La contraception de la patiente cardiaque nécessite une balance bénéfice – risque précise.

Une grossesse non désirée chez une patiente atteinte d’une cardiopathie sévère (HTAP, dysfonction ventriculaire, valves mécaniques) présente un risque vital très supérieur aux risques liés à la contraception.

1. Méthodes contre-indiquées (estroprogestatifs) :

Les contraceptifs combinés (pilules estroprogestatives, patch, anneau vaginal) sont globalement contre-indiqués en raison :

– Du risque thrombo-embolique (veineux et artériel) majoré.

– De l’effet hypertenseur (rétention hydrosodée).

2. Méthodes de 1ère intention (progestatifs purs et DIU Hormonal) :

Ces méthodes n’ont pas d’impact significatif sur la coagulation, la tension artérielle ou le métabolisme lipidique.

– DIU au Lévonorgestrel (DIU-LNG / type Mirena ®) : c’est la méthode de choix, particulièrement chez les patientes sous anticoagulants, car il diminue drastiquement le volume des règles (aménorrhée fréquente) et prévient les ménorragies hémorragiques.

– Implant progestatif (Nexplanon ®) : très haute efficacité, sans risque cardiovasculaire.

– Pilules microprogestatives (ex : Cérazette ®) : sûres, mais exigent une observance stricte.

⚠️ Note sur le risque d’endocardite : contrairement aux idées reçues anciennes, la pose d’un DIU ne nécessite plus d’antibioprophylaxie contre l’endocardite infectieuse, même chez les porteuses de valves prothétiques.

3. Méthodes à éviter ou déconseillées :

– Le DIU au Cuivre : fortement déconseillé chez les patientes sous anticoagulants (AVK, AOD) en raison du risque important de ménorragies.

– Les méthodes barrières (préservatifs) seules : leur taux d’échec (Indice de Pearl) est trop élevé. Elles ne doivent pas être utilisées seules si une grossesse met en jeu le pronostic vital de la patiente.

– Progestatifs injectables (Depo-Provera ®) : peuvent induire une rétention hydrosodée délétère en cas d’insuffisance cardiaque.

4. Stérilisation définitive :

Chez les patientes dont la cardiopathie contre-indique formellement toute grossesse (ex : HTAP sévère, syndrome d’Eisenmenger) ou ayant accompli leur projet parental :

– La stérilisation tubaire définitive peut être envisagée chez une patiente lorsque toute autre forme de contraception est soit impossible, soit mal tolérée, mais attention au risque anesthésique et chirurgical (cœlioscopie) qui peut être majeur chez la patiente cardiaque.

– La vasectomie du partenaire doit systématiquement être discutée comme une alternative sûre.

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