La vitamine B17 ou laetrile est une molécule synthétique, que l’on peut aussi obtenir en métabolisant l’amygdaline, qui un composant naturel.

L’amygdaline tire son nom de l’amande car elle est présente au cœur des amandes amères.

Elle est souvent associée à une toxicité importante en raison de sa capacité à libérer du cyanure lorsqu’elle est consommée.

Cependant, ses potentiels bénéfices dans la lutte contre le cancer ou les maladies inflammatoires sont parfois méconnus.

1. C’est quoi l’amygdaline ?

L’amygdaline est un composé chimique naturellement présent dans certaines graines et noyaux, en particulier dans les pépins de pomme, les noyaux d’abricots, amandes amères, de cerises et pêche.

Elle fait partie d’un groupe de composés appelés glycosides cyanogénétiques. Ces composés sont également présents dans d’autres plantes, notamment certaines espèces de fruits, de légumes et de graines.

Lorsque l’amygdaline est ingérée ou exposée à certaines enzymes, telles que la bêta-glucosidase présente dans le corps humain, elle se décompose en divers produits chimiques, dont le cyanure d’hydrogène (acide cyanhydrique).

En raison de la présence potentielle de cyanure, l’amygdaline a suscité un intérêt en tant que traitement alternatif contre le cancer. Cependant, son efficacité et sa sécurité dans ce contexte restent controversées et nécessitent des études cliniques approfondies. Il est également important de noter que l’utilisation d’amygdaline à des fins médicales est interdite dans certains pays en raison des risques associés à la toxicité du cyanure.

2. Amygdaline, laetrile ou vitamine B17 ?

Il existe une confusion fréquente lorsqu’on aborde l’amygdaline : on l’appelle souvent laetrile ou vitamine B17.

Ed Krebs, le chimiste, a suggéré de nommer le laetrile “vitamine B17”. Cependant, il est important de souligner que cette dénomination n’a jamais été officiellement reconnue. De plus, après de nombreuses années d’aventures, le laetrile n’a pas été autorisé par la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis. Malgré cela, il est courant de trouver ce composé encore appelé vitamine B17.

3. Bienfaits de l’amygdaline :

1) Propriétés antitumorales :

L’amygdaline aurait des effets contre le cancer, à plusieurs niveaux : moléculaire, cellulaire tissulaire et vasculaire.

a) Effets sur le cycle cellulaire :

L’administration d’amygdaline a démontré une réduction de l’expression des gènes régulant le cycle cellulaire dans des lignées de cancer du côlon.

Dans le cas des lignées cellulaires tumorales de la prostate, l’action de l’amygdaline se manifeste directement au niveau cellulaire : elle bloque certaines phases du cycle de développement des cellules cancéreuses et inhibe l’expression des protéines nécessaires à la prolifération cellulaire.

Les capacités antiprolifératives de l’amygdaline ont été observées dans les lignées cancéreuses du poumon, de la vessie et du rein.

b) Mort et suicide cellulaires :

En ce qui concerne la mort cellulaire, les propriétés naturellement toxiques de l’amygdaline sont cytotoxiques. Cet effet est notamment observé lorsque l’amygdaline est associée à la bêta-glucosidase. Cette enzyme, présente naturellement dans le corps humain, active les effets toxiques de l’amygdaline. L’action combinée de l’hétéroside et de la bêta-glucosidase est spécifiquement ciblée sur les cellules tumorales, sans provoquer d’effets secondaires notables.

En ce qui concerne l’apoptose, ou suicide cellulaire, les effets de l’amygdaline ont été démontrés sur de nombreuses lignées cancéreuses humaines. Elle agit directement sur les caspases, qui sont des enzymes impliquées dans l’une des voies de l’apoptose. Elle augmente l’activité des protéines pro-apoptotiques et inhibe les protéines anti-apoptotiques. Une étude a notamment mis en évidence ces effets dans le cas du cancer du sein. Les chercheurs ont également observé ces effets dans les lignées cancéreuses de la prostate et du col de l’utérus.

c) Action antimétastatique :

Des études in vitro ont démontré que l’amygdaline régulait l’expression des facteurs favorisant la métastase. Ces observations ont été réalisées sur des cellules cancéreuses du poumon, de la vessie et du rein.

Important :

Il est important de noter que les observations concernant l’amygdaline et ses effets sur le cancer ont été réalisées in vitro, c’est-à-dire sur des lignées cellulaires de tumeurs en laboratoire. Cependant, les quelques essais cliniques qui ont été menés jusqu’à présent n’ont pas réussi à obtenir des résultats probants pour soutenir l’efficacité de l’amygdaline dans le traitement du cancer. Afin d’établir de manière solide l’efficacité de l’amygdaline dans le traitement du cancer, des études cliniques supplémentaires, sous la forme d’essais randomisés contrôlés, sont nécessaires. Ce type d’études permettrait d’évaluer de manière rigoureuse l’efficacité de l’amygdaline par rapport à un placebo ou à d’autres traitements standard, en tenant compte de divers facteurs de confusion.

2) Activité anti-inflammatoire et immunité :

Les chercheurs ont largement montré une activité anti-inflammatoire pour l’amygdaline, in vitro. Son action sur l’inflammation a de nombreux intérêts potentiels pour l’organisme.

a) Propriété antidouleur :

C’est sur des rongeurs que les chercheurs ont mené des études sur les propriétés analgésiques de l’amygdaline. Celles-ci sont liées à la réduction des facteurs inflammatoires, comme les cytokines. L’hétéroside limite aussi la production d’oxyde nitrique et de prostaglandines. Tous ces facteurs sont caractéristiques de la douleur.

b) Rôle dans l’athérosclérose :

L’athérosclérose est caractérisée par l’accumulation de graisses dans les vaisseaux sanguins, principalement due à un excès de mauvais cholestérol dans l’organisme. Cette accumulation entraîne une inflammation aiguë au niveau des artères et réduit leur diamètre, augmentant ainsi le risque de maladies cardiovasculaires telles que l’infarctus du myocarde. Les chercheurs ont découvert que la régulation de la réponse immunitaire joue un rôle clé dans la lutte contre l’athérosclérose, car cette réponse immunitaire aggrave l’inflammation.

Dans une étude menée sur des souris, l’amygdaline diminue l’expression de récepteurs immunitaires spécifiques. Cela permet de contrôler la réponse immunitaire et de réduire l’athérosclérose.

c) Soulagement des pathologies inflammatoires :

L’amygdaline présente des effets bénéfiques dans plusieurs pathologies inflammatoires. Dans des études menées sur des rats, cette substance a protégé l’estomac contre la gastrite en bloquant les facteurs inflammatoires.

Chez les rongeurs, plusieurs études ont démontré que les propriétés anti-inflammatoires de l’amygdaline avaient des effets positifs sur les maladies pulmonaires telles que l’asthme et les bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO).

En ce qui concerne le foie, l’amygdaline réduit les dommages inflammatoires causés par une insuffisance hépatique. Elle régule notamment les protéines liées à l’inflammation et favorise la récupération du foie.

Dans le cas du psoriasis, un composé analogue à l’amygdaline a été étudié. Il a montré une diminution de l’inflammation au niveau des kératinocytes, les cellules de l’épiderme.

d) Effets anti-fibrotiques :

La fibrose est une réponse inflammatoire de l’organisme à un traumatisme, où les tissus endommagés ne peuvent pas se régénérer et deviennent fibreux, perdant ainsi leurs propriétés d’origine. Cela peut se produire dans différents organes tels que les poumons, le foie ou les reins.

Dans une étude menée sur des rats, l’amygdaline a démontré une capacité à limiter le développement de la fibrose rénale. De plus, elle a amélioré la récupération de la fonction rénale.

Des expériences réalisées sur des cellules de rat ont également montré que l’amygdaline a empêché une surproduction de fibres de collagène dans le foie. Dans le cas de la pancréatite, une maladie caractérisée par la fibrose de cet organe, l’amygdaline a atténué la fibrose chez les rats, et a également amélioré la microcirculation dans les vaisseaux environnants.

3) Maladies neurodégénératives :

Il a été suggéré que l’amygdaline pourrait agir comme un stimulant de la neurogénèse, c’est-à-dire le processus de formation de nouveaux neurones, qui est altéré dans des affections telles que la maladie d’Alzheimer.

De plus, des chercheurs ont identifié l’amygdaline comme un potentiel facteur neurotrophique. Les facteurs neurotrophiques sont des substances qui favorisent la réparation des cellules nerveuses. Ces découvertes suscitent de l’espoir quant à l’utilisation de l’amygdaline dans le traitement des maladies neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Cependant, il convient de noter que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes d’action de l’amygdaline et évaluer son efficacité réelle dans ces affections.

4. Toxicité et effets secondaires :

La prise orale de l’amygdaline est associée au plus grand nombre d’effets secondaires. Lorsqu’elle passe par l’estomac, elle est exposée aux enzymes qui la décomposent et libèrent du cyanure.

Les effets secondaires observés sont donc similaires à ceux d’un empoisonnement au cyanure : fièvre, maux de tête, vertiges, lésions hépatiques, chute de la tension artérielle, lésions nerveuses…

L’intoxication au cyanure peut même entraîner la mort.

Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’amygdaline se révèle toxique à des doses très faibles, à partir de 0,5 milligramme par kilogramme de poids corporel.

L’amygdaline a été étudiée pendant de nombreuses années en raison de ses propriétés pharmacologiques prometteuses. Cependant, sa forte toxicité nécessite de prendre de nombreuses précautions.

L’automédication avec l’amygdaline est fortement déconseillée, d’autant plus que sa vente est interdite.

5. Différentes formes :

De rares laboratoires vendent de l’amygdaline, souvent sous son nom de vitamine B17. On la trouve sous forme de gélules.

Le laetrile existe sous forme de comprimé ou de solution injectable, en intraveineuse ou intramusculaire.

Attention, les USA et l’Europe ont interdit la vente de laetrile. De même pour l’amygdaline ou vitamine B17 au vu de leur toxicité importante.

Points clés

Il ne faut pas confondre la vitamine B17 (ou laetrile) qui est une molécule synthétique avec l’amygdaline qui est un composé naturel présent dans certaines graines et noyaux, en particulier dans les pépins de pomme, les noyaux d’abricots, amandes amères, de cerises et pêche.

La vitamine B17 a été popularisée dans les années 1950 comme un traitement potentiel du cancer, mais son efficacité en tant que tel n’a pas été scientifiquement prouvée.

En réalité, la vitamine B17 est considérée comme toxique et potentiellement dangereuse pour la santé, car elle peut se décomposer en cyanure dans le corps.

Elle n’est pas reconnue comme une vitamine essentielle par les professionnels de la santé et son utilisation n’est pas approuvée par les autorités sanitaires.

Son utilisation est donc controversée et elle n’est pas reconnue comme un traitement efficace contre le cancer. 

L’automédication est à proscrire.

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