– Le traitement du prolapsus doit d’abord être prophylactique, et concerne l’obstétricien : 

. protéger le périnée par une épisiotomie suffisante et la réparer chirurgicalement sont les deux mesures les plus efficaces,

. le lever précoce sera de règle,

. la prescription de séances de kinésithérapie dans le post-partum est systématique.

 

– Le prolapsus représente une infirmité gênante mais ne met pas en danger la vie de la patiente.

Le traitement du prolapsus est essentiellement chirurgical, et de multiples procédés opératoires ont été décrits.  

La décision d’intervention doit donc toujours être pesée avec soin, en tenant compte de la mortalité et de la morbidité propres à ce type d’intervention.

Le traitement chirurgical est différent selon l’âge, le degré de descente, l’importance des symptômes fonctionnels et le désir exprimé par la patiente de conserver sa fonction obstétricale ou sexuelle.

Compte-tenu que dans 30 % des cas le prolapsus est lié à une atteinte des trois compartiments et dans 50 % des cas de deux compartiments, le traitement doit porter sur les trois compartiments.

Le traitement médical n’est employé qu’en pré et post-opératoire, ou en cas de contre-indication opératoire.

La diversité des techniques mises en œuvre traduit bien la complexité du traitement chirurgical et l’absence de méthode réellement fiable :

● Chez la femme jeune désirant conserver sa fécondité, la possibilité d’accoucher par les voies naturelles : il est parfois possible de surseoir à l’intervention.

Si la gêne fonctionnelle est importante, on peut lui proposer une cystorraphie antérieure visant à reconstituer le fascia d’Halban et à le solidariser à l’isthme utérin.

L’association à une incontinence urinaire d’effort nécessite une voie haute : colpopexie selon le procédé de BURCH.

Enfin, la déficience de la paroi vaginale postérieure nécessite une périnéorraphie postérieure comprenant la suture des hémi-gaines et la myorraphie des muscles releveurs.

● En l’absence de désir de grossesse et chez la femme en période périménopausique : on peut proposer une triple opération périnéale avec hystérectomie vaginale. L’annexectomie bilatérale par voie basse sera effectuée chez les femmes ménopausées. La voie basse est préférable, en raison de sa bénignité et surtout parce qu’elle s’oppose efficacement au développement de l’élytrocèle.

L’hystérectomie vaginale, avec cloisonnement vaginal transversal, s’adresse à des femmes âgées ayant renoncé à toute activité sexuelle. La colpectomie subtotale associée permet un cloisonnement efficace, en particulier il n’a jamais été enregistré d’incontinence urinaire secondaire.

● La seule solution non chirurgicale est le pessaire. Elle s’adresse aux patientes présentant une contre-indication opératoire ou refusant l’intervention.

Le pessaire devra être parfaitement adapté à l’anatomie locale. Des soins d’hygiène réguliers permettront d’éviter infections et ulcérations.

● Enfin, il est logique de proposer une rééducation périnéale grâce à des exercices de contractions périnéales qui amélioreront les incontinences urinaires sérieuses, et consolideront l’action de l’intervention chirurgicale.

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