1. Epidémiologie :

Le virus de la varicelle et du zona (VZV) est responsable de l’infection varicelleuse et des infections récurrentes du zona.

Ce virus, de la famille des herpès virus, présente un tropisme cutané et nerveux.

La varicelle est rarement une maladie d’adulte. 95 % des femmes en âge de procréer sont immunisées.

Le risque de survenue d’une varicelle en cours de grossesse est très rare (0,1 à 0,5 pour 1.000).

La transmission se fait par l’intermédiaire d’un contact direct entre individus par le biais des aérosols issus des lésions cutanées vésiculaires ou des sécrétions respiratoires.

La période d’incubation moyenne est de 15 jours (extrêmes 10-21 jours).

Une exposition de type familial entraîne une contamination dans 88 à 96  % des cas.

Le sujet infecté est contaminant 2 jours avant l’éruption, et jusqu’à cicatrisation des lésons cutanées.

Les anticorps apparaissent au 5ème jour de l’éruption.

Nb : La survenue d’un zona en cours de grossesse est estimée à 1,5/10.000.

La survenue d’un zona en cours de grossesse ne comporterait pratiquement aucun risque d’embryofœtopathie.

2. Risques en cours de grossesse :

1) Risques maternels :

L’âge adulte explique la sévérité de la maladie elle-même.

Les complications maternelles en cours de grossesse sont essentiellement pulmonaires (pneumonies) avec une menace vitale principalement en fin de grossesse.

On peut aussi noter une atteinte polyviscérale avec myocardite, encéphalite….

2) Risques fœtaux :

L’atteinte fœtale est inconstante et dépend du terme. 

a) Avant 20 SA :

– La varicelle congénitale comporte des risques de fréquence incertaine : hypoplasie des membres, hypotrophie, paralysie et atrophie musculaire, choriorétinite, retard psychomoteur…

– La ponction de sang fœtal (pour le diagnostic) est très discutée : si les IgM spécifiques sont positives, une interruption thérapeutique de grossesse peut être discutée avec la patiente. 

b) Entre 20 SA et l’accouchement :

– Pas de fœtopathie décrite.

– Le risque de varicelle néonatale varie selon le terme de survenue de l’éruption :

. si l’éruption est survenue plus de 5 jours avant la naissance : l’enfant est protégé par les anticorps maternels et fera une varicelle bénigne ;

. si l’éruption varicelleuse survient dans les 5 jours qui précèdent l’accouchement : l’enfant n’est pas protégé par les anticorps maternels et fera une forme grave à mortalité lourde (un tiers des cas).

Il ne faut donc pas déclencher, voire plutôt pratiquer une tocolyse sur les patientes ayant une éruption varicelleuse à proximité de l’accouchement.

En cas de naissance à cette phase critique : il conviendra de pratiquer une injection de gammaglobulines spécifiques au nouveau-né (0,3 à 0,6 ml/kg) et de discuter la nécessité d’un traitement antiviral.

 

Au total : la varicelle périnatale est potentiellement grave pour le nouveau-né ; ce risque existe surtout pour les varicelles maternelles 5 jours avant la naissance et 2 jours après la naissance.

3. Varicelle et échographie : Cf chapitre spécial

4. Prévention :

La seule prévention possible est l’injection de gammaglobulines spécifiques chez la femme enceinte ayant un contage récent (moins de 48 heures) et n’ayant jamais contracté la varicelle.

– La posologie sera de 0,1 à 0,4 ml/kg.

– L’efficacité de cette prévention n’est pas prouvée.

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