Le frottis cervico-vaginal et le test HPV sont deux examens médicaux gynécologiques qui permettent de dépister une infection par un virus appelé : papillomavirus humain (HPV).

Bien que la plupart des infections soient éliminées naturellement par notre système immunitaire, certaines souches plus dangereuses peuvent causer le cancer du col de l’utérus.

C’est pourquoi le dépistage par le test HPV est recommandé pour toutes les femmes âgées entre 25 et 65 ans.

 

Les points essentiels :

Le papillomavirus (HPV) se transmet par voie sexuelle avec ou sans pénétration ainsi que par voie buccale.

Une infection persistante par le HPV peut être à l’origine d’un cancer du col de l’utérus.

Un dépistage précoce permet une prise en charge adaptée.

1. Frottis et test HPV : tests de dépistage du cancer du col de l’utérus

1) Quelle différence entre le frottis du col de l’utérus et le test HPV ?

Le frottis cervico-vaginal, communément appelé frottis, est un examen médical qui permet d’examiner les cellules du col de l’utérus au microscope pour détecter d’éventuelles anomalies et vérifier leur bon fonctionnement.

Le test HPV, quant à lui, est une technique de bactériologie moléculaire qui recherche l’ADN des souches à haut risque du papillomavirus pour confirmer ou infirmer sa présence.

Les deux méthodes nécessitent le même type de prélèvement : le grattage des cellules du col utérin.

2) Pourquoi est-il important de réaliser un frottis et/ou un test HPV régulièrement ?

Il est essentiel de réaliser régulièrement un frottis et/ou un test HPV car ils permettent de diagnostiquer une infection par le papillomavirus.

Le test HPV détecte l’ADN des souches à haut risque du virus, tandis que le frottis permet de détecter des anomalies des cellules du col de l’utérus causées par cette infection.

Le dépistage précoce permet aux patientes de bénéficier d’une prise en charge adaptée pour éviter le développement de complications telles que les verrues génitales (condylomes) et les lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus.

Bien que l’infection par le papillomavirus soit souvent asymptomatique, certaines affections peuvent se manifester plusieurs années après l’infection.

2. A quel âge et à quelle fréquence le frottis du col de l’utérus et le test HPV-HR doivent-ils être pratiqués ?

1) A quel âge doit-on faire un premier frottis ?

La campagne de dépistage du cancer du col de l’utérus recommande qu’un premier frottis soit effectué à partir de l’âge de 25 ans en l’absence d’antécédents familiaux.

Cependant, si des antécédents familiaux sont présents, il est recommandé de réaliser un frottis à un âge plus précoce et de manière plus fréquente. Il est important de suivre ces recommandations pour bénéficier d’un dépistage précoce et d’une prise en charge adaptée en cas de besoin.

2) A quelle fréquence le frottis du col de l’utérus et le test HPV doivent-ils être faits ?

– A partir de l’âge de 25 ans, un premier frottis est réalisé, suivi d’un second un an plus tard. Si les résultats sont normaux, un nouveau frottis est effectué tous les 3 ans, tant que les résultats restent négatifs.

– À partir de l’âge de 30 ans, l’examen cytologique du frottis est remplacé par le test HPV-HR pour détecter les souches du papillomavirus liées au risque de cancer. Ce test est effectué 3 ans après le dernier frottis normal, puis tous les 5 ans jusqu’à l’âge de 65 ans, tant que les résultats restent négatifs.

Le test HPV-HR permet une détection plus précise des souches à haut risque du virus HPV et permet ainsi un dépistage plus efficace et une prise en charge adaptée si nécessaire.

3) Est-il nécessaire de faire des frottis ou tests HPV après la ménopause ?

Il est important de continuer à effectuer des tests HPV même après la ménopause, les règles s’arrêtant généralement entre 45 et 55 ans.

Les pathologies liées au papillomavirus (HPV) évoluent lentement et peuvent être diagnostiquées de nombreuses années après l’infection. Il est donc recommandé de continuer à effectuer des tests HPV régulièrement pour un dépistage précoce et une prise en charge adaptée en cas de besoin, même après la ménopause.

3. Frottis du col de l’utérus et test HPV : en quoi consiste l’examen gynécologique ?

1) Comment se déroule l’examen gynécologique ?

L’examen de dépistage du cancer du col de l’utérus est rapide et se déroule en plusieurs étapes.

Tout d’abord, vous êtes invitée par votre médecin, gynécologue ou sage-femme à vous dévêtir et à vous allonger sur la table d’examen, les fesses positionnées près du bord de la table et les pieds placés dans les étriers.

Ensuite, l’examinant introduit doucement un spéculum en plastique ou en métal, préalablement lubrifié, dans le vagin pour maintenir le col de l’utérus ouvert. Les parois du spéculum sont lentement écartées pour rendre le col de l’utérus bien visible. Puis, un écouvillon est utilisé pour prélever des cellules de la surface externe du col utérin ainsi que d’autres cellules situées au niveau de l’endocol, la partie intérieure du col.

Les prélèvements sont ensuite disposés sur des lames de verre et un produit de fixation est vaporisé dessus afin de figer les cellules pour l’analyse par le laboratoire.

Les prélèvements peuvent également être plongés dans un liquide pour permettre de faire un test HPV-HR. Il s’agit d’un prélèvement indolore.

Enfin, le spéculum est retiré par votre médecin, gynécologue ou sage-femme pour terminer l’examen.

2) Qui peut réaliser un frottis du col de l’utérus ou un test HPV ?

Il est possible de réaliser un frottis du col de l’utérus ou un test HPV avec plusieurs professionnels de santé différents :

– Votre gynécologue ou votre médecin traitant peut effectuer l’examen lors d’une consultation.

– Votre sage-femme peut également effectuer un frottis dans le cadre d’un suivi gynécologique ou de grossesse (avant la 14ème semaine de grossesse).

– Un médecin généraliste peut aussi réaliser un frottis lors d’un bilan de santé, lors d’une consultation à l’hôpital ou dans un centre de protection maternelle infantile (PMI).

– Enfin, un médecin biologiste d’un laboratoire d’analyses médicales peut également effectuer un frottis sur prescription de votre médecin.

3) Précautions particulières avant de prendre rendez-vous pour un frottis cervical ou un test HPV :

Il est conseillé d’éviter de réaliser un frottis ou un test HPV pendant les règles, car la présence de sang peut compliquer l’interprétation des résultats.

Il est également recommandé d’éviter les relations sexuelles dans les 24 à 48 heures précédant l’examen.

Dans le cas d’une infection vaginale traitée avec un ovule ou une crème, il est préférable de ne pas effectuer de frottis jusqu’à la fin du traitement. Il est important d’attendre que l’infection soit guérie pour réaliser le frottis ou le test HPV.

4) Combien de temps dois-je attendre pour avoir les résultats de mon frottis ou de mon test HPV ?

Le délai pour obtenir les résultats du frottis ou du test HPV dépend du laboratoire, mais en général, il faut compter entre 4 et 10 jours en moyenne.

5) Quels peuvent-être les résultats de mon frottis ou de mon test HPV ?

Les résultats d’un frottis ou d’un test HPV peuvent être difficiles à comprendre. Voici différentes informations qui peuvent aider à les interpréter.

Un frottis peut être normal, ce qui signifie qu’aucune cellule précancéreuse, cancéreuse ou infection par HPV n’a été observée. Cependant, quelques anomalies peuvent être décrites mais restent bénignes. Elles peuvent être dues à une inflammation, une infection ou un déséquilibre hormonal (pilule, ménopause).

Un frottis peut également être anormal, ce qui indique que des cellules avec des anomalies ont été observées. Dans ce cas, les résultats sont présentés selon la classification de Bethesda.

Un frottis de type ASC-US (Atypical Squamous Cell of Undetermined Significance) signifie que les cellules présentent une anomalie peu grave mais qu’on ne peut pas en expliquer la signification. En général, votre médecin, gynécologue ou sage-femme prescrit un test HPV pour détecter et vérifier la présence éventuelle d’une infection au papillomavirus.

Un frottis de type ASC-H (Atypical Squamous Cell cannot exclude HSIL) indique la présence de cellules anormales sans pour autant exclure la présence de HSIL (High Grade Squamous Intraepithelial Lesion). Ce sont des lésions de haut grade qui peuvent être cancéreuses. Une colposcopie (examen du col de l’utérus) est nécessaire. Les lésions peuvent être aussi de bas grade (LSIL), c’est-à-dire que les anomalies sont légères ou provisoires.

6) Que se passe-t-il si les résultats de mon frottis ou de mon test HPV sont positifs ?

Si les résultats du frottis ou du test HPV sont anormaux, votre médecin vous proposera des examens plus poussés tels que la colposcopie ou les biopsies du col de l’utérus pour vérifier s’il y a bien une lésion cancéreuse des cellules ou la présence du HPV. Dans ce cas, votre médecin reprendra systématiquement contact avec vous pour discuter des résultats et des options de traitement.

7) Le frottis est-il nécessaire si mon test HPV est négatif ?

Si le résultat du test HPV est négatif, cela signifie qu’aucune infection à HPV à haut risque n’a été détectée. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire de réaliser un frottis.

4. Frottis du col utérin et test HPV : questions fréquentes

– Est-ce que le frottis est douloureux ?

Le frottis est un examen normalement indolore, mais il peut être ressenti comme gênant ou inconfortable. Le fait de se sentir en confiance avec la personne qui le réalise peut aider à rendre l’examen moins désagréable.

– Est-ce normal de saigner après un frottis ou un test HPV ?

Il est tout à fait possible d’observer un léger saignement quelques heures après le frottis. Ce phénomène est normal et est le résultat du grattage réalisé sur les parois du col de l’utérus. En revanche, en cas de saignement abondant et/ou persistant, il est nécessaire de revoir son médecin.

– Dois-je faire un frottis ou un test HPV si je suis vaccinée contre le HPV ?

Même si vous êtes vaccinée, il est nécessaire de se faire dépister car le vaccin ne protège pas contre toutes les souches de HPV responsables du cancer du col de l’utérus.

– Dois-je faire un frottis ou un test HPV si je n’ai jamais eu de rapports sexuels ?

Le mieux est d’en discuter avec votre médecin, votre gynécologue. Bien que le risque de développer un cancer du col de l’utérus soit très faible si vous n’avez jamais eu de rapports sexuels avec pénétration, le HPV peut se transmettre par d’autres contacts sexuels tels que le sexe oral, le toucher génital ou le partage de sex toys. C’est pourquoi le frottis ou le test HPV peut être nécessaire même si vous n’avez jamais eu de rapports sexuels avec pénétration.

– Dois-je faire un frottis ou un test HPV si je suis en couple avec une femme ?

Oui, le dépistage est recommandé à toutes les femmes, qu’elles aient des partenaires masculins ou féminins. L’infection par le HPV est transmissible lors de rapports sexuels et oraux, qu’ils soient hétéro ou homosexuels.

– Dois-je faire un frottis ou un test HPV si je n’ai pas eu de rapports sexuels depuis plusieurs années ?

Oui, l’infection persistante par le HPV peut se manifester plusieurs années après la contraction du virus. L’absence de rapport supprime le risque d’une nouvelle contamination mais ne permet pas de garantir l’absence de cellules non cancérigènes en développement.

– Dois-je faire un frottis ou un test HPV si j’ai moins de 25 ans ?

Le dépistage chez les femmes de moins de 25 ans n’est pas recommandé, sauf dans certains cas particuliers.

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