1. Voies de contamination :
1) Voie ascendante (voie principale) :
La salpingite résulte le plus souvent d’une propagation ascendante à partir d’une endocervicite à Neisseria gonorrhoeae et/ou Chlamydia trachomatis.
Ces germes possèdent une affinité particulière pour l’épithélium cylindrique du col, facilitant leur adhésion et leur progression.
L’infection suit un continuum anatomique :
– Endocervicite → altération de la barrière cervicale et des mécanismes de défense muqueux.
– Endométrite → présente dans plus de 50 % des salpingites ; le diagnostic histologique repose sur la présence de leucocytes sur l’épithélium de surface et d’une infiltration lymphocytaire stromale à la biopsie endométriale.
– Salpingite → atteinte tubaire secondaire à la dissémination de l’infection haute.
2) Inoculation de voisinage :
L’ovaire étant intrapéritonéal et en contact étroit avec l’appendice (droite) ou le côlon sigmoïde (gauche), un foyer infectieux pelvien adjacent (appendicite, diverticulite) peut ensemencer secondairement les trompes.
3) Dissémination hématogène ou lymphogène :
Observée principalement chez les porteuses de dispositif intra-utérin (DIU).
Trois facteurs concourent à ce risque :
– l’état inflammatoire chronique de l’endomètre entretenu par le corps étranger,
– les microtraumatismes répétés de la muqueuse utérine,
– la rupture de la continuité de la barrière cervicale par le fil du DIU.
Il en résulte un risque infectieux trois fois supérieur à celui observé sous d’autres contraceptifs, maximal dans les semaines suivant la pose, et inversement proportionnel à l’âge.
Ce mécanisme explique la survenue d’abcès actinomycosiques ovariens — typiquement unilatéraux — quasi exclusivement observés sur DIU.
2. Evolution de l’infection :
1) Endométrite :
Premier stade de l’infection ascendante, souvent préclinique.
Le diagnostic histologique sur biopsie à la canule souple reste la référence.
2) Salpingite :
Le spectre lésionnel est large, du plus discret au plus sévère :
– Stade infraclinique : simple déciliation épithéliale détectable uniquement à l’histologie (biopsie tubaire cœlioscopique).
– Salpingite séreuse ou congestive : forme modérée, réversible.
– Salpingite purulente : allant du simple exsudat intraluminal au pyosalpinx constitué, avec micro- ou macro-abcès.
3) Réaction péritoinéale :
L’extension péritonéale évolue elle aussi selon un gradient de sévérité :
– Exsudat séreux (visible à l’échographie y compris chez la femme sous estroprogestatif — valeur diagnostique propre).
– Épanchement purulent en quantité variable.
– Au bout de quelques jours à quelques semaines, les exsudats fibrineux de la réaction inflammatoire peuvent entraîner des adhérences, logettes purulentes et abcès tubo-ovariens.
4) Infection des organes de voisinage :
– L’ovaire est l’organe adjacent le plus fréquemment touché, pouvant évoluer vers l’abcès intra-ovarien.
– L’appendice, le grêle et l’épiploon peuvent être secondairement impliqués.
– Le syndrome de Fitz-Hugh-Curtis mérite une mention séparée : il associe une périhépatite exsudative à la constitution d’adhérences entre la capsule hépatique et le diaphragme, classiquement décrites « en cordes de violon », responsables de douleurs en hypochondre droit pouvant égarer le diagnostic.
Initialement décrit dans les infections gonococciques, il est aujourd’hui plus fréquemment rattaché à C. trachomatis.