1. Définition :

Le diaphragme est une coupole en silicone réutilisable, mise en place par l’utilisatrice avant le rapport sexuel afin de recouvrir le col utérin.

⚠️ Points essentiels :

L’adjonction d’une crème ou gelée spermicide est indispensable.

La mise en place requiert une rigueur et un apprentissage précis.

Ce mode de contraception ne protège pas contre les IST (sauf exception partielle, voir plus loin).

2. Indications et limites :

Ce mode de contraception n’est indiqué que pour des femmes équilibrées et organisées, ayant une anatomie normale et une vie sexuelle épisodique.

Il n’est pas très bien accepté pour une vie sexuelle régulière.

3. Mécanisme d’action :

Le diaphragme prévient la grossesse par un double mécanisme :

– barrière mécanique partielle entre le sperme et le col utérin,

– action spermicide de la crème ou gelée vaginale associée.

Il est d’une efficacité modérée : son IP théorique est de 6 % et de 12 % en pratique.

💡 À utiliser à chaque rapport sexuel.

Compatible avec l’usage simultané d’un préservatif (recommandé pour la protection contre les IST).

La femme doit être en mesure de le poser et de le retirer elle-même. 

4. Modèles disponibles :

Il existe différents modèles :

– Caya ® : taille unique, convient à 97 % des femmes (toutes tailles comprises entre 65 et 85 mm) ;

– Milex ® : 7 tailles de 60 à 90 mm (de 5 mm en 5 mm).

Il est délivré en pharmacie, sur ordonnance.

Son coût est de 34 à 60 euros (remboursé sur la base de 3,14 euros), auquel il faut ajouter le spermicide.

5. Contre-indications :

La pose d’un diaphragme est contre-indiquée dans les situations suivantes :

– Vaginite : elle devra être guérie avant l’utilisation du diaphragme.

– Tissus vaginaux sans tonicité (prolapsus), bride vaginale.

– Cul-de-sac antérieur court et non dépressible.

– Position du col rendant la mise en place difficile.

– Allergie aux spermicides.

– Accouchement ou IVG récent (de moins de 6 semaines).

6. Choix du diaphragme (par un médecin) :

1) Examen préalable :

Il est fait par un médecin lors d’un examen gynécologique complet ; celui-ci doit vérifier l’existence d’un cul-de-sac vaginal postérieur profond et d’une fossette rétro-symphysaire.

2) Matériel nécessaire :

La mesure nécessite un kit professionnel de mesure composé de plusieurs diaphragmes stérilisables de tailles différentes, ou d’anneaux à usage unique de différents diamètres.

3) Technique de mesure (toucher bidigital index-majeur) :

Cette mesure consiste à évaluer l’espace séparant le cul-de sac vaginal postérieur profond et la fossette rétrosymphysaire, grâce au toucher bidigital (index-majeur).

Le majeur est positionné dans le cul-de-sac postérieur, l’index sur l’arc symphysaire : la distance obtenue détermine le diamètre du premier diaphragme d’essai.

Si la taille est adéquate, il ne doit pas se déplacer lors des mouvements de la patiente et ne doit pas être gênant.

4) Vérification de l’ajustement :

Un diaphragme bien adapté doit :

– Ne pas se déplacer lors des mouvements de la patiente.

– Ne pas être gênant.

⚠️ Trop petit ou trop grand : perte des points d’appui, délogement possible, risque de fausse route du pénis et projection du sperme sur le col.

Le diamètre retenu est indiqué sur l’ordonnance.

7. Apprentissage de la pose :

1) Matériel pédagogique :

Une fois la taille correcte déterminée, il faut apprendre à la femme à le mettre elle-même en place et à le retirer.

Un schéma anatomique et une maquette sont indispensables.

2) Position recommandée :

On apprendra à la femme, en position debout, un pied sur un tabouret et la jambe d’appui semi-fléchie, à introduire ses doigts dans le vagin et à repérer le col.

3) Étapes de la pose :

– Application du spermicide : quantité adéquate dans le capuchon et sur les bords.

– On demande à la patiente de comprimer les bords du diaphragme entre le pouce et l’index et de l’introduire dans le vagin en le dirigeant vers l’arrière, jusqu’à ce qu’il coiffe le col de l’utérus.

– Après la mise en place dans le cul-de-sac postérieur, le bord est placé derrière la symphyse pubienne.

– Vérification : palper le col avec l’index pour confirmer qu’il est recouvert par la capsule de silicone.

4) Retrait :

– Passer un doigt sous le bord du diaphragme.

– Tirer doucement.

– Deux ou trois manœuvres pour introduire et retirer le diaphragme sont nécessaires.

5) Contrôle médical :

Un 2ème examen est nécessaire : la femme se présente avec son dispositif en place depuis plusieurs heures.

Le médecin vérifie : l’adhérence de l’anneau et la taille (modification possible).

👩‍⚕️ L’apprentissage est rapide ou désespérante selon que la femme sait déjà ou non sentir son col à bout de doigts.

On voit donc que ce mode de contraception ne peut être utilisé que par une femme coopérante, comprenant bien son anatomie.

8. Utilisation pratique :

– Le diaphragme doit être mis en place entre quelques minutes et une heure avant le rapport et maintenu 6 à 8 heures après le dernier rapport (pour laisser le produit spermicide agir).

– Il doit être utilisé avec une gelée spermicide étalée dans le creux du diaphragme.

– En cas de nouveau rapport, il faudra replacer un ovule ou du gel spermicide dans le vagin.

– Il peut être laissé en place pendant 24 heures au maximum.

– Le diaphragme bien placé et conservé plusieurs heures après un rapport sexuel protège contre bon nombre d’IST, à l’exception bien sûr des IST à expression cutanéo-muqueuse : syphilis, herpès, condylomes, chancre mou…

Protection contre les IST (attention !)

Contrairement à ce qui est parfois affirmé, le diaphragme ne protège pas efficacement contre les IST, sauf partiellement pour certaines infections endocervicales (chlamydia, gonocoque).

Il ne protège pas contre les IST à expression cutanéo-muqueuse : syphilis, herpès, condylomes, chancre mou.

✅ Recommandation : utiliser un préservatif en complément pour une protection optimale contre les IST.

9. Entretien et durée de vie :

– Après usage, le dispositif sera lavé à l’eau et au savon et conservé dans sa boîte d’origine.

– En cas d’infection vaginale : il est nécessaire de le faire bouillir.

– Il peut servir de nombreuses fois ; sa durée de vie étant d’environ 2 ans.

10. Conclusion :

Les diaphragmes ont eu leur heure de gloire.

Malgré les contraintes qu’ils imposent (apprentissage, spermicide, manipulation), certains professionnels les prônent encore, notamment pour les femmes ayant une vie sexuelle épisodique et une bonne connaissance de leur anatomie.

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