1. Définition de la marsupialisation :

– La marsupialisation est une technique chirurgicale visant à traiter les kystes et abcès de la glande de Bartholin par suture des parois du kyste/abcès à la muqueuse vestibulaire, permettant un drainage permanent.

– Indications principales : kyste simple, kyste récidivant, abcès.

2. En cas de kyste simple :

1) Préparation et anesthésie :

– Réalisée en ambulatoire ou courte hospitalisation (12 – 24 h).

– Types d’anesthésie :

. locale : en infiltrant de la Xylocaïne ® 1 % à l’aide d’une aiguille fine et d’une seringue dans la paroi vestibulaire, à l’emplacement prévu de l’incision, 

. régionale (bloc nerveux honteux interne),

. générale.

2) Étapes opératoires :

– Incision de la muqueuse vestibulaire :

. en regard de la tumeur, parallèlement à l’anneau hyménéal,

. ½ cm en dehors de ce dernier, linéaire, verticale,

. de longueur variable, adaptée à la taille du kyste, 2 à 4 cm environ (en fait toujours la plus grande possible),

. intéressant la muqueuse vestibulaire et le mince tissu aréolaire sous-jacent.

– Clivage : à partir de cette ligne d’incision, un clivage est ensuite réalisé à l’aide de fins ciseaux à bout mousse, entre la paroi kystique et les plans sous-jacents, en prenant soin de ne pas rompre le kyste. La face interne de ce dernier est ainsi dégagée et exposée.

– Incision du kyste, prélèvement éventuel pour analyse bactériologique. Il convient alors, à l’aide de petites pinces non traumatisantes, de saisir prestement les tranches de section de la paroi kystique et de les maintenir éversées, avant que le kyste ne se collabe et se rétracte. 

– Lavage de la cavité kystique au sérum physiologique ou à l’aide d’une solution antiseptique et exploration de la cavité kystique ; supprimer d’éventuelles constrictions ou de logettes.

– Suture de la paroi du kyste à la muqueuse vestibulaire avec fil résorbable (Vicryl ® 2/0 ou 3/0).

L’aiguille transfixie la paroi du kyste et la muqueuse vestibulaire et évite le tissu aréolaire lâche. Quatre à six points, voire plus, assurent l’affrontement parfait des deux épithéliums, indispensable pour que la cicatrice soit souple, et ne bourgeonne pas.

Au total, l’intervention n’a duré que quelques minutes.

3) Suites opératoires :

– Inconfort local modéré, antalgiques si besoin, hygiène intime quotidienne.

– Résorption progressive du kyste, cicatrisation sans dyspareunie.

3. En cas de kyste récidivé :

– Attente de la taille maximale du kyste (si possible).

– Incision simultanée de la muqueuse vestibulaire et de la paroi kystique en plongeant le bistouri directement dans le kyste, car le clivage est difficile (tissu cicatriciel).

– Vidange, nettoyage, exploration de la cavité.

– Suture avec invagination légère de la muqueuse vestibulaire pour un affrontement parfait des épithéliums : en effet, l’essentiel est d’affronter parfaitement les deux épithéliums, pour cela, il suffit d’attirer légèrement la muqueuse vestibulaire vers la profondeur pour effectuer les points de suture. Cette invagination de quelques millimètres de la muqueuse vestibulaire dans la brèche d’incision ne compromet en rien la qualité du résultat.

4. En cas d’abcès :

– Même principe opératoire que pour le kyste.

– Anesthésie générale recommandée (risque de dissémination infectieuse avec anesthésie locale).

– Incision large pour prévenir la fermeture précoce de l’ostium (il ne faut pas chercher à cliver le kyste de la muqueuse vestibulaire ; d’un coup franc au bistouri, les deux tuniques sont incisées).

– Nettoyage minutieux de la poche purulente, recherche de logettes que l’on effondrera.

– Approximation (rapprochement des deux épithéliums par suture) est capitale car elle assure la guérison d’un seul tenant.

– Antibiothérapie à large spectre si infection régionale importante.

5. Avantages et inconvénients de la marsupialisation :

1) Avantages :

Ils sont nombreux :

– Technique simple, rapide, réalisable en ambulatoire ou courte hospitalisation.

– Peu de risques opératoires : perte sanguine minime, pas de lésion des structures voisines (seul le contenu pathologique de la lésion est évacué), inconfort post-opératoire limité, absence de cicatrice inesthétique.

– Préservation de la fonction de la glande de Bartholin.

2) Inconvénient majeur :

– Récidive dans 10 à 25 % des cas, surtout en cas d’abcès ou de kyste récidivant (fermeture de l’ostium).

– La récidive peut être traitée de la même façon (marsupialisation) ou de préférence par excision.

6. Conclusion :

– La marsupialisation est le traitement de choix pour les kystes et abcès de Bartholin non compliqués, permettant un drainage durable et une récupération rapide.

– La récidive reste le principal écueil, justifiant parfois l’exérèse en cas d’échec répété.

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