Recommandations diététiques — Prise en charge de l’hypercholestérolémie (Mise à jour 2024-2025)

Il est possible de prévenir ou de corriger une hypercholestérolémie (cholestérol total > 2 g/L) par une adaptation du régime alimentaire, en complément, et non en remplacement, d’un traitement médicamenteux si celui-ci est indiqué.

Le cholestérol alimentaire n’est pas le principal déterminant du LDL sanguin : ce sont surtout l’excès de graisses saturées et le déficit en fibres solubles qui l’augmentent.

🟢 Aliments fortement recommandés :

– Huiles et matières grasses :

. Huile d’olive extra-vierge : riche en graisses mono-insaturées et en polyphénols, protège le LDL contre l’oxydation (le LDL oxydé étant particulièrement athérogène).

. Huile de colza : excellente source d’oméga-3.

. Huile de lin, huile de noix : oméga-3, à privilégier.

. Huile de tournesol : en alternance modérée seulement — riche en oméga-6, à ne pas laisser dominer sur les sources d’oméga-3.

. Quantité : 2-3 cuillères à soupe par jour maximum.

. À proscrire en cuisson : remplacer le beurre par ces huiles chaque fois que possible.

– Poissons :

. Poissons gras (saumon, sardine, maquereau, hareng, truite) : 2-3 fois par semaine.

. Poissons blancs (cabillaud, sole, merlan) : à volonté.

. Bénéfice : apport en oméga-3 (EPA/DHA), réduction des triglycérides et amélioration du ratio LDL/HDL.

– Fruits et légumes :

. 5 portions par jour minimum.

. Légumes à feuilles vertes (épinards, brocolis, chou).

. Fruits colorés (fruits rouges, agrumes, pommes).

. Bénéfice : fibres limitant l’absorption intestinale du cholestérol.

– Légumineuses (légumes secs) :

. Lentilles, haricots, pois chiches : 2 à 4 fois par semaine.

. Bénéfice : fibres solubles réduisant le LDL-cholestérol par piégeage digestif.

– Oléagineux :

. Noix, amandes, noisettes : une poignée par jour (≈ 30 g).

. Graines de chia, de lin : 1-2 cuillères à soupe par jour.

. Bénéfice : graisses insaturées, oméga-3, phytostérols et fibres.

– Céréales complètes :

. Avoine, quinoa, riz complet, pain complet.

. Environ 3 g/jour de bêta-glucanes (≈ 40 g de flocons d’avoine) pour un effet hypocholestérolémiant cliniquement démontré (allégation reconnue par l’EFSA).

– Avocat :

. ½ avocat par jour (en salade ou sur pain complet).

. Bénéfice : riche en acides gras mono-insaturés et phytostérols, réduit le LDL sans altérer le HDL.

– Boissons :

. Eau ou tisane non sucrée : boisson de référence.

. Thé vert : antioxydant naturel, en complément.

🟠 Aliments à consommer avec modération :

– Produits laitiers :

. Yaourts nature : 2-3 par jour.

. Fromages à pâte dure : 30 g maximum par jour.

. Lait écrémé ou demi-écrémé à privilégier ; éviter les versions entières, la crème fraîche et le mascarpone en usage régulier.

– Œufs :

. Maximum 4-6 œufs par semaine, à moduler selon le profil de risque cardiovasculaire individuel.

. Le cholestérol alimentaire a un impact limité sur le LDL sanguin par rapport aux graisses saturées, sauf chez les « hyper-répondeurs » ou en cas de diabète associé — cas où le blanc d’œuf est à privilégier.

– Viandes maigres :

. Volaille sans peau (poulet, dinde) : 3-4 fois par semaine.

. Veau, lapin : bonnes alternatives.

. Portions : 100-120 g par repas.

– Crustacés :

. Crevettes, homard, moules, huîtres : significativement riches en cholestérol alimentaire mais pauvres en graisses saturées ; leur impact réel sur le LDL sanguin reste modéré chez le sujet sans hypercholestérolémie sévère.

. Consommation possible, en portions raisonnables et non quotidiennes.

– Chocolat noir (≥ 70 % cacao) :

. 2-3 carrés par jour maximum.

. Bénéfice : flavanols favorisant la vasodilatation et la fonction endothéliale — un effet cardiovasculaire indirect, sans effet direct démontré sur le LDL-cholestérol. Attention à la densité calorique et aux graisses saturées en cas d’excès.

– En-cas (petit creux) :

. Préférer une pomme, des amandes ou des noix plutôt qu’une barre céréalière ou une pâtisserie industrielle.

🔴 Aliments à limiter fortement ou à éviter :

– Graisses saturées et trans :

. Beurre : maximum 10 g par jour.

. Huile de palme, huile de coco : à éviter.

. Margarines hydrogénées : à proscrire totalement — les acides gras trans industriels constituent le facteur alimentaire le plus délétère sur le ratio LDL/HDL.

– Charcuteries et viandes grasses :

. Saucisses, pâtés, bacon : de façon très occasionnelle.

. Viande rouge grasse : maximum 300-500 g par semaine.

. Abats (foie, rognons) : à éviter (très riches en cholestérol et en graisses saturées).

– Produits industriels et plats préparés :

. Viennoiseries, pâtisseries : occasionnellement.

. Plats préparés : vérifier systématiquement la teneur en graisses saturées et en sel.

. Fritures : à limiter fortement.

. Biscuits apéritifs, chips, sauces industrielles : sources cachées de sel et de graisses saturées, à éviter.

– Boissons sucrées et excès de sucres rapides :

. Sodas, jus industriels, sirops.

. L’excès de fructose favorise la synthèse hépatique de triglycérides et de particules LDL petites et denses, particulièrement athérogènes.

⚡ Conseils pratiques :

– Modes de cuisson recommandés :

. Vapeur, papillote, grillé, poché.

. Éviter les fritures et la cuisson au beurre.

– Activité physique :

. 30 à 60 minutes de marche rapide ou d’activité d’endurance quotidienne.

. Augmente le HDL et améliore la santé artérielle.

– Assaisonnement :

. Privilégier les herbes fraîches, les épices, le citron.

. Limiter le sel à 5 g/jour maximum (OMS) : attention aux plats tout prêts, viandes fumées, charcuterie, biscuits apéritifs et sauces, principales sources de sel masqué.

– Hydratation et alcool :

. 1,5-2 L d’eau par jour.

. Alcool : pas plus de 2 verres par jour, sans dépasser 10 verres par semaine, avec des jours sans consommation (repères Santé publique France). Augmente les triglycérides en excès.

– Tabac :

. Sevrage prioritaire : le tabac détruit l’effet protecteur du HDL-cholestérol.

🌿 Approche complémentaire : Phytostérols

Une supplémentation en stérols/stanols végétaux (aliments ou margarines enrichies) à raison de 1,5 à 3 g par jour bloque partiellement l’absorption intestinale du cholestérol, entraînant une réduction additionnelle d’environ 7 à 10 % du LDL-C. Effet indépendant et cumulable avec les mesures diététiques ci-dessus ; à discuter avec le praticien, notamment en cas d’hypercholestérolémie résistante.

📊 Objectifs thérapeutiques LDL-cholestérol (ESC/EAS 2019) :

Catégorie de risque cardiovasculaireCible LDL-C
Risque faible (SCORE < 1 %)< 1,16 g/L (116 mg/dL)
Risque modéré (SCORE 1-4 % ; diabète type 1 < 35 ans ou type 2 < 50 ans, évoluant depuis < 10 ans, sans autre facteur de risque)< 1,00 g/L (100 mg/dL)
Risque élevé (SCORE 5-9 % ; HTA sévère ; hypercholestérolémie familiale isolée ; diabète évoluant depuis ≥ 10 ans ou avec un facteur de risque additionnel ; IRC modérée [DFG 30-59])< 0,70 g/L (70 mg/dL), et réduction ≥ 50 % par rapport à la valeur initiale
Risque très élevé (maladie cardiovasculaire documentée ; diabète avec atteinte d’organe cible ou ≥ 3 facteurs de risque majeurs ; diabète type 1 précoce évoluant depuis > 20 ans ; IRC sévère [DFG < 30])< 0,55 g/L (55 mg/dL), et réduction ≥ 50 %
Événement récurrent sous statine à dose maximale tolérée (< 2 ans)< 0,40 g/L (40 mg/dL)

Ce guide est basé sur les recommandations 2019 de l’European Society of Cardiology / European Atherosclerosis Society (ESC/EAS) pour la prise en charge des dyslipidémies, et sur les repères nutritionnels de Santé publique France.

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