1. Introduction :
L’hypertension artérielle est un facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires.
Chez les femmes, la gestion de l’hypertension prend une dimension particulière en raison de son impact potentiel sur la contraception et la grossesse.
Les femmes hypertendues ainsi que celles ayant des antécédents d’hypertension gravidique nécessitent une attention spéciale en matière de contraception pour éviter des complications potentielles.
2. Patiente hypertendue :
Chez une patiente hypertendue connue, les contraceptifs hormonaux estroprogestatifs (EP) sont fortement déconseillés, voire contre-indiqués.
En effet, ils peuvent aggraver l’hypertension chez certaines femmes et augmenter le risque de complications cardiovasculaires.
Dans la plupart des cas, leur prescription est contre-indiquée.
Cependant, chez une femme jeune, de moins de 35 ans, dont l’HTA est parfaitement équilibrée par un traitement bien toléré et sans aucun autre facteur de risque cardiovasculaire (tabac, diabète, dyslipidémie) : une prescription peut être discutée au cas par cas. Elle impose alors une surveillance stricte de la pression artérielle à 1, 3 et 6 mois, puis un suivi semestriel.
La prescription des EP reste une exception thérapeutique.
Il est donc préférable d’employer d’autres méthodes contraceptives :
– DIU au cuivre : toujours recommandé,
– DIU au progestatif
– implants (sous réserve d’une HTA contrôlée sous traitement),
– microprogestatifs,
– méthodes barrières (préservatifs masculins et féminins, diaphragmes).
3. Antécédent d’HTA gravidique :
Les femmes ayant des antécédents d’HTA gravidique sont à risque accru de développer une HTA chronique et d’autres complications cardiovasculaires à long terme.
Le choix de la contraception doit prendre en compte ces risques potentiels.
Les contraceptifs hormonaux peuvent être envisagés, mais il convient de surveiller attentivement la pression artérielle et d’opter pour des méthodes à faible dose en estrogènes.
1) Chez la femme jeune en l’absence de facteur de risque associé, en particulier de tabagisme :
Il est possible de prescrire un estroprogestatif minidosé (l’hypertension récidivera chez moins de 10 % des femmes).
Les estroprogestatifs minidosés ne paraissent être envisagés que sous certaines conditions :
– HTA gravidique pure modérée,
– bilan à distance de l’accouchement strictement normal.
⇒ leur emploi « à l’essai » impose une surveillance plus sévère de la pression artérielle et des paramètres biologiques.
2) Chez la multipare :
– le dispositif intra-utérin (DIU) (au cuivre ou au progestatif) est la meilleure méthode,
– implant.
3) Dans tous les cas :
– les micropilules paraissent sans danger mais leur emploi est limité par les nombreux inconvénients,
– méthodes barrières.
4. Conclusion :
La contraception chez les femmes hypertendues et celles ayant des antécédents d’hypertension gravidique exige une approche réfléchie et personnalisée.
On doit prendre en compte les risques potentiels et les avantages des différentes méthodes contraceptives pour garantir des décisions éclairées et la sécurité des patientes.
Une surveillance régulière et une communication ouverte sont les clés d’une prise en charge réussie.
La sécurité et le bien-être de la patiente doivent toujours être au premier plan lors de la prise de décision.
Points clés
La contraception estroprogestative est contre-indiquée en première intention chez les patientes présentant une HTA, hormis pour celles ayant un antécédent d’HTA gravidique.
La contre-indication est relative chez les femmes de moins de 35 ans, traitées et équilibrées, sans complication ni autre facteur de risque cardio-vasculaire.
Surveillance régulière : dans tous les cas, une surveillance régulière de la pression artérielle est primordiale.
Les patientes doivent être conscientes des signes de détérioration de leur hypertension et être encouragées à consulter immédiatement si des symptômes surviennent.
En résumé, la prescription de la pilule combinée minidosée chez une femme hypertendue peut être envisagée dans certaines circonstances, mais elle doit être basée sur une évaluation approfondie et une surveillance continue.