7 j : échec

Retraitée Clindamycine ovules 3 j : échec

Leucorrhées persistantes, prurit modéré

Examen : pH 5,0, test amines -, clue cells rares

Réévaluation :

Score Nugent : 5/10 (flore intermédiaire, PAS vaginose)

Culture : Candida glabrata +++

PCR IST : Chlamydia trachomatis POSITIF

Diagnostic final :

Candidose à C. glabrata (résistante azolés)

Cervicite à Chlamydia (non recherché initialement)

PAS de vaginose

Leçon :

Toujours CONFIRMER diagnostic vaginose (Amsel ou Nugent)

Rechercher IST systématiquement si cervicite/leucorrhées

Culture si échec traitement (identifier espèce Candida)

pH > 4,5 inhabituel pour candidose pure (évoquer infection mixte)

Traitement correct :

Acide borique 600mg capsules vaginales 14j (C. glabrata)

Azithromycine 1g dose unique (Chlamydia)

Traitement partenaire (Chlamydia)

Évolution : guérison complète

13. Questions fréquentes (FAQ) :

Q1 : La vaginose est-elle une IST ?

R : NON. La vaginose bactérienne est un déséquilibre de la flore vaginale endogène, pas une infection transmise sexuellement. Cependant :

Peut être favorisée par activité sexuelle (sperme alcalin modifie pH)

Préservatifs protègent la flore

Possible transmission entre femmes (partenaires féminines)

C’est pourquoi traitement partenaire généralement non nécessaire

Q2 : Puis-je avoir des rapports sexuels pendant le traitement ?

Pas de contre-indication absolue si partenaire stable

Préférable d’éviter pendant traitement (favorise guérison)

OBLIGATOIRE si traitement vaginal Clindamycine : pas de rapports pendant traitement + 5 jours après (altère préservatifs latex)

Reprendre activité normale après fin traitement et disparition symptômes

Q3 : Dois-je éviter les tampons pendant traitement ?

OUI pendant traitement vaginal (ovules/crème) : absorbe médicament, diminue efficacité

Utiliser serviettes hygiéniques

Si traitement oral uniquement : tampons possibles

En prévention récidives : certaines femmes mieux avec serviettes (tampons peuvent favoriser vaginoses)

Q4 : La vaginose peut-elle guérir spontanément ?

OUI, dans 30-40% des cas (résolution spontanée)

MAIS traitement recommandé car :

Symptômes gênants (odeur, leucorrhées)

Risque complications (grossesse, IST, gestes endo-utérins)

Ne pas attendre guérison spontanée si symptômes ou contexte à risque

Q5 : Les probiotiques seuls suffisent-ils ?

NON, inefficaces en monothérapie

Probiotiques = complément possible après antibiotiques

Ne remplacent pas traitement antibiotique

Efficacité propre discutée, résultats variables

Q6 : Combien de temps après traitement puis-je retomber enceinte ?

Immédiatement après traitement (aucun délai nécessaire)

Métronidazole : aucun effet fertilité ou grossesse ultérieure

Idéal : confirmer guérison avant conception (contrôle 2-4 semaines)

Si ATCD prématurité : dépistage vaginose en début grossesse

Q7 : Dois-je arrêter la pilule pendant le traitement ?

NON, pas d’interaction Métronidazole/Clindamycine avec contraception hormonale

Continuer pilule normalement

Exception : si vomissements sévères sous Métronidazole → pilule moins efficace

Q8 : Pourquoi ai-je autant de récidives ?

R : Causes principales :

Douches vaginales (cause #1 – ARRÊTER)

Tabagisme (favorise anaérobies)

Flore lactobacillaire déficiente (ne se reconstitue pas)

Facteurs hormonaux (ménopause, contraception)

Biofilm bactérien persistant

Partenaire féminine (transmission possible) → Solution : traitement suppressif prolongé + correction facteurs

Q9 : La vaginose peut-elle rendre stérile ?

NON directement (pas d’atteinte trompes)

MAIS risques indirects :

Si évolue vers IGH (rare) : risque infertilité

Favorise acquisition IST (CT, NG) → risque IGH et infertilité

Complications grossesse (prématurité) → Donc importance traitement et prévention IST

Q10 : Mon partenaire doit-il être traité systématiquement ?

NON systématiquement (études montrent absence bénéfice)

OUI si :

Récidives fréquentes malgré traitement optimal

Partenaire féminine (possible transmission inter-femmes)

Partenaire masculin symptomatique (balanite, rare).

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